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jeudi 27 août 2026

Meetic


Il est entendu de dire comme de penser que ce serait la liberté de la femme qui ferait peur à l'homme d'aujourd'hui, mais qu'en est-il de la liberté de la femme? Ne confondrait t-on pas cette agitation folle, cette précipitation insensée à se jeter dans tous ce que la société offre de trompe l'œil, à répondre à toutes ses sollicitations à en perdre la tête, avec la liberté.

Que l'homme alors ne veuille pas la suivre, lui emboiter le pas, ce serait plus faire preuve de raison que de couardise ou lâcheté devant la vie parce qu'il ne faut pas non plus confondre la vie avec la vie de la société ou que réclame et exige la société que l'on vive: si c'est ainsi que les femmes vivent cela ne doit pas entraîner automatiquement que cela soit ainsi que les hommes vivent.

Que l'on brandisse la liberté de la femme comme une réclame publicitaire ne doit pas faire que les hommes se rangent derrière mais plutôt suspectent, en tant qu'ils auraient un peu d'esprit critique, que cette réclame soit un leurre, et que courant derrière comme derrière la femme ils courent à leur perte qui est la perte de l'humanité, d'une humanité aimante troquée contre une humanité marchande.

La marchandisation de l'amour est passée sur Internet et ses sites de rencontres puisqu'on ne se rencontrerait plus dans la rue sans risquer de tomber pour harcèlement sous le coup de la loi tandis que l'échange tarifé, autant dire la prostitution, bat son plein. Il est cependant une autre forme de se vendre, terme que l'on accepte en matière de recherche d'emploi autant qu'en matière de recherche de partenaires sur Meetic.

mardi 11 août 2026

Un tribunal de la langue


Il faudrait parfois penser la langue pour mieux penser. La langue est en soi lourde de pensée. Quand je dis que telle femme est faite pour moi je reprends une expression qui pèse encore sur mon mode de penser la femme: il y aurait une femme faite pour chacun d'entre nous à l'exclusion de tout autre. Je me disposais justement à passer voir une femme.

Elle a un ami, je le sais, elle me l'a dit. Je pourrais aussi être son ami et c'est l'objet de ma visite. Pour qui d'entre nous alors cette femme serait faite. C'est comme de dire qu'on se la partage. Il faut se l'imaginer se coupant en deux sans quoi comment parler de partage si c'est tout entière qu'elle est avec l'un comme avec l'autre quand il y en a un qui pourrait encore prétendre en avoir la meilleure moitié. 

Mais comme il est difficile de penser sans la langue il faut que la langue et ses expressions changent pour que notre pensée change, ici vis à vis de la femme. On ne peut vouloir changer l'homme ou l'incriminer sans vouloir changer la langue de l'homme, s'en prendre à lui sans s'en prendre à ce qu'il dit qui est coupable de ce qu'il pense, qui le fait penser comme il pense, et n'en a pas toujours conscience.

Il y a donc un conditionnement par la langue qui si elle possède le neutre n'est pas neutre, n'est jamais neutre. Et c'est le poids d'une tradition qui pèse sur la langue et que l'on fait, en lui faisant procès, reposer sur les épaules d'un seul homme, la victime propitiatoire. Du jour au lendemain on voudrait qu'il pense et agisse autrement mais c'est sans compter sur la langue.

Si elle véhicule des pensées qui ne sont plus de son temps mais dont elle le nourrit encore depuis sa plus tendre enfance lui et tous ses espoirs qu'il fonde sur la femme, en commençant par ce qu'il y aurait une femme faite pour nous, cette âme sœur qui n'attendrait que lui, et dont il ne pourrait alors comprendre qu'elle soit pour les autres hommes tout aussi entièrement faite et l'âme sœur.

Oui! Il faudrait un tribunal de la langue qui juge tous ces propos déplacés que la langue met dans la bouche des hommes sans même qu'ils s'arrêtent à y penser et les pousse parfois à agir de façon toujours déplacée et toujours sans même qu'ils s'arrêtent à y penser. Oui! Il faudrait un tribunal de la langue avant que l'on se mette à condamner des hommes qui ne peuvent penser et agir autrement que comme la langue leur a appris à penser et à agir.

vendredi 7 août 2026

Comme une pierre précieuse


Est-ce qu'une femme n'a pas le droit d'être seule comme un homme a le droit d'être seul, et j'entendais par là à ne pas être dérangée. Surpris par cette idée qui m'a effleuré l'esprit tandis que je me promenais sur les bords de Marne et y croisais de nombreuses femmes seules. Y croisais et non pas y rencontrais. Les bords de Marne ne sont pas un lieu de rencontre, un lieu ouvert et pas une maison close.

Mes idées semblaient s'accommoder avec mon temps au point que j'en fus le premier surpris. Sans doute parce qu'étant sorti de chez moi (et je l'étais en effet hors de chez moi voire de moi) et en prenant l'air je venais de respirer l'air de mon temps. Il ne pouvait alors à cette idée que succéder après une demi heure de marche que la suivante.

Et c'était que croisant cette fois le regard d'une mère et de sa fille je trouvais dans le regard de cette dernière une défiance qui était certes celle de la femme de mon temps vis à vis de l'homme mais qui aborderait le monde avec plus de naïveté et non moins de préjugés auxquels s'ajouteraient le malaise ou mal être de l'adolescence que je me jurais aussitôt de ne pas y participer davantage.

Il y avait mes écrits misogynes qui sans doute n'amusaient que moi, mais je m'en voudrais de heurter dans sa jeune et peu éprouvée sensibilité une pareille nature en donnant dudit sexe faible une image qui ne serait pas suffisamment belle pour la conforter et la motiver dans sa vie de femme encore à peine commencée que déjà par elle travaillée et mortifiée.

Aussi que d'aimer les hommes puisqu'ils penseraient comme il m'amuse de penser et ce serait trop prendre au sérieux ce que la friction peut avoir de cuisant, petits échauffements de la pensée que le temps refroidit vite; mais les esprits jeunes sont trop disposés à prendre pour argent comptant ce qui n'est que défoulement écartant ainsi le risque contraire et plus grave et plus insidieux du refoulement.

Mes yeux se tournèrent alors vers la nature encore belle parce que préservée des bords de Marne et je ne pus m'empêcher de penser que la nature humaine aussi devrait être une nature protégée pour qu'elle ne perde rien de sa beauté et pourquoi pas de son âme, toujours dans cette idée que le regard serait le miroir de l'âme, et qu'il faudrait lui aussi qu'il ne perde rien de sa pureté et de son éclat, comme une pierre précieuse.

dimanche 2 août 2026

L'âme sœur


On nous apprend à nous battre ce qui n'est pas forcément à en venir aux mains mais à rivaliser entre nous les hommes qui nous trouvons par conséquent fort démunis vis à vis des femmes, or l'on peut constater que ceux qui ont la chance d'avoir eu des sœurs se trouvent mieux armés que les autres. C'est qu'il s'agit d'un combat bien particulier qu'on est moins habitué à mener: il faut se battre pour plaire. 

La force est de peu d'effet sinon contraire. A moins que l'on puisse parler de force de séduction. Et cette force combien même elle s'exercerait entre les hommes qu'elle n'emploierait pas les mêmes moyens. Mais c'est surtout la connaissance de l'autre qui manque d'où l'intérêt précédemment mentionné d'avoir eu des sœurs. La fréquentation des femmes est a mettre au premier plan.

Or il en va ici comme dans toute discipline où celui qu'y a été le plus tôt abstreint obtient de meilleurs résultats que les autres. Il manque des automatismes, l'économie des mots et des gestes, leur juste adaptation à l'emploi, car il s'agit toujours de vaincre et pour vaincre de se vaincre soi même. Confiance n'est qu'habitude. Pas de tranquillité des rapports sans habitude des rapports.

Aussi dans l'âme sœur je retiens le mot sœur et regrette de ne pas en avoir eu au moins une. Pour une sœur que j'aurais eu combien d'âmes sœurs n'aurais-je pas rencontrées? Quand je me poserais plutôt la question qu'on se posait sur les indiens d'Amérique qu'on rapportait en Europe et c'est s'ils avaient une âme. Oui, qui n'a pas trouvé son âme sœur est en droit de se poser la question de si les femmes ont une âme?

samedi 25 juillet 2026

Rapport aux femmes


Voilà ce qui nous est montré des femmes. Et je crois qu'il leur serait montré à peu près tout et très peu suggéré. Ce serait néanmoins un compte rendu mais qui se voudrait exhaustif de ce qu'ils auraient vu sur terre et rapporteraient sur leur planète et aux leurs. Discours qu'ils chercheraient du moins à tempérer en ces termes.

Ils ajouteraient en effet qu'ils ne sauraient dire si cela étaient une demande des femmes ou une réponse des femmes à la demande des hommes et que si l'on voyait qu'elles s'offraient il ne faudrait pas trop s'empresser de dire qu'elles s'offraient à tous parce que tous ainsi les voyaient mais qu'elles s'offraient aux plus offrants.

Et que si l'on y voyait un appel au sexe ce soit le sexe qu'elles voulaient mais que les hommes comme ils aimaient les boissons fortes et toutes sortes d'excitants avaient besoin de cet autre excitant qu'était pour eux la femme dont la simple vue les mettait en état de consommer ce qui était d'abord de payer pour ce qu'ils auraient, dans le meilleur des cas, à consommer.

Que sans doute il y avait de l'esprit dans ces étranges créatures mais que c'était d'abord un appel au sexe et que cet esprit qui ne pouvait relever que du corps portait ce nom que l'on appelait la grâce mais dont peu de ces pauvres créatures pouvaient se prévaloir car il aurait fallu moins montrer ou avec plus d'esprit quand la vulgarité était le lot commun.

Ce qui plait au vulgaire est ce qui plait à tous et l'on voyait bien qu'elles cherchaient à plaire à tous parce qu'il n'y avait rien de singulier à découvrir ce qu'elles découvraient comme à cacher ce qu'elles cachaient et étaient à peu près rien sinon se refuser à l'état de nudité parce qu'on la dit primaire et qu'elles se disaient civilisées, ultime prétention et qui tient à l'esprit.

Et nos extra terrestres avaient pu constater chez ces étranges créatures que c'était non pas la chair (comme on le disait) qui était faible mais l'esprit car ce n'était pas la chair qui les faisait céder mais l'esprit, quand ce n'était pas non plus la chair qui était vulgaire mais l'esprit, quand souvent par la chair ou l'état du corps elles étaient plaisantes et par l'esprit ou l'état d'esprit décevantes.

Ils regrettaient cependant d'avoir à parler ainsi des femmes et que c'était injuste si l'on considérait qu'elles n'étaient que le fruit d'une civilisation qui était celle des hommes et qu'elles disaient à ce propos machistes tout en n'arrivant pas à proposer d'elles autre chose que ce qu'elles proposaient aux hommes. 

De ce rapport qui était rapport des hommes aux femmes et des femmes aux hommes ils concluraient que si des premiers ont pouvait dire qu'ils étaient vicieux et c'était souvent ce que les femmes leur reprocheraient d'être vicieux, et c'est du corps des hommes qu'elles parlaient, quant à ces dernières on pourrait dire que si elles avaient de l'esprit il était vicié, mais sans doute était-ce encore là, à les en croire, le fait des hommes.

samedi 18 juillet 2026

Le regard fier et un peu altier


Je crois que j'ai toujours aimé quoique sans jamais me l'expliquer ce regard qu'on dirait fier et un peu altier mais tout n'est qu'interprétation et ce n'est que regarder droit devant et un brin vers le haut tout comme lors d'un défilé militaire. Aussi j'ai aimé ce symbole ou logo de la RATP quelques années après que je sois entré dans les forces de sécurité et c'était sur fond vert l'esquisse d'un visage légèrement incliné vers le haut.

Mais je n'ai jamais aimé les va t-en guerre et si cette attitude je voudrais maintenant l'adopter c'est au vu de celle qui est en train de devenir l'ennemi de l'homme: la femme; parce que ce regard militaire est je crois le mieux approprier pour la vaincre qui est d'abord se vaincre soi même et sa peur comme ses bas instincts, c'est aussi qu'elles nous font souvent reproche d'un regard trop direct.

On peut dépasser du regard, s'élever du regard, qui est d'abord se dépasser et s'élever au-dessus de sa propre nature et déjà la dominer car comme disaient les Anciens qui pourraient prétendre dominer s'il ne se domine pas d'abord lui-même et ce n'est pas qu'elles sont basses créatures mais qu'elles nous abaissent plus qu'elles nous élèvent si nous ne cessons pas de les regarder comme nous les regardons.

Mais me disait un ami fort avisé et grand connaisseur des femmes qui reconnaissait par ailleurs que nous entrions en des temps difficiles et conflictuels comment penses tu ainsi que les choses se fassent. Il y voyait en effet et avec raison une forme de renoncement, mais si les choses ne se font plus comment ne pas prendre une attitude digne et résignée plutôt que de tirer la langue comme un chien.

Et ce n'est encore que parader. Une parade non pas militaire mais amoureuse car l'homme sera toujours amoureux de la femme et voudra toujours l'honorer quand ce sera un honneur pour elle et l'élever quand ce ne sera pas pour elle s'abaisser. Et l'on parle trop de la dignité de la femme a t-on oublié la dignité de l'homme? Ce n'est ici qu'un bref rappel et aux hommes de se ranger le regard fier et un peu altier.

vendredi 17 juillet 2026

être de peu


Peu de corps, peu d'esprit, aussi peu à en dire, sinon comment quelqu'un d'aussi peu de poids a t-il pu en venir à penser qu'il pèserait sur mon existence? C'est sans doute cette faiblesse que l'on a vis à vis des femmes qui leur peut laisser espérer autant. Mettre fin à notre relation dit-elle mais de quelle relation parle t-elle?

Mesure t-elle la longueur et la profondeur qu'il faut atteindre pour parler de relation, sans quoi ce n'est que bagatelle et à la bagatelle beaucoup il est vrai sont tenus et à ceux là je la renvois sans la renvoyer car c'est elle qui met fin à ce à quoi elle a donné commencement, le tout avec la même légèreté qui caractérise les êtres sans consistance.

Je ne sais pas si c'est en pensant à cela que Kundera intitulait son fameux roman: L'insoutenable légèreté de l'être de quoi il en faisait son affaire qui est affaire de don juan mais c'est bien cette légèreté qui permet en effet de passer d'un être à un autre être sans s'en incommoder outre mesure.

J'ai reçu son e-mail. Je ne vais pas y répondre. C'est accorder trop importance à ce qui n'en a pas. L'orgueil ici ne doit pas trouver sa place, car il ne peut y avoir d'orgueil blessé face à ce qui est à ce point inexistant mais se voudrait obligeant, est ignorant mais se voudrait savant, prend de grands airs et n'est que du vent. 

Etre de peu et à ce point suffisant. Il n'y a rien en moi qui te rejette parce qu'il n'y avait rien en moi qui te réclamait. Et sans doute cela a t-il été insupportable à qui cela aurait effleuré l'esprit en un instant de lucidité, aussi je te renvoie à ton humanité qui est légèreté.

lundi 28 juillet 2025

Un certain regard sur les femmes


Souvent je me surprends à regarder les femmes. J'aimerais pourtant m'en passer. Mais mon regard y revient comme l'aiguille d'une boussole aimantée par les pôles.

S'il n'y avait que les belles mais il n'y en a aucune que je ne trouve laide. Je ne dois pas avoir de goût sinon un goût pour les femmes et qui ne s'est jamais démenti.

Je me les rappelle toutes, même celles qui ne sont pas à moi, qui n'ont jamais été à moi, sans doute aussi parce que je les ai toutes voulues sans exception aucune.

Malheureusement les femmes et moi ça fait deux, même si on a été unis elles et moi quelques fois, et jamais plus d'une à la fois, et pas toujours celle de mon choix, mais comme je les aime toutes ça ne fait pas de différence.

Il y a qui dira que c'est pareil que d'en aimer aucune, et c'est ce que je voudrais, quand moi j'aime à chaque fois, que c'est plus fort que moi, comme de les regarder: est-ce qu'on regarde un tableau qu'on n'aime pas?

Il y a qui dira que c'est comme un chien de renifler les chiennes, et que si j'avais un odorat aussi bien développé qu'un chien je cesserais de les regarder pour m'y fier à mon odorat et être ainsi moins souvent trompé qu'on l'est par le regard.

Mais quand mes yeux de chair ne verront plus la chair ce n'est pas Mon Seigneur et mon Dieu que je verrais mais celle qui a régnée sur mon cœur.

jeudi 24 juillet 2025

L'amour libre


Je voudrais parler des hommes et des femmes parce que j'ai entendu mon ami dire: "l'amour libre" et que tandis qu'il disait cela son visage semblait s'être éclairé non pas d'une lueur malicieuse, comme si c'eut été l'effet du malin, mais d'une lumière douce et bienheureuse comme s'il se fut retrouvé en proférant ces paroles magiques au paradis de l'amour libre.

Mais je ne suis pas mon ami qui a atteint la sagesse de l'âge et dont l'expérience amoureuse fut plutôt heureuse; aussi l'on pourrait dans mes propos licencieux relever une certaine aigreur, encore faut-il savoir qu'ils n'ont pas pour seul objet de se déverser comme la bile permettant une digestion difficile mais viseraient plutôt une fin plus haute qui serait cet amour libre.

Cela me renvoyait cependant à une journée portes ouvertes et, comme je comprenais les vendeuses qui devaient faire face au flot ininterrompu des badauds non sans une certaine appréhension, je comprenais les femmes qui ne seraient pas ouvertes à tout public, leur côté sélectif, en quoi leur porte ne pouvait être au mieux qu'entrebâillée.

Encore une fois cette idée d'amour libre était comme toutes les idées romantiques ou utopiques une idée d'homme. Maintenant étant moi-même un homme il ne fallait pas s'attendre à ce que je lâche la partie de sitôt et, restant sur le plan du marché et du marché libre, je me disais que cet affluence était justement la conséquence de ce que le marché ne fut pas toujours libre et que libre ne voulait pas forcément dire au rabais.

Aussi il se régulariserait de lui-même et comme il n'y aurait pas que quelques femmes publiques mais que toutes les femmes seraient publiques il n'y aurait plus de femmes publiques mais que des femmes libres qui rencontreraient des hommes libres en quantité égale ou presque puisqu'il parait qu'il y a dans le monde plus de femmes que d'hommes.

Ce qui inverserait la tendance: ce serait les hommes qui débordés mais débordant d'eux mêmes devraient répondre à la demande des femmes et, comme l'on parle de générosité qu'en matière d'offre et non pas de demande, ce serait les hommes qui feraient en s'offrant acte de générosité et non pas les femmes. Cette tendance qui pourrait paraître aujourd'hui inversée ne serait pourtant que celle qui suivrait le cours naturel des naissances.

Aussi jamais plus un homme ne se verrait rejeter par une femme. Quant aux femmes, même si plus nombreuses, elles n'auraient pas à le craindre d'être rejetées quand on sait que nombreux sont les hommes comme mon ami à qui le meilleur cadeau que les femmes puissent faire, selon ses propres dires, est d'être au moins deux dans son lit, mais cela ne serait-il encore qu'un fantasme d'hommes?

mardi 27 mai 2025

Une dompteuse d'hommes


A l'homme qui voudrait dompter la femme il lui faudrait d'abord apprendre à se dompter lui-même. S'il est lui aussi un cheval qui se cabre sous l'effet de la crainte et autres passions aussi que des instincts, il ne pourra être l'homme qui la chevauchera.

A cru c'est un peu sauvage mais l'homme civilisé la sellera et l'éperonnera, ce qui n'est pas pour être moins sauvage plus doux, et des deux on ne saurait dire qui est le sauvage mais bien le plus doux, qui a plus de douceur que de sauvagerie dans le regard, aussi que dans le cœur.

Et l'homme en cela a beaucoup à apprendre de la femme qui se cabre. Ce n'est pas comme ça qu'il faut faire avec moi. Sans doute celui qui murmure à l'oreille des chevaux et monte à cru est le meilleur des dompteurs. Mais qui dit que la femme comme le cheval ne voudrait pas monter l'homme.

Et si ce n'était pas elle le cheval et que l'amour de l'homme n'était que du viol, et ça le serait à chaque fois que la femme ne le veut pas. Et le sauvage le sait mieux que l'homme civilisé car sous lui elle ne porterait ni selle joliment ouvragé ni éperons dorés pour mieux la commander.

Et si c'était elle la femme qui dompte l'homme, et l'homme ce cheval fougueux que la femme calme comme elle peut. Et elle le peut si les instincts et si les passions de l'homme ne sont pas trop fortes, c'est-à-dire plus fortes qu'elle.

Et qu'il ne l'écoute pas, car c'est la femme qui lui murmure à l'oreille tout ce qui dicte sa conduite, aussi qui le calme et le rassure; l'homme qui ne s'inquiète que quand elle le quitte est l'homme qui inquiet par nature perd son inquiétude quand il gagne l'amour d'une femme.

Mais l'amour d'une femme n'est jamais acquis à l'homme et "quand il croit serrer son bonheur, il le broie" dit le poète. Et ce que j'entendais dans mon enfance je voudrais encore qu'on l'entende: "un homme sans femme est un cheval sans bride", à quoi j'ajouterai: qui souvent préfère la femme à sa liberté.

mercredi 18 décembre 2024

L'être amoureux


Allez dire à l'être amoureux, c'est-à-dire à l'être romantique, que son amour répond à un besoin ou nécessité, que son état sentimental résulte d'un état physiologique. Ce n'est pas qu'une fois satisfait ce besoin il n'aimera plus. Il ne s'agit pas ici de Don Juan, du désir et de la séduction. Au contraire, ce sentiment amoureux contribue en quelque sorte à fidéliser la relation.

Mais, a t-il une nouvelle relation qu'il ne comprendra plus ce qui lui arrive. Il voudrait faire la part des choses. Il y aurait pour lui d'un côté la nécessité biologique et de l'autre les sentiments. Mais, voilà qu'il se met à aimer l'autre personne qui ne devait répondre qu'à cette nécessité. Rien de plus naturel et preuve que l'état sentimental résulte d'un état physiologique, que c'est le corps qui commande à l'esprit.

On a vu cependant que l'esprit aussi voudrait commander au corps puisque les sentiments devraient contribuer à fidéliser la relation, mais il ne le font que s'il est d'abord répondu à ce besoin du corps d'où naissent les sentiments amoureux. A partir du moment qu'il n'y est plus répondu ou que l'on va chercher la réponse ailleurs c'est ailleurs aussi que naissent les sentiments.

Il ne faut pas aller trop vite en besogne et considérer que l'on n'est que des bêtes mais que notre esprit est attaché à notre corps, et je dis bien à notre corps et pas au corps de l'autre puisque ce dernier est interchangeable. Ce n'est pas aussi que son corps que l'on aimera parce que cet autre corps ne sera pas non plus dénué d'esprit et que l'on ne pourra aimer vraiment l'un sans l'autre pour s'y attacher.

L'être amoureux est donc l'être qui s'attache à un corps mais qui ne serait pas qu'un corps pour lui. Il pourra cependant se dire que tous les autres corps vacants n'étant que des corps pour lui il n'a pas de raison de s'en passer, mais c'est oublier non seulement que ce ne sont jamais que des corps, aussi que pas plus que les bébés naissent dans les choux les sentiments naissent de l'air du temps, que les corps enfantent bébés et sentiments.


CITATION

Sterne dans Vie et opinions de Tristram Shandy écrit: "Rares furent les fils légitimes d'Adam dont la poitrine ne ressentit jamais l'aiguillon de l'amour (les misogynes étant a priori tenus pour bâtards): et de cet honneur, neuf parts au moins sur dix reviennent aux plus grands héros de l'histoire antique et moderne." Ou encore sur Toby au cœur pur et à l'esprit simple d'"une telle ignorance sans suspicion des plis et replis du cœur féminin que, dans la nudité sans défense où il se présentait à vous vous pouviez bien, à l'abri de vos voies serpentines, lui percer le foie de dix flèches par jour en admettant que neuf n'aient point suffi à vos desseins."

samedi 14 décembre 2024

X


Ces jeunes femmes que j'ai aimées comme je les remercie aujourd'hui de ne m'avoir pas choisi. J'emporterai avec moi leur jeunesse, leur amour; rien de défraichi, rien que la vie n'est racorni et leur nom, leur nom que je ne leur aurais pas pris pour le remplacer par le mien, et leur prénom aussi sonnerait avec la même fraîcheur que quand pour la première fois je le prononçais. Elles n'auront pas eu le temps de me décevoir ou si peu par rapport à celui à qui elles s'auraient données leur vie, car c'est l'expression en usage et la mieux reçue quand je ne crois pas qu'elles aient pu davantage donner en toute une vie que ce qu'en un instant inoubliable elles m'ont donné et c'est qui sait de m'avoir aimé ou du moins donné la possibilité de les aimer.

Oui je les remercie de ne m'avoir pas choisi parce qu'il est peu probable qu'aujourd'hui je les choisirais. Je le dis parce que l'on dirait que je les regrette quand il n'en est rien. On aura bien compris que ce n'est pas avec elles que je vis. Et quand je vois une vieille je ne me dis pas c'est peut-être elle parce qu'elles n'ont pas vieillies, en tout cas pas pour moi mais pour ceux qui vivent avec, pour ceux avec qui elles ont choisies de vivre avec, et à eux aussi je les remercie car quand d'autres à ma place seraient rancuniers je leur suis moi reconnaissant à vie et leur demande d'être gentil avec elles.

Il faut dire aussi et je pourrais m'en passer de le dire, comme souvent je me suis passer de femmes, que la majeure partie des femmes de ma vie, et c'était avant Internet, faut-il aussi le préciser, n'ont eu qu'une existence virtuelle, plus virtuelle que vertueuse car c'est avec elles tout de même et plus qu'avec les autres que je couchais et dont plus que les autres je tirais ma jouissance. Tout le monde a été jeune qui peut me comprendre mais il faut croire que je le suis resté parce qu'à mon vieil âge non moins solitaire je tire des mêmes pratiques les mêmes plaisirs sauf, et c'est sans doute aussi le fait de mon âge comme de la technique plus avancé, que je me fais donc aider ou assister par Internet. Il ne faudrait cependant pas y voir là une question de libido plutôt que d'imagination qui n'est plus non plus ce qu'elle était.

samedi 2 novembre 2024

Un être de chimères


Elles s'étaient si simplement aux autres qu'il lui apparaissait comme naturel qu'elles soient aux autres, comme si elles étaient nées pour être aux autres et non pas à lui, cela ne laissait pas cependant de le surprendre qu'elles réussissent à produire sur lui cet effet qui devait être si rassurant pour leur homme. Et puis d'un autre côté il entendait ces histoires de coucheries et il se sentait alors plus dupe qu'aucun mari ne l'aurait été, sans doute parce que sur aucun mari comme sur lui elles ne produisaient un tel effet qui les mettait toutes hors de cause. Parfois il se disait qu'il devait lui arriver de se retrouver face à face avec une femme qui trompait son mari sans en avoir plus connaissance que s'il s'était trouvé devant un bandit, comme si les femmes qui trompaient leur mari, mettons qu'elles eurent existées au temps de madame Bovary, ne faisaient plus parties que du folklore, que des films qu'on aimait voir, que des livres qu'on aimait lire, mais pas de la réalité, et que cela expliquerait pourquoi pas plus que les bandits il ne pouvait être amené a en croiser, ils n'existeraient tout simplement plus, ils feraient parti de la fiction. Bien sûr, il souriait en pensant ainsi mais n'empêche que c'était une réalité qui lui échappait et dont il n'aurait pas connaissance autrement que par les histoires qu'on racontait et qui pour lui ne resteraient donc que des histoires; ou c'est que la tromperie aussi devait être naturelle, non pas une chose extraordinaire, digne d'être racontée, mais extraordinairement ordinaire, simple, naturelle à l'homme, si naturelle qu'il ne lui en coûta pas de la cacher, car il pouvait se montrer tel qu'il était sans qu'on ne la vit. D'elles, un simple regard pouvait l'abuser, une simple attention pouvait l'abuser, il suffisait qu'il les prenne pour lui. Mais combien elles distribuaient leur regard, et combien elles distribuaient leur attention, si bien que chacun à chaque fois put se sentir personnellement concerné, et penser faire l'objet d'une faveur quand il n'en recevrait aucune ou pas davantage qu'un autre, à tous ce regard qui semblait en dire long, à tous ce geste qui semblait équivoque. Non, cela ne s'apprenait pas. Non, cela devait leur être aussi naturel que de se mouvoir, répondre à cette même grâce qu'elles avaient a se mouvoir parmi les hommes. Cependant il ne cherchait pas et peut-être n'avait-il jamais cherché à les conquérir, mais ne parlait-on pas de conquêtes féminines, et cela en effet répondait à l'idée qu'il se faisait qu'elles n'étaient pas à lui et qu'il aurait fallu alors les conquérir, ce qui était comme les prendre aux autres à qui il lui apparaissait à lui si naturel qu'elles soient, et il n'était donc pas prêt à ça, il ne serait jamais prêt à ça. Par ailleurs et ce qui le confirmait davantage dans sa pensée c'est qu'aucune n'eut montré vis à vis de lui des dispositions telles qu'il eut pu dire qu'elle était à lui, et combien même elle le serait qu'il continuerait à la voir mieux avec les autres et à se dire qu'elle se rendrait bien vite compte de l'usurpation d'identité, qu'elle s'était trompée, que celui qu'elle avait pris pour lui en fait n'était pas lui, mais un autre avec qui bientôt elle serait plutôt que d'être avec lui. Et comment aurait-il pu pensé autrement: elles avaient une façon si simple, si naturelle d'être aux autres qu'il lui aurait fallu être aveugle pour ne pas le voir. Quant à ce qu'on racontait sur elles et qui tendrait à prouver qu'au contraire elles étaient à tous, c'est-à-dire à personne en particulier, qui est l'impression qu'elles voudraient donner, et que les faits démentiraient, n'était pas davantage pour lui plaire. Non, ce qu'il aurait voulu d'elles c'est l'assurance d'un sentiment simple et naturel dont il n'aurait pu douter être le destinataire. 

Mais avec ces êtres saugrenues il était toujours allé de déconvenues en déconvenues, sans doute justement à cause d'une profonde méconnaissance de leur nature. Serait-ce qu'il y avait avec elles tout cet artifice trompeur qui ferait qu'il n'en saisirait pas l'exacte condition, que croyant se saisir d'elles il n'en saisirait que les habits et qu'elles lui glisseraient ainsi et facilement entre les doigts, se jouant de lui par ce jeu d'ombres ou d'illusions qu'elles auraient su créer autour d'elles, telles des chimères, ces chimères qu'à partir d'elles et à défaut d'elles et comme tant d'autres ils s'imagineraient être elles, et il leur suffirait alors de répondre à ces chimères, de donner un peu dans la chimère, pour entretenir leurs illusions tout en se rendant insaisissables et aussi pour disparaître comme disparaissent les illusions. Tandis qu'en chair et en os, purement, naturellement, simplement, comme elles étaient nées elles étaient nées pour être aux autres, qui au lieu d'épouser des chimères épousaient leur condition matérielle et surtout y subvenaient par tous les moyens qui étaient entre leurs mains, car si elles lui glissaient entre les doigts c'était pour prendre leurs mains à eux, aux autres, c'est qu'elles devaient sentir que les siennes à lui de mains étaient vides tandis que les leurs à eux seraient pleines. Il lui fallait se rendre à cette évidence: elles ne se nourrissaient pas que d'amour et d'eau fraîche, telles des créatures divines. Ce n'est pas le général qu'il lui faudrait voir sur son trône mais bien elles, plutôt que de les voir comme des êtres d'amour qui ne feraient qu'aimer, des anges, des chimères. Aussi il envierait moins les autres qui avaient à se les coltiner au quotidien. Et quel âge devait avoir son premier amour, son premier amour devait être une vieille femme maintenant. Une vieille qu'un autre se coltinerait à sa place et qu'il devrait remercier pour cela. Les enfants qu'avec elle il aurait eus viendraient de moins en moins le voir et de façon de plus en plus intéressée, intéressé par sa fin qui ne devait plus être très loin non plus, surtout d'un point de vue extérieur, froid et lucide, presque médical. Oui, il n'avait vécu que de chimères et, tandis que les véritables êtres périssables périssaient, continuerait-il encore longtemps à se repaître de chimères. Il lui faudrait enfin descendre sur terre où des êtres de sang et de chair aimaient avec leur sang et avec leur chair, et parce que cet amour n'était que chair et sang aussi l'était le fruit de cet amour, parce que de tel arbre ne peut venir que tel fruit, charnu, sanguin, ni saint ni savant, ce n'était pas davantage l'arbre de la connaissance que celui de la vertu, il ne fallait donc rien lui prêter d'autre, n'avoir de lui d'autre faim, d'autre soif, que ne put étancher le sang et la chair. 

Mais quand il se souvenait de la place, de toute la place qu'avait occupé non pas physiquement mais dans son esprit, les femmes dans sa jeunesse, il ne pouvait le comprendre autrement que par la chimère, car un être de chair et de sang n'occupe pas tant de place, et elles étaient plutôt minces et petites celles qu'il avait aimé et c'était, à bien y penser, surtout le fait de leur absence, dans le temps de l'attente que s'était développer cette excroissance chimérique et si envahissante qu'il ne pouvait plus penser à rien d'autre qu'à elles. Mais ce n'est pas à elles à qui il pensait il le savait maintenant, car elles n'avaient jamais été celles qu'il avait imaginées. Le seul talent qu'il eut pu leur reconnaitre c'était d'avoir forcé son imagination, et lui qui croyait en avoir fort peu avait fait preuve de beaucoup d'imagination, ensuite, si trop de temps s'était passé sans les voir, il ne pouvait plus les voir telles qu'elles étaient, et c'est pourquoi l'on pouvait parler d'aveuglement, mais ce n'était pas même leur beauté, encore moins leur intelligence, les femmes de sa jeunesse n'étaient pas des plus belles et encore moins des plus intelligentes, qui l'avaient aveuglés, mais sa propre imagination, il avait été victime de sa propre imagination qui les avait rendu plus belles et plus intelligentes à ses yeux, parce que ce n'était qu'avec les yeux de l'esprit qu'il les voyait. Et quand il leur parlait elles ne comprenaient pas ce qu'il leur disait, les pauvres, comment l'auraient-elles compris, cela dépassait leur entendement parce que cela dépassait leur imagination, on ne pouvait pas aimer comme il aimait, c'était effrayant. Il leur aurait fait peur. Un violeur ne leur aurait pas fait davantage peur. Qu'il s'en fut pris à elles physiquement aurait encore pu passer mais qu'il s'y prit mentalement et en déployant cette force, cette énergie, ça frisait la folie. Ce n'étaient que de pauvres êtres mortels, de chair et de sang, non pas des chimères, comment ne l'avait-il pas compris? que s'était-il donc imaginé? Il avait honte rien que d'y penser. C'avait été un malade, un grand malade, mais pas un malade du sexe, il eut encore été préférable qu'il fut un malade du sexe, un malade du sexe qui se soigne avec du sexe, quand on aurait dit qu'à lui il lui fallait quelque chose qu'elles n'avaient pas su lui apporter, qui les prenait au dépourvu, qu'elles ne pouvaient pas comprendre, qu'elles n'étaient ni en âge ni en mesure de comprendre, et dont leur âge d'ailleurs n'était pas demandeur, tandis que leur sang, leur chair … Certes, le sang lui brûlait et la chair lui tirait mais il y avait quelque chose de plus sourd et de plus lourd qui grondait en lui et c'était déjà tout le poids de l'existence et le bruit de son effondrement, qu'il aurait tant aimé pourtant qu'elles fassent taire, mais elles ne devaient pas l'entendre, pas encore l'entendre, ces créatures légères. Oui, c'était trop leur demander à ces pauvres créatures de chair et de sang faites pour aimer et pour haïr, pour vivre et pour mourir. Non, ce n'étaient pas des chimères.


CITATION

Hector Bianciotti dans L'amour n'est pas aimé, un recueil de nouvelles écrit: "Si la sagesse consiste à accepter aisément les déceptions, il pouvait se considérer depuis des années sinon sage, du moins prudent: jamais l'espoir ne venait se mêler à l'exaltation amoureuse…"

dimanche 22 septembre 2024

L'amour bourgeois


La grande affaire de la bourgeoisie c'est l'amour. "Ce n'est pas moi qu'on aime, mais mes qualités" écrit Pascal. On sait par ailleurs que ce qui peut passer pour des qualités peut aussi passer pour des défauts, d'où le côté tout relatif des qualités. Mais il est absolu, on en doute plus quand ce sont des qualités reconnues par la société, celles par exemple qui donnent droit à un statut dans ladite société. Combien de films ou l'amour, cette grande affaire de la bourgeoisie, est déclinée sous diverses variantes ou catégories sociales: il y a le médecin, l'officier tout court ou de marine ou de police quand il mène l'enquête, l'artiste pourvu qu'il ait du génie en mal de reconnaissance ou reconnu, bientôt reconnu, on peut aller même jusqu'au gangster reconnu victime de la société par cette même société, voire redistributeur de richesses, ce qui est comme gagner ces lettres de noblesse et légitimer le meurtre, pourvu qu'il déploie beaucoup d'ingéniosité, de courage comme de talent dans l'exercice de ses fonctions, ce qui ne peut alors manquer d'être récompensés par la société. Ainsi, en en n'ayant pris les richesses il en recevra l'amour, puisque l'amour est la grande affaire de la bourgeoisie, c'est-à-dire de la société bourgeoise qui en fait des livres et des films souvent d'ailleurs tirés de ces livres parce que la société bourgeoise c'est la société du roman, pour ne pas dire de la romance. 

Quant aux obscurs et sans grades, à moins qu'ils ne développent en dehors de leur labeur une autre activité (car seul le travail est reconnu) dite de loisir qui ne sera donc pas la farniente et eux livrés à une indolence plus naturelle cependant à l'homme que le talent caché (pas de tous et pas pour longtemps) qui donnera alors rapidement lieu à une ascension sociale et reconnaissance conséquente; et c'est sous ces conditions seulement qu'ils pourront trouver l'amour, parce que l'amour est la grande affaire de la bourgeoisie et c'est par elle qu'ils leur faudra d'abord être reconnus, après et après seulement viendra l'amour de la bourgeoise. Ne dit-on pas: d'abord la voiture, d'abord la maison, après la femme qui vat dedans ou avec. Qui pense encore que l'amour est une affaire personnelle peut déchanter très vite, comme celui qui se dit que ses qualités finiront toujours par être reconnues par elles-mêmes quand il leur faut d'abord être reconnues par les autres, et qui sont ces autres dans la société bourgeoise sinon les bourgeois eux-mêmes. Qui a aimer peut cependant se dire qu'il a été bourgeois à son tour, puisque, faut-il se répéter: "la grande affaire de la bourgeoisie c'est l'amour", mais cela n'est vrai que si cet amour a été correspondu. Au cas contraire, au cas où il n'a pas été aimé, il peut se dire qu'il n'a pas été reconnu comme bourgeois, par les bourgeois pas plus que par les bourgeoises. Refuserait-il aussi de leur faire la cour, c'est qu'il n'est pas un courtisan. Comment peut-il alors prétendre à une princesse? L'amour bourgeois? Mais y en a t-il un autre?

Quand tout se passe bien on n'en parle pas mais quand tout se passe mal on parle de viol. La secrétaire s'est mariée avec son patron. L'infirmière avec le docteur. Le fils de la maison qui a engrossé l'employée de maison a tenu sa parole: ils se sont mariés. A t-on recensé un cas de viol qui ne soit pas d'un supérieur sur son inférieure, souvent une femme, parce que la plupart sont hétéros, parce que considérons aussi le cas des jeunes recrus à l'armée. Fit les gros titres des journaux, et c'était avant que l'on parle autant de viols, le droit de cuissage à la RATP et la promotion canapé (ce ne sont là qu'euphémismes), et c'était encore sur des femmes qu'ils s'exerçaient, et c'étaient les chefs de lignes sur les employées en ligne. On dit qu'il y a davantage de viols aujourd'hui? L'ascenseur social fonctionnerait-il moins bien? Les hommes tiendraient-ils de moins en moins leur parole? Non! décidément, les hommes et les femmes ne recherchent pas la même chose. Et parce que les hommes sont des cochons ils disent que les femmes sont des cochonnes mais reste à savoir qui d'entre eux fait les choses les plus sales. Ceux qui peuvent les faire, ceux qui en ont le pouvoir, et c'est un pouvoir qui s'exerce d'abord sur les femmes. Il faudrait parler d'abus de pouvoir ou d'abus tout court. Encore un euphémisme pour parler de viol.

Je dis qu'il n'y a pas loin de l'amour bourgeois au viol parce qu'il n'est pas lié au consentement. Dans le meilleur des cas, celui où l'on parle d'amour, on se donne, mais chacun des deux parties en attend autre chose. C'est l'inavouable. Les tribunaux n'en sauront rien. C'est pour le meilleur ou pour le pire. Mais le pire c'est quand on n'a rien obtenu en échange et ça porte un nom: le viol. L'acte doit être légalisé ou bien il sera sanctionné. On me rétorquera alors que la grande affaire de la bourgeoisie ce n'est pas l'amour mais le mariage. Aux lois naturelles se seraient substituées les lois qui régissent la société. Certes, mais dans un sens plus large, cela peut en effet être élargi en dehors du mariage et se confondrait plus aisément avec les lois de la nature, car, pour commencer, qui aime plus petit que soi? (et cette petitesse ou grandeur est déterminée par la société). La femelle rechercherait plus grand, plus fort, plus riche, c'est-à-dire la sécurité pour mettre au monde. Sans doute en des temps préhistoriques mais aujourd'hui elle peut prétendre à plus et sans avoir pour autant à mettre au monde. Luxe, calme et volupté. Les trois n'étant d'ailleurs pas forcément octroyé par le même mâle. Mais le luxe ne procède pas de la nature, c'est un fait de société et d'une société riche autant dire bourgeoise qui a sa voiture, sa maison, et pourquoi pas deux voitures, et pourquoi pas deux maisons, quoique beaucoup moins d'enfants et parfois pas du tout. Mais s'il n'y a rien de tout ça rien ne légitime alors le viol, pardon, l'amour bourgeois.

mardi 7 mai 2024

La femme idéale


Quand sa femme le quitterait pour l'au-delà il ne voudrait plus qu'une femme idéale, car jamais aucune femme ne s'était autant approchée que sa femme de la femme idéale et qu'il ne pouvait par conséquent avoir mieux qu'elle (parce qu'on ne change pas pour pire) sinon qu'une femme à cent pour cent idéale. Il ne coucherait pas avec elle. Pour qu'une femme tombe de l'autel où l'homme amoureux la place et qui est celui de la femme idéale il faut qu'il couche avec elle. On ne couche pas avec la femme idéale sans risque de la perdre, ce qui est aussi sûr que si l'on couchait avec une femme vierge qu'elle perdrait sa virginité. Certes, il la choisirait comme il avait toujours choisi parmi les femmes réelles, pour ne pas dire réellement existantes, mais cette dernière n'en saurait jamais rien qu'il l'aurait choisie. Il ne voulait pas non plus qu'elle cesse d'être elle-même. Sa femme avait un peu, et seul son caractère l'en avait préservé et c'est pourquoi il avait toujours aimé les femmes de caractère, mais pas trop changée depuis qu'ils s'étaient ensemble, et s'il y avait pas eu la maladie qui l'éloignait à chaque fois un peu plus de lui et qui finirait par l'emporter tout à fait elle serait restée assez proche de la femme idéale qu'il avait aimée en elle, parce qu'il ne crut pas que l'on pu aimer autre chose qu'un idéal, que l'amour ne soit pas lui-même idéal, et en dehors de l'idéal il n'y avait pas d'amour possible, par conséquent la préservation de l'amour c'était la préservation de l'idéal, et la préservation de l'espèce s'opposait à la préservation de l'idéal en cela que c'était la consommation (ou consumation) de l'amour, et il en arrivait à ce paradoxe qui était de dire que plus on faisait l'amour à une femme moins on l'aimait, et que cette histoire de préserver leur hymen dont on se moquait tant aujourd'hui était la meilleure stratégie féminine pour préserver aussi longtemps que possible l'amour qu'on leur portait vu, fallait-il le répéter, qu'il n'y a pas d'autre amour qu'amour de l'idéal, ici en l'occurrence que de la femme idéale, et qu'en faisant l'amour, aussi experte fut-elle la femme, elle déchoit. Don Juan est surtout en quête d'idéal, c'est un Don Quichotte de l'amour, qui du bout de sa lance les fait tomber comme des moulins à vent. Lui n'avait jamais été un tombeur de femmes et c'est parce qu'il les avait toujours beaucoup trop idéalisées. Il était temps alors qu'il se contente de la femme idéale qu'on aurait dit, mais c'est les autres qui l'aurait dit, lui il aurait dit que c'est les autres qui se contentaient de femmes déchues, à faible pourcentage d'idéal et qui ne faisait que baisser à l'usure pour ne pas dire à l'usage. Il ne voudrait plus voir ça chez une femme parce que c'était un spectacle affligeant auquel il ne voulait plus assister et encore moins participer, d'autant plus affligeant qu'il les plaçait très haut parce que c'était ça l'idéal, c'était les placer au plus haut qu'il pouvait les imaginer être, et en cela il supplanterait beaucoup d'hommes en imagination, beaucoup d'hommes qui disaient aimer les femmes et il fallait voir comment ils les aimaient. Pour lui c'était toujours du viol avec ou sans consentement parce que la femme idéale ne s'en remettrait pas, la femme idéale était proprement intouchable. S'il y avait un Dieu c'est la femme selon lui qui nous en rapprocherait le plus par cet amour qu'on lui porterait à la femme, un amour idéal, tandis que l'autre nous en éloignerait. Mais il avait jamais tenu la distance longtemps non pas avec Dieu mais avec la femme, et il pouvait pas jurer, parce que ce serait peut-être se parjurer, en disant qu'il la tiendrait maintenant la distance, une distance respectable, une distance adorable, parce qu'y avait qu'à cette distance qu'on pouvait adorer la femme comme si elle fut Dieu en personne. A la femme idéale il pourrait lui prêter des sentiments égaux aux siens sans craindre d'avoir à déchanter par la suite, se sentir aimé par elle autant qu'il l'aimerait à elle, sans jamais en douter, avoir en elle une foi inébranlable plutôt qu'être ronger par le doute. Et la femme serait pour lui comme Dieu sur terre là où Dieu lui même n'y mettrait plus les pieds depuis qu'il y avait perdu un fils, et son fils y avait aimé une femme sans y toucher comme on peut aimer Dieu le père, seulement en se l'imaginant. Cette force de l'imagination ça allait être sa plus grande force à lui s'il voulait persévérer dans son amour de la femme idéale. Mais sans imagination on ne peut pas aimer: le minimum d'amour n'est possible qu'avec un minimum d'imagination, les êtres dénués d'imagination qui croiraient que ça leur réussi bien l'amour ne sauraient pas en fait ce que c'est que l'amour, l'amour c'est pure imagination, c'est cent pour cent la femme idéale.

dimanche 24 mars 2024

El hombre sin mujer (y lo que decía)


Habra un tácito acuerdo entre los hombres para el reparto de las mujeres, para que no se reivindicara nunca una igualdad, para que se aceptara que unos tengan más que una y otros ninguna. Esto no cabía duda respetaba la jerarquía social y así se entendiera mejor que nadie dijera nada y no porque estarían libres las mujeres de elegir a quien quisieran, eso muy bien se lo creyeran ellas pero luego eligieran el socialmente ya elegido. Qué hacían aquí los comunistas que eran para que todo sea de todos, pues como todos se emparejaran, cada uno con la suya, allá ellos si no les quedaba ningunas. ¿Quedaran todos de acuerdo con qué si no tenía uno una (por lo menos una) es que no se la mereciera? Porque no había oído él hablar de subsidio o prestación alguna que le fuera atribuido a uno que no alcanzaría tener una (por lo menos una) como cuando no se alcanza trabajo. Que no se sorprendieran entonces que se actuara en tiempos tan civilizados como salvajes, peor, como bestias, cazando mujeres, que fuera la presa de hombres. No, que no se sorprendieran ellas tampoco y se quejaran cada vez que no les había tocado el premio gordo o el premio gordo les hubiera engrosado y abandonado o tal vez abandonado sin ni siquiera engrosarlas ni revisado el sueldo a lo alto ni subido el puesto, ni nada de lo prometido cumplido en cambio de sus indudables encantos. Si no había leyes. ¿Y cómo hubiera leyes de protección válidas si no había primero leyes de reparto? Para proteger a quién si nadie se había puesto primero de acuerdo sobre el reparto. Porque muy bien se veía que nadie estaba de acuerdo y que todos robaban el pretendido bien (porque no era fruto de un reparto y en tanto no podía estar considerado como tal) de unos conservadores por no decir acumuladores de bienes ajenos que quisieran ser inalienables y privados, en fin propriedad privada. No era la mujer libre el bien de todos: ¿Cómo podía ser libre una mujer si no era el bien de todos pero de solo uno? Sí todos se robaban la mujer, dijeran lo que dijeran, fueran o no fueran comunista. Eran unos salvajes, eran unas bestias, iban hasta pelearse por una mujer: como si no hubiera otras, como si no fueran libres las mujeres. En familias acomodadas se podía oír: "primero los estudios o primero el trabajo, luego la mujer" Como si la mujer tendría que venir luego naturalmente al que tenía buenos estudios y buen trabajo, se compraría como se compra un coche de lujo. Y esto naturalmente pasaba con mujeres que se decían libres, no compradas, no ganadas a fuerza de estudio y trabajo. Pero no estaban equivocadas la buena gente acomodada que muy bien se sabía como funcionaban las mujeres porque las mujeres funcionaban ni más ni menos sino como funcionaba la sociedad, porque las mujeres no podían no funcionar como funcionaba la sociedad. Esa era toda su libertad. Y cómo iban a comportarse los hombres mal acostumbrados como lo eran a que la mujer les venga como propriedad privada entre las otras propriedades suyas, sino como proprietarios. O sea si uno había llegado a tener riquezas o un cargo importante en esta sociedad cómo no se creyera tener derecho a todas las mujeres que quisiera sin tener que rendir cuentas luego ya que no era una cuestión de reparto o sea de justicia equitativa sino de robo. Sí! de robo, porque pudiera ser de cualquiera era suya por eso de la riqueza o del alto cargo que le hacía envidiable a los ojos de todos y más que a los ojos de todos a los ojos de las mujeres supuestamentes libres en su elección pero que siempre elegían los mismos y cuando no lo alcanzaban a pesar de sus indudables encantos puestos en la balanza se quejaban delante de la justicia, amenazando a los hombres con una demanda judicial, cuando ellas mismas participaban de esta injusticia que no haya mujeres para todos los hombres sino para estos, siempre los mismos, que ellas todas se disputaban también salvajemente. Y que no se le vengan ahora con el cuento este de la seducción como de un juego sutil y delicado y muy civilizado que existiera entre el hombre y la mujer sino más bien cruel y despiadado, sádico y masoquista, en el que siempre salía un ganador y un perdedor, cuando no herido a muerte, lastimado, humillado a vida, violado. Había que decir las cosas como son y él no se hacía rezar para decirlas cuando mejor le hubiera correspondido a un sociólogo decirlas con académica autoridad, pero el sociólogo tendría una mujer o dos o tres cuando él no, ni una. 

samedi 5 août 2023

Le répugnant


Ce qui répugne le plus à mon être est ce qui se tient le plus loin de mon être, il n'est donc pas une qualité de ce qui me répugne que la marque de son éloignement, de l'éloignement où je le tiens, et signe aussi que je ne sais m'en approcher, de la distance où il me tient. On pourrait penser qu'il y est question de volonté quand la volonté ne fait qu'obliger et obliger c'est vouloir se rapprocher de ce qui nous est ou nous tient éloigné, nous répugne. Et c'est de ce que nous nous obligeons ou de ce qu'on nous oblige, que vient la répugnance. Son objet n'est donc pas celui que nous croyons, ce n'est pas à lui que nous la devons cette répugnance. Ainsi l'homme à qui les femmes répugnent serait à la fois celui dont les femmes ne sont pas proches mais vers qui sa volonté tendrait ou ce vers quoi il s'obligerait ou serait obligé ou se sentirait obligé de tendre vers, ne trouvant alors en lieu et place que distance et éloignement, ce qui est répugnance ou ressenti par lui comme tel. Le répugnant ne serait donc pas tant la femme que la distance où il s'en tient où celle où elle le tient, et la volonté qui tend vers elle ou qui l'oblige à tendre vers elle, comme un effort contrarié. Le répugnant serait donc celui qui répugne à...

mardi 27 juin 2023

L' Amour


On peut se trouver le cœur débordant d'amour et cet amour n'avoir plus d'objet. Mais s'il n'en eut jamais eu un eut-il pu exister ? Il est souvent pourtant de constater que la personne aimée est loin en dessous de cet amour. Peut-on alors dire qu'il est seulement son fait ? N'est-il pas plutôt comme une force en nous, et qui cherche à s'exercer ? Et ne trouvant jamais sur qui il puisse s'employer pleinement, d'autant que cette force est grande elle restera inemployée. C'est une force qui s'épuise, direz-vous. Je la trouve quant à moi inépuisable, et je n'aimerai pas non plus qu'elle meure avant moi. J'ai tant aimé, et je crois que j'aime encore même si je ne puis plus dire qui. Je crois encore que ne peut être vécu que ce qui est aimé, et que le reste n'est pas vivre, que l'on ne vit que d'aimer. Et il faut sentir un grand amour en soi pour vivre, n'eut-il plus aucun objet particulier. Mais si on le cherche c'est que l'on croit qu'il en a un. Ainsi l'on dit que l'on ne peut pas vivre sans amour, et cela est juste. Par contre il l'est moins que l'on ne puisse pas vivre sans quelqu'un que l'on aime. C'est confondre l'objet et son amour. Cette confusion a pour conséquence que l'on ne puisse penser aimer quelqu'un d'autre que celle que l'on aime puisque cette personne serait notre amour. Et la preuve qu'elle ne l'est pas, que personne ne l'est, c'est que nous continuons après à aimer, comme avant nous avons aimé. Aussi, et cela relève de la même erreur de penser, nous disons qu'avant nous nous étions trompé, que nous avions seulement cru aimé, que nous ne savions pas encore ce que c'était que d'aimer ou autres arguments aussi fallacieux les uns que les autres. Et toujours nous rejetons la faute sur la personne quand la personne n'est que l'objet sur lequel s'exerce notre amour ou force d'aimer qui ne peut que l'excéder, qui ne peut que la déborder, parce qu'elle n'est jamais à sa mesure mais à la nôtre, et quand on aime on aime de toutes ses forces. La force d'aimer est sans doute la plus grande de toute qu'il puisse nous être donnée d'avoir. Et quand il nous est donnée de l'avoir nous sommes les premiers à nous sentir par elle débordée. Craignez humain d'aimer mais craignez aussi de ne plus aimer. Mais à qui me dira j'ai trop souffert d'aimer s'il ajoute à cela je ne veux plus aimer, je craindrais plutôt pour lui que le plus insignifiant et indigne objet d'amour ne le fasse à nouveau aimer plutôt qu'il n'aime plus. 

mercredi 21 juin 2023

L'amour avec un petit a

 

Pour que l’amour soit ce qu’il est aujourd’hui il fallut d’abord le faire descendre de son piédestal. L’époque de l’Amour avec un grand A serait l’époque romantique, et l’époque actuelle serait celle de l’amour avec un petit a. Aurait-on penser qu’ainsi on le mettait à la portée de tous semble l’idée retenue qui est aussi celle qui continue à déprécier l’Amour avec un grand A, quand on n’a fait que le faire entrer dans le marché de l’offre et de la demande. Hormis le fait que ce soit devenu un bien de consommation comme un autre il a aussi un prix comme un autre qui peut être évalué à la baisse mais aussi à la hausse, et, comme tout augmente, alors il y en a qui ne peuvent pas suivre. Ce n’est pas que la femme gagne en considération, mais la femme devient un produit de luxe ou, dit autrement,  ce serait seulement quand on a tout payé qu’on peut se payer le luxe d’avoir une femme. Ce n’est pas non plus que la femme se fasse toujours payer pour service rendu mais qu’à défaut de piédestal elle réclame un certain standing, ce qui serait l’équivalent matériel d’où l’avait placée une société moins matérialiste : la femme serait moins divine, moins sacrée, mais non plus accessible au commun des mortels. La société laïque n’aurait fait que laïciser la femme que la société religieuse aurait divinisée. Ce n’est pas tant que Dieu soit mort que l’on puisse lamenter mais qu’il soit refuser à l’homme, et à la femme plus qu’à l’homme, tout ce qui peut l’élever au-dessus de sa condition charnelle, aussi que leur relation en soit affectée ou rabaissée au point qu’ils ne puissent songer en attendre plus qu’une friction, fût-elle jouissive, des corps. Et c’est le corps de la femme qui est sublimé à défaut de son esprit. La société matérialiste reste une société machiste. Chacun attend de l’autre ce que la société attend de chacun : c’est elle la société qui a au préalable définit les rôles entre les hommes et les femmes. Inutile de se marier : ce n’est plus sur l’autel de l’église qu’ils sont conviés à se rendre mais sur l’autel de la consommation. Et pour toute carte de fidélité ne leur sera réclamée que celle que les magasins proposent à leurs clients. Quant à la durée et la validité de leur relation elle est celle de tout produit de consommation dont la date de péremption ne figure pas toujours sur l’emballage ou comme cet électroménager dont le jeune ménage fera l’acquisition et qui n’est pas davantage fait pour durer étant de plus en plus vite obsolète. Le mot je t’aime lui-même est comme un argent sale parce que passant de mains en mains, trop souvent manipulé, on s’étonnerait qu’il garde encore sa valeur d’origine ou fraîcheur originelle, si ce n’était celle que la société lui a donné sans considération de l’usage qu’on en puisse faire. Y en a-t-il parmi nous qui croit y voir comme en filigrane l’image d’une divinité fût-elle la déesse de l’amour ? Elle serait en effet plus attachée à ce billet qu’à leur personne.

jeudi 15 juin 2023

Une théorie avec femmes

 

Comme il lui avait plu pour démontrer l’inanité de toutes ces théories sans femmes d’imaginer un instant que la femme aille au plus démuni de richesses comme de pouvoir, car seulement si cela avait été le cas toutes ces théories auraient pu être fondées, tandis que le contraire (que les femmes allaient aux plus riches et aux plus puissants) qui n’était plus à démontrer, qu’on se pouvait se limiter à constater, pouvait cependant rendre compte d’une société dont la femme serait au fondement, qui se passerait du contrat social mais peut-être pas du contrat de mariage. Il faudrait regarder pour cela non pas du côté du plus fort mais du côté du plus faible et considérer qu’on doit plus la société à ces derniers qu’aux premiers qui à tort s’en arrogeraient les droits comme d’en être à l’origine. C’est tout autant que les autres une théorie, mais au lieu d’être une théorie sans femmes ce serait une théorie avec femmes.

Il faut voir dans un premier temps la femme servant à tous ces hommes et, n’étant la propriété d’aucun, ayant à tous les souffrir en même temps, passant de l’un à l’autre sans qu’aucun ne la reconnaisse et prenne pour femme, comme quand il y avait la tribu où les enfants de la tribu connaissaient leur mère mais pas leur père. Comment ne peut-on pas imaginer que cette femme sans défense parce que sans protecteur particulier ne voulu pas un jour avoir un homme à elle qui l’ayant reconnu et pris pour femme ne la protégea et défendit comme son bien. A elle et à sa progéniture. Elle en fit son seigneur et maître. Comment aurait-il pu en être autrement ? En retour elle en exigea protection, mais pourquoi ne se serait-elle pas attendue aussi à quelques retombées de ses richesses et de son pouvoir, et si plus riche et plus puissant ne pouvait-il pas lui offrir aussi plus de protection ? On parle bien ici de la quête de la femme et non pas de l’homme, et l’on voit qu’il ne s’agit pas d’amour, ni physique, ni sentimental, qu’on prête trop aux femmes, quand ce serait encore ainsi que les hommes voudraient que les femmes soient : amoureuses de lui, l’homme. Auraient-elles seulement voulu que son étreinte ne leur soit pas mortelle mais au contraire protectrice, il n’en faut pas douter, qu’elles se seraient ainsi jeter dans ses bras, mais dans celui d’un seul à qui elles auraient dit : "tu es l’amour de ma vie". Il fallait que l’homme marcha à cela pour qu’il marcha côte à côte avec la femme et que les enfants pussent marcher derrière sous sa même et souveraine protection. Qu’aurait pu d’autre lui promettre la femme hormis cet amour qui est en son essence même, par nature et non pas par accident, feinte de la femme qui n’avait d’autres armes pour se soumettre la volonté de l’homme, une volonté bienfaisante à son égard comme à celle de sa progéniture. Remettre la femme au centre comme à l’origine de la société c’est aussi y remettre l’amour dont l’absence est notoire dans toutes les théories sans femmes, et cette théorie avec femmes ne pourrait pas se passer non plus d’une théorie sur l’amour. Ce que la femme compris c’est que la protection d’un seul homme valait mieux que celle de tous les hommes en cela que celui-ci l’aurait reconnu comme sienne. Maintenant il valait mieux que celui-ci soit le plus puissant et le plus riche des hommes, sa vie n’en serait que meilleure et plus assurée. Mais les hommes qui croient toujours mener le monde ignorent encore qu’ils ne tiennent pas tant aux richesses et au pouvoir que leurs femmes n’y tiennent, et que cela qu’ils tiennent pour les fondements de la société ils le doivent plus à leurs femmes qu’à eux-mêmes. Quant à si les femmes veulent travailler aujourd’hui c’est qu’elles ne sont pas toutes la femme d’un chef tribal ou président de la société et que le mollasson de mari qui leur incombe ne satisfait pas au mieux leur désir de jouissance de richesses et de pouvoir, ne faisant par là que mieux remarquer qu’il fût, pour le moins tout autant sinon plus, le leur que celui des hommes. Sans doute aussi le niveau de civilisation atteint laisse penser à la femme qu’elle peut maintenant se passer de l’homme, de sa protection, de là viendrait qu’elle ne soit plus aussi encline à feindre, autant dire à aimer, et montre qu’elle aussi, et, qui sait si elle plus que l’homme, peut « faire l’amour » sans amour. Sacré retournement de situation où le plus faible se montrerait non seulement être le plus fort mais qu’il l’a toujours été, été sans l’être, été par société interposée, par cette société dont l’homme se croit être à l’origine, comme être tout court, cette société serait la société de l’homme, et en effet nombre de ses lois lui seraient favorables, mais c’est toujours contre l’exercice de la force brute qu’elles luttent les lois, et cette force brute est bien la seule que l’on puisse encore reconnaître à l’homme, alors qu’elle est justement de plus en plus combattue par ces mêmes lois qui lui seraient (à l’entendre) de moins en moins favorables, quand c'est un état de nature sans lois qui lui profiterait le plus et non pas un état de société qui est un état de droits. On pourrait donc faire une histoire de la société (de la société et de ses lois) en faisant l’histoire de l’évolution de la femme (pourquoi pas de sa prise de pouvoir) qui viendrait confirmer cette théorie avec femmes dans l’unique but de contrebalancer toutes ces théories sans femmes. Histoire de rigoler un peu, bien sûr. Qui aurait pris toutes ces théories au sérieux ?