Voilà ce qui nous est montré des femmes. Et je crois qu'il leur serait montré à peu près tout et très peu suggéré. Ce serait néanmoins un compte rendu mais qui se voudrait exhaustif de ce qu'ils auraient vu sur terre et rapporteraient sur leur planète et aux leurs. Discours qu'ils chercheraient du moins à tempérer en ces termes.
Ils ajouteraient en effet qu'ils ne sauraient dire si cela étaient une demande des femmes ou une réponse des femmes à la demande des hommes et que si l'on voyait qu'elles s'offraient il ne faudrait pas trop s'empresser de dire qu'elles s'offraient à tous parce que tous ainsi les voyaient mais qu'elles s'offraient aux plus offrants.
Et que si l'on y voyait un appel au sexe ce soit le sexe qu'elles voulaient mais que les hommes comme ils aimaient les boissons fortes et toutes sortes d'excitants avaient besoin de cet autre excitant qu'était pour eux la femme dont la simple vue les mettait en état de consommer ce qui était d'abord de payer pour ce qu'ils auraient, dans le meilleur des cas, à consommer.
Que sans doute il y avait de l'esprit dans ces étranges créatures mais que c'était d'abord un appel au sexe et que cet esprit qui ne pouvait relever que du corps portait ce nom que l'on appelait la grâce mais dont peu de ces pauvres créatures pouvaient se prévaloir car il aurait fallu moins montrer ou avec plus d'esprit quand la vulgarité était le lot commun.
Ce qui plait au vulgaire est ce qui plait à tous et l'on voyait bien qu'elles cherchaient à plaire à tous parce qu'il n'y avait rien de singulier à découvrir ce qu'elles découvraient comme à cacher ce qu'elles cachaient et étaient à peu près rien sinon se refuser à l'état de nudité parce qu'on la dit primaire et qu'elles se disaient civilisées, ultime prétention et qui tient à l'esprit.
Et nos extra terrestres avaient pu constater chez ces étranges créatures que c'était non pas la chair (comme on le disait) qui était faible mais l'esprit car ce n'était pas la chair qui les faisait céder mais l'esprit, quand ce n'était pas non plus la chair qui était vulgaire mais l'esprit, quand souvent par la chair ou l'état du corps elles étaient plaisantes et par l'esprit ou l'état d'esprit décevantes.
Ils regrettaient cependant d'avoir à parler ainsi des femmes et que c'était injuste si l'on considérait qu'elles n'étaient que le fruit d'une civilisation qui était celle des hommes et qu'elles disaient à ce propos machistes tout en n'arrivant pas à proposer d'elles autre chose que ce qu'elles proposaient aux hommes.
De ce rapport qui était rapport des hommes aux femmes et des femmes aux hommes ils concluraient que si des premiers ont pouvait dire qu'ils étaient vicieux et c'était souvent ce que les femmes leur reprocheraient d'être vicieux, et c'est du corps des hommes qu'elles parlaient, quant à ces dernières on pourrait dire que si elles avaient de l'esprit il était vicié, mais sans doute était-ce encore là, à les en croire, le fait des hommes.
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