jeudi 15 juin 2023

Une théorie avec femmes

 

Comme il lui avait plu pour démontrer l’inanité de toutes ces théories sans femmes d’imaginer un instant que la femme aille au plus démuni de richesses comme de pouvoir, car seulement si cela avait été le cas toutes ces théories auraient pu être fondées, tandis que le contraire (que les femmes allaient aux plus riches et aux plus puissants) qui n’était plus à démontrer, qu’on se pouvait se limiter à constater, pouvait cependant rendre compte d’une société dont la femme serait au fondement, qui se passerait du contrat social mais peut-être pas du contrat de mariage. Il faudrait regarder pour cela non pas du côté du plus fort mais du côté du plus faible et considérer qu’on doit plus la société à ces derniers qu’aux premiers qui à tort s’en arrogeraient les droits comme d’en être à l’origine. C’est tout autant que les autres une théorie, mais au lieu d’être une théorie sans femmes ce serait une théorie avec femmes.

Il faut voir dans un premier temps la femme servant à tous ces hommes et, n’étant la propriété d’aucun, ayant à tous les souffrir en même temps, passant de l’un à l’autre sans qu’aucun ne la reconnaisse et prenne pour femme, comme quand il y avait la tribu où les enfants de la tribu connaissaient leur mère mais pas leur père. Comment ne peut-on pas imaginer que cette femme sans défense parce que sans protecteur particulier ne voulu pas un jour avoir un homme à elle qui l’ayant reconnu et pris pour femme ne la protégea et défendit comme son bien. A elle et à sa progéniture. Elle en fit son seigneur et maître. Comment aurait-il pu en être autrement ? En retour elle en exigea protection, mais pourquoi ne se serait-elle pas attendue aussi à quelques retombées de ses richesses et de son pouvoir, et si plus riche et plus puissant ne pouvait-il pas lui offrir aussi plus de protection ? On parle bien ici de la quête de la femme et non pas de l’homme, et l’on voit qu’il ne s’agit pas d’amour, ni physique, ni sentimental, qu’on prête trop aux femmes, quand ce serait encore ainsi que les hommes voudraient que les femmes soient : amoureuses de lui, l’homme. Auraient-elles seulement voulu que son étreinte ne leur soit pas mortelle mais au contraire protectrice, il n’en faut pas douter, qu’elles se seraient ainsi jeter dans ses bras, mais dans celui d’un seul à qui elles auraient dit : "tu es l’amour de ma vie". Il fallait que l’homme marcha à cela pour qu’il marcha côte à côte avec la femme et que les enfants pussent marcher derrière sous sa même et souveraine protection. Qu’aurait pu d’autre lui promettre la femme hormis cet amour qui est en son essence même, par nature et non pas par accident, feinte de la femme qui n’avait d’autres armes pour se soumettre la volonté de l’homme, une volonté bienfaisante à son égard comme à celle de sa progéniture. Remettre la femme au centre comme à l’origine de la société c’est aussi y remettre l’amour dont l’absence est notoire dans toutes les théories sans femmes, et cette théorie avec femmes ne pourrait pas se passer non plus d’une théorie sur l’amour. Ce que la femme compris c’est que la protection d’un seul homme valait mieux que celle de tous les hommes en cela que celui-ci l’aurait reconnu comme sienne. Maintenant il valait mieux que celui-ci soit le plus puissant et le plus riche des hommes, sa vie n’en serait que meilleure et plus assurée. Mais les hommes qui croient toujours mener le monde ignorent encore qu’ils ne tiennent pas tant aux richesses et au pouvoir que leurs femmes n’y tiennent, et que cela qu’ils tiennent pour les fondements de la société ils le doivent plus à leurs femmes qu’à eux-mêmes. Quant à si les femmes veulent travailler aujourd’hui c’est qu’elles ne sont pas toutes la femme d’un chef tribal ou président de la société et que le mollasson de mari qui leur incombe ne satisfait pas au mieux leur désir de jouissance de richesses et de pouvoir, ne faisant par là que mieux remarquer qu’il fût, pour le moins tout autant sinon plus, le leur que celui des hommes. Sans doute aussi le niveau de civilisation atteint laisse penser à la femme qu’elle peut maintenant se passer de l’homme, de sa protection, de là viendrait qu’elle ne soit plus aussi encline à feindre, autant dire à aimer, et montre qu’elle aussi, et, qui sait si elle plus que l’homme, peut « faire l’amour » sans amour. Sacré retournement de situation où le plus faible se montrerait non seulement être le plus fort mais qu’il l’a toujours été, été sans l’être, été par société interposée, par cette société dont l’homme se croit être à l’origine, comme être tout court, cette société serait la société de l’homme, et en effet nombre de ses lois lui seraient favorables, mais c’est toujours contre l’exercice de la force brute qu’elles luttent les lois, et cette force brute est bien la seule que l’on puisse encore reconnaître à l’homme, alors qu’elle est justement de plus en plus combattue par ces mêmes lois qui lui seraient (à l’entendre) de moins en moins favorables, quand c'est un état de nature sans lois qui lui profiterait le plus et non pas un état de société qui est un état de droits. On pourrait donc faire une histoire de la société (de la société et de ses lois) en faisant l’histoire de l’évolution de la femme (pourquoi pas de sa prise de pouvoir) qui viendrait confirmer cette théorie avec femmes dans l’unique but de contrebalancer toutes ces théories sans femmes. Histoire de rigoler un peu, bien sûr. Qui aurait pris toutes ces théories au sérieux ?

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