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vendredi 31 juillet 2026

L'éducation


L'éducation est prévenance. En disant cela je ne pense pas à l'éducation mais à ceux qui vis à vis de moi aurait fait preuve d'éducation et à pourquoi je devrais leur en être gré, ce à quoi mon cœur ne participe pas mais c'est aussi parce que le leur n'y a pas pris part. Il me vient alors cette pensée de Pascal: "Il n'est pas nécessaire parce que vous êtes duc que je vous estime, mais il est nécessaire que je vous salue".

On pourrait en effet dire que Pascal fait ainsi preuve d'éducation ou de prévenance et l'on comprend mieux si je dis maintenant que le manque d'éducation serait un manque de prévenance. C'est que chacun est duc ou seigneur chez lui et que c'est toujours là qu'on vient le chercher quand on s'adresse à lui et que si on le fait avec le respect qu'on lui doit on le fait avec éducation, on est prévenant.

Et ce que l'on prévient c'est la dispute, ce à quoi le plus souvent sont conduit les gens sans éducation que ceux qui en auraient. Ceci explique pourquoi on ne peut que leur en être gré mais permet de bien comprendre que le sentiment ne passe pas par là ou que c'est plutôt l'absence de sentiment qui passe par là. Aussi je m'explique alors mieux pourquoi cette preuve d'éducation m'a toujours laissé un goût de trop peu.

Si c'est faire preuve d'intelligence, comme l'on parle de vivre les uns avec les autres en bonne intelligence, ce n'est pas faire preuve d'amour que faire preuve d'éducation. Et plus que de m'en prendre au manque d'éducation je m'en prendrais au manque d'amour. Et tout bien considéré il ne faudrait pas que ce qui prévient la dispute prévienne l'amour, que ce qui prévient le désaccord empêche cet accord mutuelle des corps et des âmes.

On voit bien que c'est un artifice social et en tant que tel peut se porter garant de la société, de faire bonne société, mais pas de l'homme, mais ne touche pas au cœur de la vie de l'homme, et c'est en homme exsangue que je me représente l'homme de bonne éducation tandis que c'est en homme un peu trop sanguin que je m'imagine l'être sans éducation. Sans doute alors en faut-il un peu d'éducation mais point trop.

jeudi 23 juillet 2026

Le sens du sacrifice


Les hommes qui sont malheureux à l'heure de mourir sont ceux qui ignoreraient que leur vie n'a été qu'un long et heureux et douloureux sacrifice et que l'heure dernière est l'heure dernière du sacrifice. En quoi s'ils sont tout donné perdre la vie n'est rien perdre. Difficile cependant à se faire à cette idée qui est contraire à celle selon laquelle on vit et est contraire à tout sacrifice.

Mais il n'y a pas a être volontaire, personne n'est volontaire à la mort et tout le monde meurt; il en va de même pour le sacrifice qui n'est que bien considérer la vie et à quoi elle nous entraîne avec ou sans notre consentement. Y consentir est seulement bien vivre. Ne dit t-on pas de celui qui dépense qu'il mène la bonne vie, eh bien dépensons la notre vie.

Alors que nous pensons qu'au travail nous la gagnons nous ne faisons encore que la dépenser, eh bien dépensons la au travail. Et si nous ne voulons pas travailler nous la dépenserons toujours quoique autrement, et ce pourrait bien être à ne rien faire si ce n'était ce qui nous est le plus difficile pour cette impression que nous aurions de ne pas vivre.

Et c'est en effet que le sacrifice est inhérent à notre nature comme à la vie: que nous avons besoin de nous dépenser, ce qui est de la dépenser. En outre, et c'est le petit plus humain, nous ressentons le besoin de ne pas la dépenser inutilement mais d'estimer c'est-à-dire de valoriser notre dépense; aussi jusqu'à présent nous avons valorisé le travail à ce point qu'il n'y aurait que le travail de valorisant.

On sait maintenant que l'on a dévalorisé le travail comme que tout travail n'est pas valorisant cependant que l'on veut toujours que notre vie soit dépensée de façon valorisante pour nous, pour chacun d'entre nous, dit en termes familiers: "on ne veut pas se sacrifier pour rien". C'est encore dire combien le sens du sacrifice est le sens de notre vie.

L'idée de sacrifice (bis)


A quoi choisissons nous de dépenser notre vie? Il est peut-être dommage que nous ayons appris à penser autrement: à quoi allons nous gagner notre vie? J'avais d'abord choisi de pratiquer le sport et comme on le sait le sport est d'abord une dépense et je me suis dépensé d'abord gratuitement et beaucoup dépensé et peu gagné ensuite avec ou dans le sport.

Ai-je pour autant échoué dans ma vie. Oui, si l'on considère que le but c'est gagner sa vie. Non, si l'on considère que l'on ne fait que dépenser sa vie dans une activité ou une autre, que la vie c'est se dépenser et non gagner, que l'on ne gagne pas sa vie mais qu'on la perd. De là l'idée mal comprise de sacrifice: quelque soit l'autel qu'on choisit, sur cet autel notre vie sera sacrifiée.

Or ce qu'on ne veut surtout pas c'est avoir à se sacrifier mais à vivre ce qui confirme bien que pour nous la vie c'est gagner et non dépenser quand la vie n'est que dépense, pour autant dire que sacrifice, et comme nous choisissons de vivre nous choisissons de mourir. Il n'y a pas que Molière qui meurt sur scène, nous mourons tous sur la scène de notre activité qui est dépense de soi.

Parce que c'est acteur et non spectateur de notre propre vie que nous voulons être, la mener jusqu'au bout que nous entendons faire, et c'est la mener au sacrifice de notre personne qui en se dépensant à une activité ou à une autre la dépense car nous n'existons qu'au vu de ce que nous faisons et qui nous détermine comme cela détermine notre vie.

Si de vouloir la gagner est ce qui nous perd en tant qu'être voué au sacrifice c'est que nous sommes dévoyés de nous comme d'elle, ou encore de notre sacrifice, ou encore de notre dépense qui est sacrifice. Par contre d'avoir bien saisi la grandeur de ce sacrifice c'est avoir bien senti la grandeur de notre vie qui est de se donner. 

Nous sommes fait pour donner notre vie plus que pour prendre la vie des autres quand souvent gagner sa vie est prendre la vie des autres tandis que dépenser sa vie est la donner mais pas n'importe comment sinon comme nous avons choisi de la donner, sans compter qu'au bout du compte nous serions moins déçu si au lieu de nous demander comment l'on va gagner sa vie on se demanderait comment on va la dépenser, parce qu'au total nous l'aurons dépensée.

mercredi 22 juillet 2026

Un monde ouvert


Je pense à cet homme qui a perdu son travail comme à cet homme qui a perdu sa femme car je crois les avoir bien connu tous les deux. Et s'il n'avait pas bien aimé son travail, et s'il n'avait pas bien aimé sa femme, à ce point qu'il ait divorcé et de l'un et de l'autre, il s'étonnera cependant du grand vide que l'un et l'autre ont pu laisser dans sa vie.

L'homme d'aujourd'hui et bien qu'il s'en croit différent doit apprendre à donner un sens à sa vie que ni le travail ni la femme ne peuvent lui donner, car il n 'aura plus de travail à vie non plus que de femme à vie. La société n'offrant plus ni pour l'un ni pour l'autre aucune garantie. Comment remplir sa vie autrement quand côté travail et côté femme elle se vide sinon en cherchant en nous ce que nous aurions cherché en dehors de nous.

Une force de l'intérieur plus qu'une force puisée à l'extérieur, empruntée à nous même plutôt qu'aux autres; c'est que je vois mon homme de plus en plus délaissé des hommes et que ce n'est pas repli mais plus grande ouverture qu'il doit chercher, car ce que l'on a appelé jusqu'à présent son bonheur n'était que fermeture sur un travail et sur une femme.

Rien n'empêche au contraire l'homme de s'ouvrir à un bonheur plus généreux parce que plus ouvert mais pour le mieux comprendre il faut comprendre ce passage par le vide qu'à connu cet homme qui a perdu son travail comme de cet homme qui a perdu sa femme. Ce vide est cependant la plus grande ouverture qui soit aussi que liberté et l'homme apprend ainsi qu'il n'aime pas plus la liberté que le vide.

Mais c'est qu'il n'y est pas préparé. Il fut un temps où l'on devait se préparer à la mort, c'était dans notre philosophie aussi que dans notre religion. Mais nous sommes homme sans philosophie et sans religion. C'est aussi qu'il nous en faudrait une autre qui nous prépare non pas à la mort mais à une vie sans travail et sans femme qui risque d'être le lot commun de beaucoup d'hommes.

Et ce serait non pas ne pas trop compter sur la vie mais apprendre à ne pas trop compter sur le travail et sur la femme pour remplir notre vie, deux biens, si l'on peut encore les considérer comme des biens, aléatoires et, comme auraient dit les stoïciens, indépendants de notre volonté, ce qui est contraire à ce que nous avons toujours penser.

L'homme est de plus en plus renvoyé à lui-même mais c'est un bon départ que de partir de soi même, ce qui n'est pas non plus y rester, mais chercher (l'ouverture), et trouverons nous une ouverture aux autres qui ne soit pas fermeture sur un travail et sur une femme. L'homme ne peut être qu'un homme de plus en plus ouvert quand il est amené à vivre dans un monde de plus en plus ouvert. Pour un monde ouvert il faut un homme ouvert.

samedi 18 juillet 2026

L'individu et la société


Il nous faudrait réviser nos jugements comme je révise les miens. La coutume était plus forte que la loi quand la loi n'existait pas et les hommes y étaient plus tenus qu'ils ne le sont par la loi. Ce n'était déjà plus le cas quand j'arrivais en Nouvelle Calédonie où il y avait encore la coutume mais déjà la loi et déjà l'on ne respectait plus la coutume sans pour autant respecter la loi sinon la craindre.

J'entends que la société de la coutume n'est pas la société de la loi, qu'il y a moins société là où il y a plus loi que coutume. Et c'est la naissance de l'individu que je salue et avec lui saluez le progrès de l'humanité qui ne vient pas de la société comme on le croit trop. Enferré comme il l'était dans la coutume et la vie tribale et on voit combien les sociétés dites premières en sont restés à des modes d'existences aussi primaires.

Il est, je sais, de bon ton de les louer et d'y porter un regard nostalgique comme de porter une critique féroce à un individualisme forcené qui serait le propre des civilisations avancées quand c'est de l'homme et non de la société que vient l'invention, la nouveauté, autant dire le progrès et autant qu'il est libre des entraves d'une société qui ne vise qu'à se conserver en l'état où elle se trouve et restera longtemps sans quoi.

Sans cet avènement de l'homme qui est celle de l'individu si décrié dans les sociétés civilisés. Certes l'on ne mourra pas comme mourrait toute la tribu mais c'est que l'on ne vit pas comme vivait toute la tribu. Et c'est que l'on ne fait plus un. Et Ortega y Gasset qui parlait de la masse pensait aussi à une élite qui n'était pas une classe sociale mais un individu qui n'était pas l'individu masse.

Cet individu qui n'est pas l'individu masse c'est à lui que doit la société civilisée ses avancées, quand l'individu masse est celui qui retourne à la tribu ou ne l'a jamais quitté, qui en se faisant tatouer croit se différencier de la société mais ne fait en cela qu'être plus société comme la société primitive était plus société que la société civilisée ou l'individu a droit d'existence.

jeudi 16 juillet 2026

Le gouvernement des hommes


Ni ma naissance ni mes parents ne m'ont donnés un parti comme je pense que beaucoup l'ont déjà qui n'ont aucune difficulté a choisir entre la gauche et la droite. Aussi je dis que je voterais pour un homme plus que pour un parti et je crois que c'est ce que j'ai fait avant de ne plus voter, qu'on en conclue par là ce que je veux qu'on en conclue.

Souvent aussi je me suis demandé si j'assistais plus à un débat de personne qu'à un débat d'idées et j'ai souvenir de cette conversation surprenante dans la voiture qui nous amenait l'équipe de National 4 d'échecs sur les lieux de la rencontre et c'était en pleine période électorale, d'avoir entendu quelques uns dirent qu'il n'y avait pas de différences dans les programmes proposés par la gauche comme par la droite.

Malgré tout il me semblait qu'ils n'auraient aucun doute à l'heure de voter, je dis doute mais je pourrais dire scrupules car qui fait preuve de démagogie ne fait pas preuve de convictions et quelqu'un qui ne fait pas preuve de convictions n'est rien d'autre qu'un opportuniste ou un affairiste. L'idéaliste serait-il celui qui pense que d'un côté il y a les affaires et de l'autre la politique?

J'entends encore ma grand-mère s'indigner quand la justice s'en prit à Balkany maire de Levallois parce que c'était, à l'entendre parler, tout l'échafaudage politique qui était menacé de tomber, or il faut avouer que les politiques ne font plus depuis autorité ou s'ils eurent jamais une aura comme on a une couronne sur la tête il n'y a plus beaucoup de têtes couronnées qui nous gouvernent mais des têtes dont la couronne a chue.

Cela crée une ambiance délétère qui met la vie, la santé en danger, donne comme définition de délétère le Robert (dictionnaire), et il n'est pas loin de donner aussi la réalité sociale et politique d'un pays qui a perdu foi en ses représentants. Qu'il n'y ait plus de croyances on pourrait s'en féliciter si ce n'était le retour à des temps plus indécis pour ne pas dire troublés ou sujet à des troubles.

Mais l'indécision qui est la mienne je ne la voudrais à personne car c'est mal voir quand seul bien voir ne nous fait pas hésiter à marcher et où que nous allions allons d'un pied ferme et décidé, ce qui je dois l'avouer n'a jamais été le mien de pied ni de marche. C'est que je ne suis pas homme à vivre sans croyances en quoi je suis encore homme de mon temps qui ne pouvant pas ne pas croire néanmoins n'arrive plus à croire en rien.

Cet homme salue cependant des temps nouveaux ou toute croyance sera abolie, aussi ni couronne (d'argent, d'or ou d'épines) ni aura ne seront plus exigés et tout cela n'étant qu'apparat et n'ayant plus tout cet apparat à leur disposition le gouvernement cessera d'être celui des dieux ou des demi dieux ou des rois sur la plèbe pour être celui des hommes sur les hommes qui accepterons alors que rien de plus qu'eux les gouverne.

lundi 13 juillet 2026

La grandeur de l'homme


J'ai a l'esprit depuis que je l'ai lu ce que j'ai appris de Spartacus et c'est qu'approchant de Rome la grandeur de Rome l'aurait arrêté (malgré tout le mal que les Romains lui auraient fait) et je crois que tout homme devrait y penser à chaque fois qu'il approche d'un autre homme pour le tuer ou lui faire du mal: il devrait penser à la grandeur de l'homme pour autant qu'il se montre méprisable.

Et c'est ainsi je crois que cela se passe qu'un homme ne peut pas en tuer un autre s'il ne le trouve d'abord méprisable. Mais par ailleurs qui a approcher l'homme sait pour l'avoir approché que tout en lui n'est jamais méprisable, ce qui complique tout. En vérité il faut avoir le nez fin parce que c'est dans d'infimes variations qu'il peut se révéler à nous.

Et ce n'est pas tant ce qu'il en est de sa nature pareille à la nôtre mais justement la variation qui peut être la sienne et non la nôtre et c'est cela qui surprend parce que se sentant de même nature on ne connait pas les mêmes variations, on pourrait dire encore inclinations et cela se comprendraient mieux si l'on ne donnait aux inclinations un caractère naturel dans le sens de tenant à la nature de chacun.

Quand il n'y aurait pas de différences dans la nature de chacun sinon dans ces variations qu'une nature pourrait prendre et l'autre pas. C'est ainsi pour le moins que je le sens à chaque fois que j'approche une nature non pas différente de la mienne mais semblable et qui diffère ensuite comme je ne peux différer, sans doute je diffère autrement.

Ce ne serait donc pas une question de donnée statique (le caractère) mais de dynamique de chacun et c'est pourquoi souvent ces variations se révèlent dans l'action tandis qu'elles se dissimulent dans l'être étant et non agissant; et je pense à ces êtres que j'ai vu mal agir et que rien ne me préparait à voir mal agir, j'entends eux-mêmes, et je dis qu'ils dissimulaient mais je ne crois pas qu'ils dissimulaient.

Je n'étais seulement pas sensible à leurs variations, mais comment l'aurais-je été avant qu'ils ne varient, c'est-à-dire qu'ils agissent. Et pourtant je les ai bien connus: c'étaient des amis, des parents mêmes, et je les mépriserais totalement si je ne les avais si bien connus et approchés, aussi je pense à la grandeur de l'homme pour autant qu'il se montre méprisable, me gardant ainsi de les tuer comme Spartacus d'entrer dans Rome.

dimanche 12 juillet 2026

Nos idoles


Si nous nous regardions de bien au-dessus de nous combien misérables pourrions nous apparaitre à nos propres yeux de sorte que le suicide resterait la solution la plus enviable pour mettre fin à ce triste sort aussi qu'à cet enfermement en ce soi-même dont nous ne pouvons sortir autrement qu'en nous prenant de haut ce que nous n'acceptons de personne d'autre.

Aussi les plus lucides d'entre nous seraient les plus malheureux d'entre nous et si je considère la famille des humains et ses piètres manigances je me sens envahi par une immense tristesse car je sais plus intelligent que moi mais pas meilleur que moi et que cette intelligence même n'est que petitesses et bassesses dans son exercice parce que jamais je ne lui ai vu et connu de louables desseins.

Pourtant mon parti pris reste celui de l'homme parce que la société qui a voulu l'élever au-dessus de sa condition n'a fait que l'abaisser au-dessous de sa condition, que l'avilir, que l'aliéner, que de faire de la famille un panier de crabes que l'on compare trop à la nation si ce n'est que la nation et ses représentants le sont d'abord d'une famille plus étroite dont ils auraient gardés l'étroitesse d'esprit au lieu de s'ouvrir au monde.

Et ce regard de bien au-dessus d'eux ne peut être que celui d'un dieu et c'est en cela qu'il manquera toujours un dieu aux hommes pour que leur grandeur qui n'est que petitesse ne les perdent pas, qui est qu'ils ne se perdent pas eux-mêmes en se voyant plus grands qu'ils ne sont et c'est en le plaçant bien au-dessus d'eux ce dieu qui n'a pas d'autre existence sinon de leur en communiquer une plus louable que la leur.

On pourrait voir là plus que la crédulité la sagesse des Anciens d'avoir placé des dieux bien au-dessus d'eux plutôt que de prendre leur place qui est de faire des idoles car c'est l'idolâtrie que les religions ont combattu. Il y aurait alors un recul dans cette avancée de la civilisation qui ne place plus de dieux bien au-dessus d'elle mais aussi plus l'homme au centre du monde.

Mais alors il ne s'agit plus du monde des hommes s'ils n'y sont rien et ne peuvent rien en attendre n'y être motivés a être plus grands par ce qu'ils devinent de plus grand qu'eux et a être plus humbles aussi par ce qu'ils devinent de plus grand qu'eux. C'est encore un sentiment que nous donneraient les montagnes et l'immensité du ciel si nous ne regardions plutôt et fixement nos petits écrans d'où surgissent comme d'ultimes reliques d'un temps que nous ne comprenons plus (parce qu'il ne nous comprend plus) nos idoles.

samedi 11 juillet 2026

Le parti pris des vieux


Parce que la société a pris le parti des jeunes en lequel elle veut voir son propre avenir, ce qui est ne pas mourir, et parce que c'est le plus facile et qu'y ajouter n'y ajouterait rien je vais prendre le parti des vieux et dire que chez les vieux on doit déjà vénérer qu'ils soient vieux et c'est en quoi l'on parle d'un âge vénérable qui en aucun cas puisse être celui de ceux qui viennent de naître.

Mes amis Kanak de Nouvelle Calédonie vénéraient les Anciens et je crois me souvenir qu'ils me parlaient avec des trémolos dans la voix des vieux de la tribu qui souvent ne devaient cette vénération qu'à leur âge avancé. Si l'on voit comparativement ce qu'il en est de nos vieux abandonnés à eux mêmes ou dans des maisons de retraite on comprend combien l'avancée de notre civilisation ne semble pas être celle de l'homme.

Les vieux cons chantait Brassens et il semble qu'ils ne soient pas considérés autrement et leur dite expérience ne serait que la somme des erreurs qu'ils auraient commissent et ne profiterait à personne. Un de mes amis plus très jeune me disait cependant que la connaissance de l'Histoire avec un grand H servirait à minima à ce qu'on ne la répète pas, aussi pourrait-on en dire de l'histoire avec un petit h, celle de chacun de nos vieux.

Qui est allé au collège (et qui n'est pas allé au collège?) sait que s'il a aimé tel enseignant il a aimé aussi la matière que tel enseignant enseignait et vis versa. Les Anciens parlaient de passeurs, et si tout le monde n'a pas les mêmes passeurs je ne pourrais jamais dire que mon ordinateur ou l'intelligence artificielle ait été pour moi un passeur. On oublierait cependant que le savoir humain passe par l'humain.

L'homme a besoin de l'homme et la société qui n'en a pas besoin ou le prétend se déshumanise. Ainsi en est-il de la société qui pense pouvoir se passer de ses vieux. S'il y avait une jeunesse qui se sentait inutile il y aurait aujourd'hui une vieillesse qui se sentirait de plus en plus inutile ou, ce qui revient au même, de moins en moins écouté, et c'est un fait de société, et c'est la société qui écoute de moins en moins l'homme.

CITATION

Je lis dans Meditaciones del Quijote d'Ortega y Gasset: "el progreso intelectual de nuestro espiritu marcha a brincos y no en linea continua y que sus crecimientos momentaneos se originan en empujones emocionales" En deux mots pour apprendre il faut passer par l'émotion et l'admiration, sentiments que seul l'humain peut procurer à un autre humain.

vendredi 10 juillet 2026

La femme et la société


Vais-je passer d'un romantisme désuet à une philosophie ouverte et conciliante sur la femme parce que ce matin à dix heures sur France Culture j'ai apprécié tout ce que j'ai pu apprendre sur Simone de Beauvoir et Le deuxième sexe quand pour la plupart, à de rares exceptions prêt, je ne trouve les femmes ni ouvertes tout du moins avec moi, ni conciliantes tout du moins avec moi.

C'est une réalité que l'intervenante agréable et bienveillante s'étonnant du peu de portée qu'aurait tout discours philosophique ou mouvement comme MeToo semblait ignorer: c'est que chacun ne voit d'abord le monde que du bout de sa lorgnette et que du bout de la mienne il n'y a pas beaucoup de femmes; aussi mes amis qui ont eu des sœurs en ont davantage et meilleure connaissance.

Il est peu probable que les livres ou les mouvements sociaux puissent suppléer à ce manque basique: rien ne peut remplacer la femme. Ni tout ce qu'on en dit, ni tout ce qu'on en pense. Et c'est la femme en chair et en os qui a fait le plus cruellement défaut à ma vie et si encore cela s'arrêtait à ma vie mais aussi à celle de beaucoup d'hommes.

Et l'on n'est jamais mieux réglé que les uns par les autres. Le manque de contacts c'est autant de manque de réglages. L'homme inadapté à la femme comme la femme inadapté à l'homme c'est l'homme sans femme comme c'est la femme sans homme. On parle de la relation qui serait mauvaise mais l'absence de relation n'est-il pas plus mauvais encore?

Et cette femme romantisée ou idéalisée comme cette femme mythifiée (la maman ou la pute) n'a t'elle jamais pu existée qu'à la place de la femme en chair et en os parce qu'elle manquait à l'appel, c'est-à-dire à ceux et par ceux à qui elle faisait défaut. La femme m'a plus souvent accompagné en pensée qu'autrement et je me souviens d'un ami qui me disait qu'on parle toujours trop d'amour pour le peu qu'on le fait et que ça dure.

Je ne pouvais être alors que ce machiste qui déclare que la femme qui rejette le jeu de rôle que la société lui impose n'est encore que trop conformiste car c'est la société tout entière qu'elle devrait rejeter autrement et si elle n'y était pas si attachée ou soumise comme elle le serait à l'homme; en prenant homme elle prend société et qui ne serait pas reconnu par la société ne serait pas non plus reconnu par la femme.

jeudi 9 juillet 2026

Les morts et les vivants


Je voudrais partir du moi vivant et de ce qu'en disait le grand philosophe espagnol Ortega y Gasset: "Je suis moi et ma circonstance, et si je ne la sauve pas, je ne me sauve pas moi-même." non pour épiloguer sur ce qui me semble ne pas nécessiter plus amples commentaires sinon de la part du spécialiste que je ne suis pas.

Et c'est parce que bien que faisant encore partie de ce monde je puis de plus en plus dire: je suis moi et mes morts, chose vous comprenez que je ne pouvais pas dire enfant. Cela me change quoique pas comme la mort nous change et je suis habité pas comme on habite la terre quand nos morts ne nous habitent pas encore.

Encore enfant je ne pensais pas ainsi des autres humains qui sont pourtant habités comme je le suis: je ne pensais pas qu'ils étaient eux et leurs morts, je ne considérais qu'eux vivants. Et c'est pourquoi enterrer ses morts serait comme s'enterrer vivants aussi bien qu'ils vivent en nous, en nous comme nous vivons après eux qui ne sont plus qu'en nous.

Un de mes amis en pensant à eux disaient qu'ils ne seraient vraiment morts que quand ils cesseraient de vivre en nous, que quand nous cesserions de penser à eux, mais c'est comme si nous cesserions de penser tout court, c'est-à-dire nous mêmes de vivre. Et si les enterrements peuvent nous rendre si triste c'est de l'impression qu'ils nous laissent d'enterrer une partie de notre propre vie.

Un autre de mes amis très cher me disait encore hier qu'il n'entendait pas ce que je disais en parlant de l'homme, que lui parlerait plutôt des hommes et si je ne renonce pas à mon homme singulier pour un homme pluriel (parce que l'homme pluriel n'existe pas) j'admets que si cet homme n'est plus un enfant il n'est plus jamais seul parce qu'habité par d'autres hommes fussent-ils bien morts.

Se jeter à l'eau


Se jeter dans l'action comme on se jette à l'eau mais si je n'ai pas d'autre vie à sauver que la mienne je prends encore le temps de mouiller mes tempes et derrière la nuque et de m'immerger lentement; j'ai comme on dit tout mon temps et ma vie pour moi. Mais la société fait comme si on avait tous les jours à la sauver de la noyade, pour elle il nous faut nous jeter à l'eau sans prendre le temps même de respirer.

Encore moins de penser. Sans quoi on ne se jetterait plus à l'eau. C'est du moins ce qu'elle pense quand on ne le ferait peut-être pas pour elle mais pour un autre homme comme nous. C'est qu'elle a pris la place de cet homme. De sorte que nous laissions mourir cet homme et la sauvons à elle. Quand ce n'est pas que nous le tuerions et c'est en temps de guerre et c'est sans plus de réflexion.

Choisir est une option que nous n'avons pas, que nous n'avons peut-être jamais eue, quand souvent nous croyons que nous nous jetons à l'eau de notre propre chef c'est la société qui nous y jette. Je dirais même qu'elle nous y pousse à l'image de celui qui à la piscine et par traitrise vous poussera dans le dos pour que vous y tombiez. Il peut n'être pas seul ou plutôt il n'est jamais seul: c'est la société.

La société est tous ceux qui vous poussent à vous jeter à l'eau sans réfléchir, sachant que vous ne le feriez pas de vous même mais qu'en vous y poussant un peu ou beaucoup, de façon discrète mais quand il le faut de façon manifeste, alors elle vous en attribuera le fait ne serait-ce que par sa reconnaissance qui est ce que vous cherchez quand ce n'est pas la gloire et les honneurs.

Aussi ce comportement est tellement inscrit en nous et ce n'est pas seulement en notre corps (que nous brutalisons également) mais en notre esprit que nous nous jetons à l'eau sans qu'il ne nous le soit demandé ou avant même que cela ne nous soit demandé. Cependant quand il s'agit d'un homme et non plus de la société il en va autrement: nous mouillons nos tempes et derrière la nuque et nous immergeant lentement pensons alors: ce n'est qu'un homme qui se noie.

CITATION

"A l'homme donc, rien de plus utile que l'homme" Spinoza

mardi 7 juillet 2026

Les bernard l'hermite


Ma plus grosse déception enfant fut de trouver un bernard l'hermite dans la coquille d'un autre coquillage et après l'avoir vu à de nombreuses reprises j'en vins à la conclusion que c'était dans l'habitude du bernard l'hermite que d'occuper des coquilles vides. Je ne me suis pas demandé s'il attendait pour le faire qu'elle le soit, il me suffisait de penser que ce n'était pas sa coquille pour ne pas l'aimer.

C'est maintenant adulte que je pense que mon dégoût pour la société procède du même ordre. Elle serait cette coquille vide occupée par des bernard l'hermite. Coquille vide parce que désertée par la vie, et à qui les bernard l'hermite donneraient un semblant de vie, non authentique mais profitable aux seuls bernard l'hermite qui se voudraient puissants quand ils ne feraient qu'y protéger leur ventre mou.

Et c'est en quoi l'on peut voir dans la mollesse d'une société la preuve qu'elle n'est plus occupée que par des bernard l'hermite car tout ce qu'ils proposent leur vient du ventre, cette organe moue qu'ils protègent dans la coquille société ce qui explique aussi en quoi ils s'en font les ardents défenseurs et conservateurs parce qu'elle les conservent vivants.

Que les autres s'étonnent -- et leur étonnement montrent leur authenticité, de ne pas faire société, de ne plus trouver leur société -- n'a a mes yeux qui ont fait cette première expérience dans la nature, rien d'étonnant puisqu'ils ont été floués de leur habitat naturel aujourd'hui occupé par des bernard l'hermite 

En vérité il leur faudrait une autre coquille qui ne soit pas celle des bernard l'hermite qui prétendent qu'ils n'y a pas d'autre coquille que la leur ; une autre qui abrite la vie et non celle qui abrite des bernard l'hermite et que la vie avait déjà me semble t-il désertée et à laquelle les bernard l'hermite ne peuvent que donner un semblant de vie.

lundi 6 juillet 2026

Les doux


Nous portons tous des coups et nous recevons tous des coups. Nous serions donc tous violents. Et qui plus est notre société qui nous apprendrait essentiellement à porter des coups serait une société violente. Il se trouve cependant qu'entre nous il y aurait des doux qui auraient développé une science: la science des doux.

Je n'en ai comme la plupart d'entre nous que très peu connaissance mais il me semble à certaines choses ou signes que je vois et malgré que l'on ne l'a montre que très peu qu'elle existe aussi qu'ils existent bien qu'ils soient peu nombreux. Ainsi sans doute motivé par un besoin irrépressible de violence je regarde des combats de boxe où j' observe néanmoins que certains savent amortir les coups.

Ce sont les frappes qui intéressent et sont commentées et les bons coups signalés, ovationnés; quand la manière de certains d'accompagner les coups passe inaperçue. Souvent je passe aussi de l'art du pugilat à l'art des échecs et y fait une constatation similaire: c'est l'attaque qui prime. Un youtubeur colombien en fait sa devise: "siempre atacar" (toujours attaquer)

Il n'empêche que là aussi certains usent d'une technique ou d'une science qu'à aucun cours d'échecs à ma connaissance n'est dispensée: ils savent minimiser les pertes quand souvent ceux qui se prennent une combinaison ou piège tactique se sentant perdus risquent le tout pour le tout et alourdissent ainsi leurs pertes ces derniers s'en sortent plutôt bien parce que acceptant de perdre ils ne perdent pas tout.

Je dis que se sont des doux (parce que tout le monde portent des coups et en reçoit et que ce n'est pas cela qui nous distingue et pas la façon de les porter qui est toujours violente mais la façon de les recevoir qui seule peut-être douce) et que leur science trop peu connue et trop peu apprise est celle des doux.

J'ai dit aussi qu'elle n'était pas celle de la société que j'appellerait à cet effet la société du réveil parce que n'y a t-il pas plus brutal que d'être réveiller par la sonnerie du réveil mais comment faire autrement quand il faut aller travailler qui est porter des coups et en recevoir et cette société du réveil est la société du travail.

Cependant il me souvient que certains, très peu, m'ont dit qu'ils mettaient leur réveil à sonner longtemps avant l'heure du départ au travail et qu'ainsi réveillés par cette sonnerie toujours trop brutale ils prenaient le temps d'en amortir le coup en ne se levant pas immédiatement. Aussi j'évite de me lever dès mon réveil et traîne comme eux au lit. Qui me traite de paresseux? La société qui n'est pas la société des doux.

samedi 4 juillet 2026

Des intégristes de l'homme


C'est un leurre de penser que la société protège l'homme. La société protège la société. Aussi la société pense que l'homme s'en prend à elle avec toutes ces petites incivilités quand il s'en prend à l'homme. Parce qu'il n'y a que l'homme qui soit vulnérable. Parce que la société a trop habitué l'homme a déprécier l'homme.

Non l'homme ne crache pas sur la société a chaque fois qu'il crache sur un homme sinon cela en serait fini de toutes ces petites incivilités. Il craint trop la société mais de moins en moins l'homme qu'il sent être de moins en moins protégé par la société, de moins en moins être son protégé tant on dirait que la société c'est éloigné de l'homme pour autant qu'elle aurait été (en un âge d'or) la société de l'homme.

Il faudrait des intégristes de l'homme plus que de la religion, d'un dieu qui ne serait pas l'homme (et auquel l'homme serait sacrifié comme il en est des sociétés religieuses mais aussi laïques), des intégristes en ce sens qu'ils feraient respecter l'intégrité physique et morale de l'homme qu'il mettrait au-dessus de tout.

Ce serait un "touche pas à l'homme", l'homme qui serait sacré et pas la société et pas dieu, l'homme seul sacré parce que seul vulnérable. L'homme qui réfléchirait à deux fois avant de s'en prendre à l'homme comme il réfléchit à deux fois avant de ne pas s'en prendre à la société. Quel est l'homme qui n'a pas été battu ou humilié par un autre homme tandis que les révolutions se comptent sur les doigts de la main.

"Il y a depuis la petite enfance jusqu'à la tombe, au fond du cœur de tout être humain, quelque chose qui, malgré toute l'expérience des crimes commis, soufferts ou observés, s'attend invinciblement à ce qu'on lui fasse du bien et non du mal. C'est cela avant toute chose qui est sacré en tout être humain." Ecrivait Simone Weil dans La personne et le sacré.

Une tendance fâcheuse


Il est une tendance fâcheuse qu'il me faudrait éviter c'est de dire les ouvriers, les patrons, les pauvres, les riches, les médecins, les enseignants et plutôt penser qu'il est autant d'ouvriers différents que d'hommes différents et ainsi pour les patrons et pour les pauvres et pour les riches et pour les médecins et pour les enseignants.

Parce qu'il y a une idée d'après laquelle je juge les ouvriers qui est l'idée que je me fais des ouvriers et ainsi des patrons et des pauvres et des riches et des médecins et des enseignants et qui est fausse en cela qu'elle ne peut valoir pour tous les ouvriers ni pour tous les patrons ni pour tous les pauvres ni pour tous les riches ni pour tous les médecins ni pour tous les enseignants.

Sale habitude que de faire des petits paquets d'hommes et encore plus de faire de gros paquets d'hommes pour tous les fourrer dedans qui est de la société et que je fais mienne sans considérer plus qu'elle l'homme mais tandis que son accaparement lui profite, car en les liguant mais comme on lie un paquet elle en fait des puissances ou forces antagonistes, quand l'homme qui se voit ainsi empaqueter à tout à y perdre.

Cependant je n'arrive plus a penser autrement qu'il me faut savoir qui est l'autre et que je crois le savoir quand il me dit qu'il est ouvrier ou qu'il est patron ou que je vois qu'il est pauvre ou que je vois qu'il est riche ou médecins ou enseignants je crois voir et savoir quel homme j'ai en face de moi alors que tout ça m'empêche de le voir réellement tel qu'il est, dans sa singularité.

Je ne vois moi aussi plus que des petits paquets ou des gros paquets d'hommes et jamais l'homme et toujours le paquet, comme on me l'a emballé, c'est à dire encore comme la société veut que je le vois et m'en fasse une idée, c'est-à-dire encore une opinion que je voudrais être mienne mais qui a bien y réfléchir serait sur lui, c'est à dire, moi l'homme, celle de la société, qui ni ne nous voit ni ne nous considère personnellement.

Que de chemin parcouru depuis que nous n'étions que des enfants pour qui l'autre enfant n'était qu'un autre enfant, j'entends sans autres considérations qui ne tiendraient pas à sa nature propre. Cela n'a sans doute jamais été vrai ni pour nous enfant ni pour l'enfance de l'humanité mais cela l'a été de moins en moins au fur et à mesure que l'on s'est éloigné de l'enfance comme de l'état de nature.  

mercredi 1 juillet 2026

Les âges de la vie


Quand mon ami Alfonso me disait: Philippe si tu vois quelque chose de bon à vieillir, dis le moi, c'est à un homme encore jeune qu'il s'adressait et j'en convins avec lui puisqu'il était mon aîné qu'il n'y aurait rien de bon à vieillir et cela qu'il se portait plutôt bien pour son âge comme on dit et c'est croire que chaque âge aurait sa façon de se porter.

Mais avant il faut que je dise le grand dommage non que les années m'ont causé mais qu'il aurait été pour moi de ne pas atteindre cet âge respectable qui est le mien: je ne me serais pas connu tel que je me connais aujourd'hui et plus que moi le monde, les autres. Cette connaissance est je le sais l'apanage de l'âge: ni l'expérience acquise ni l'intelligence requise n'y sont pour rien.

C'est pas question d'être bête ou intelligent, savant ou ignorant, bien qu'il me semble qu'avec le temps on puisse gagner en connaissances comme en intelligence, en cette intelligence particulière qu'est l'intelligence de la vie, mais c'est surtout que le corps lâche prise car c'est de lui que procède nos passions qui se faisant moins vives nous laissent un peu plus à nous même qu'aux autres, libre qu'esclave.

Aussi l'étreinte de la société se desserre et on pourrait prendre une respiration plutôt que d'être dans un bouillonnement d'activités qui me sembleraient plus propres à la façon d'être et de se porter des jeunes si les vieux dans une société de l'éternelle jeunesse ne voulaient pas se donner des allures de jeune dépréciant ainsi les avantages de leur âge: parce qu'il y en a à se tenir à distance de l'agitation du monde.

Ni la juger ni la condamner sinon comme impropre parce que notre physique ne s'y prête plus et parce que l'esprit qu'y va avec ne s'y prête plus non plus. Je ne vais pas porter les vêtements de la jeunesse et c'est parce qu'ils m'iront mal que je vais alors me plaindre de mon âge quand il en est d'autres pour mon âge où je vivrais à l'aise. Et pourquoi le tendre s'il se détend ce corps qui lâche prise plutôt que de me détendre avec.

Je comprends pourquoi l'on parle de vieux sages depuis l'Antiquité et c'est que la sagesse n'est pas bonne à tout âge comme il ne serait pas bon de la refuser quand la jeunesse est passée, pas forcée non plus la sagesse parce qu'il n'y a plus à forcer, elle est appropriée et naturelle. On ne joue pas avec la vie. On ne devrait pas davantage jouer avec les âges de la vie qui est comme donner sa préférence à l'un plutôt qu'à l'autre.

Car ce que peut lamenter le plus un homme entre deux âges: qui n'est plus tout jeune mais qui n'est pas encore vieux c'est qu'il y ait deux camps: celui des jeunes et celui des vieux quand il n'y a qu'un camp qui est celui de l'homme et qu'une fois encore la société qui dans un passé tout aussi regrettable aurait été la société des vieux soit devenue la société des jeunes au lieu d'être celle de l'homme tout court.

vendredi 26 juin 2026

Le contrôle du moi


Le contrôle du moi par un autre moi, voilà ce qui manque à notre société et explique sa peur du moi. La meilleure police du moi c'est le moi. Mais s'il n'y a plus de moi j'entends d'être autre que l'Etat "policier" alors le moi ne rencontrant pas d'autre moi rien ne frêne l'expansion de son moi, car rien ne frêne l'expansion de son moi mieux qu'un autre moi.

Mieux parce que c'est par amour du moi que cela se fait mieux (l'amour étendue à l'amitié aussi qu'aux parents ou proches), que le moi s'arrange le mieux des autres moi arrangeant lui-même son propre moi au moi de l'autre, et ceci de façon presque inconsciente souvent et parfois volontaire: voulant ressembler à qui lui semble admirable dans son moi.

Que l'on ait voulu reporter son admiration ou regard vers les "grands moi" la Société, l'Etat, ou autres entités abstraites, parce que c'est à elles aussi que l'on demande le contrôle des moi, ne marche pas. Mais comment s'en étonner: pour le moi rien ne peut remplacer un autre moi, rien ne peut avoir sur lui l'autorité d'un autre moi à qui son moi reconnaitrait l'autorité sans qu'elle le lui soit imposée (de l'extérieur).

Comment qui est extérieur au moi peut avoir accès à l'intimité du moi s'il ne partage pas avec lui cette intimité, ne pouvant pas la partager parce que en étant totalement dépourvu. Pour atteindre le moi il faut atteindre l'intérieur du moi et cela il n'y a qu'un autre moi qui puisse le faire. Si cet autre moi vient à manquer au moi aucune police au monde ne pourra le retenir.

Le moi n'est pas en soi dangereux et ce n'est pas le moi qu'il faut combattre mais l'absence de moi pour le moi. Absence de moi auquel la société ne pourra pas palier par aucune mesures préventives ou punitives. La Société forte de son pouvoir, orgueilleuse, prétentieuse, "grand moi" avec ses institutions, autres "grands moi", pense pouvoir se passer du moi, des petits moi, oublieuse du fait que c'est eux qui font ou ne font pas société. 

jeudi 25 juin 2026

Le noyau dur


Le noyau dur c'est l'être quand le vivant que l'on voudrait c'est le bon vivant, le bon vivant est communément reçu comme celui qui fait la fête, le vivre ensemble serait une fête, faire la fête ensemble, et c'est ce que l'on voudrait pour le vivant; mais voilà l'être n'est pas le vivant et encore moins le bon vivant.

C'est qu'il s'en faut de beaucoup pour que la vie soit une fête pour l'être et c'est qu'elle n'est pas une fête de l'être mais le drame de l'être et d'ailleurs beaucoup disent s'oublier quand ils font la fête et ils oublient en effet ce qu'ils sont: des êtres, pour n'être plus que des vivants et qui dit mieux de bons vivants, et cela serait (pourquoi pas) bien si très vite ils ne reprenaient conscience de leur être.

Aussi que de leur finitude et chaque fin de fête est vécu comme une fin de vie, quand elle n'est que la fin pour le bon vivant, quand elle n'est que la dissipation dans les vapeurs de l'alcool du bon vivant d'où surgirait comme un mauvais génie l'être. On était ensemble et voilà qu'on se sépare. La promiscuité c'est le problème de l'être pas du vivant qui va avec le vivre ensemble pour "si peu" que vivre ensemble soit faire la fête ensemble.

Ils se trouve que l'on fait aussi la guerre ensemble et c'est toujours le bon vivant qui part la fleur au fusil parce que c'est toujours partir ensemble et vivre ensemble, tandis que l'être désespère du vivant capable du pire comme du meilleur et tout çà parce qu'il ne s'appartient pas ou plus quand il fait la fête comme quand il fait la guerre.

Un empêcheur de tourner en rond, voilà ce qu'il est l'être. On ne l'invitera pas au banquet des bons vivants. Et s'il y a la guerre il sera déserteur ou objecteur de conscience, c'est qu'il n'y a pas d'autre conscience que la conscience de l'être et que la conscience est toujours dérangeante; en quoi le bon vivant est toujours celui que tout arrange ou bien s'arrange de tout; en quoi (pour la sté) le noyau dur c'est l'être. 

Des êtres vivants


Je voudrais creuser cette distinction que je fais entre l'être et le vivant car je crois tenir là quelque chose, je n'ose dire un concept, puisque ces derniers sont l'apanage des éminents philosophes, qui peut m'amener à mieux comprendre le monde pour ne pas dire l'humanité car le monde où l'humanité qui s'emploierait à faire que l'on vive mieux ne pourrait comprendre que l'être lui résiste car il n'y aurait pour elle que le vivant.

Je fais tout pour le vivant, cet ingrat, et voilà comment il me le rend. Mais as tu humanité bien pensante pensé à l'être et à son bon développement aussi qu'à son bon rapport. Ton égalité ne vaut que pour les vivants, tous les vivants sont égaux pour ne pas dire semblables, mais les êtres sont fondamentalement différents et demandent a être traités comme tels, comme des êtres différents les uns des autres.

A quoi bon leur donner un nom et un prénom si c'est pour après les confondre et traiter par le nombre et apprendre à penser par le nombre et à penser le nombre plutôt qu'à penser par eux-mêmes et surtout à penser l'être dans sa radicale existence comme autre et sienne et indépendante or n'est-ce pas celle-ci qui est menacée et parce que menacée menaçante: l'échauffement du moi c'est, passez moi l'expression, qu'on veut le refroidir.

Mais je pensais surtout à l'être dans son rapport à l'être qui se détériorerait tandis que tout serait fait pour que le vivant vive de mieux en mieux et combien les appels au vivre ensemble resteraient vains et j'ose dire que c'est parce qu'on lui voudrait un traitement égalitaire alors que si ce mode de traitement correspondrait aux vivants il passerait complètement à côté de l'être, voire l'affecterait défavorablement.

Et c'est que l'être demanderait a être traité en tant qu'être et non pas en tant que vivant; aussi que ce rapport que l'on voudrait obliger et égalitaire entre les êtres ne tiendrait pas compte de la distinction fondamentale de l'être, voulant la gommer au nom du vivant, et c'est ne pas respecter l'être; aussi son sentiment grandissant d'insécurité.

Tout ce qu'on peut mettre entre un être et un être ce n'est pas pour le rapprocher mais pour le séparer, pour qu'il ne soit pas amené à se battre comme il est amené à se battre par un involontaire et égalitaire rapprochement. On le sait pourtant: il n'y a que l'amour qui peut les rapprocher et l'amour ça ne se commande pas, aussi ça ne dure pas toujours. On ne peut bafouer ainsi la nature, la nature de l'être.

Même si on s'appelle la société et au nom de la société décréter ce que doivent être les rapports entre les êtres pour autant qu'on les dit libres. Mais la connaissance de l'être par l'être fait mieux parce qu'elle commence par la connaissance des différences, de ce qui les sépare et qu'ils doivent respecter pour respecter l'être sans quoi ils peuvent craindre pour leur propre être.

Cette connaissance comme reconnaissance est naturel à l'être et pour autant il faut la lui laisser faire, que l'Etat ou la Société se dispense de la faire à leur place, au nom d'idéologies égalitaires ou pas mais du moment, sous risque de fausser la relation et de la rendre plus dangereuse encore, parce que moins naturelle et moins personnelle, d'être à être, parce qu'il n'y a que des êtres, des êtres vivants.