Quand on est à la fin de quelque chose on est au commencement d'autre chose mais on voit trop la fin et pas assez le commencement. Changer cette disposition d'esprit nous rendrait sans doute plus heureux. Seul l'action nous sauve. Et c'est ne pas trop savoir ce que l'on fait. Avec des idées d'avant faire des choses d'après. L'histoire rend trop mal compte de ce fait qui est:
"Je me jette du haut d'un plongeoir, je plonge". Cette phrase est revenue souvent dans la bouche du maître d'échecs expliquant comment il s'était sorti de situations critiques sur l'échiquier et qui semblaient figées, il disait statiques, et c'était par un jeu dynamique qui était aussi risqué parce que comme un saut dans l'inconnu qu'on voudrait rendre prévisible mais peut échapper à tout calcul.
C'est cependant ce commencement d'autre chose qu'il lui fallait entrevoir et entreprendre pour se tirer d'affaire. Il aurait pu disait-il en rester sur la position antérieure qui était indéfendable et combien sommes nous à mener des combats d'arrières gardes, à s'accrocher à des situations intenables parce nous n'avons ni la force ni le courage d'aller de l'avant.
Il est vrai que nous le sentons bien mais aussi que nous le réfléchissons moins que le maître d'échecs que nous sommes à la fin de quelque chose comme au commencement d'autre chose, que nous n'évaluons pas aussi bien que lui le moment critique qui serait le moment inéluctable de passage à autre chose et commandé pourtant par une nécessité vitale, le maître parlait aussi de ne pas mourir.
Et c'est étonnant de le formuler ainsi mais c'est arriver à sentir une position d'échecs comme une position vitale. Serait-il plus difficile de le sentir quand il s'agit réellement de notre vie et pas d'une partie d'échecs. Et si nous n'en faisons rien c'est que nous sommes encore davantage partie prenante et encore davantage ancrés dans le passé qui est toujours la fin de quelque chose, fin que nous avons toujours du mal a accepter.
Mais le maître d'échecs a tranché: il faut sacrifier, et c'est là sacrifier une position antérieure pour une position nouvelle, et c'est plonger. La pensée ne peut pas tout. Elle doit être délivrée par l'action. L'action a sa part d'intuition qui est aussi sa part de risque qui est d'imprévisibilité. Le saut dans la vie comme un saut dans l'inconnu. Le maître dit n'avoir pas tout prévu mais il a évalué la nécessité de l'action, qui est celle de passer à autre chose.