Si je loue la force en moi aussi qu'en les autres comment puis-je en avoir après les puissants et après les guerres, si les premiers en sont les meilleurs représentants et les secondes l'exercice même de la force. Comme tout un chacun et en vertu de mon humanité je m'en prends cependant aux puissants et aux guerres.
J'entends dire par là combien mon humanité pèse peu sur la balance mais aussi combien peu elle est ce que je suis: quelqu'un qui loue la force en lui et en les autres. Pour échapper aux puissants et aux guerres il faudrait d'abord que j'échappe à ma nature d'homme qui me porte à aimer et à exercer cette force que c'est vrai j'ai quelque retenue a employer contre beaucoup plus faible que moi.
Mais ce que l'on voit n'est-ce pas un combat entre les grandes puissances de ce monde, à qui sera le plus fort, le même que dans la cour d'école qui se poursuivrait à l'âge adulte sauf que l'on y mettrait des formes, le drapeau, les cérémonies plus belles parce que plus ignominieuses, les défilés qui sont étalage de sa force comme le paon fait sa roue; et toute bagarre de mâles ne serait alors et toujours que pour plaire aux femelles.
Nous nous dirions civilisés quand nous n'aurions pas dépasser notre condition animale, à moins que civilisé veuille dire raffiné, et que nous le soyons davantage comme l'est davantage la torture dans l'emploi de la force; oui en matière de force nous ferions souvent preuve d'un grand raffinement mais pas d'un grand discernement vu que nous tendons à son emploi généralisé.
Il n'y a pas d'activités humaines où l'on ne fasse montre de sa force en cela qu'elles sont toutes compétitives, qu'il faille l'emporter et être en elles et par elles sacré le meilleur; et ce peut-être le meilleur poète et de penser que la guerre est loin de là quand elle n'est jamais loin de partout où l'on emploie sa force à prouver qu'on est le meilleur.
"Loin de moi l'idée de prouver que je suis le meilleur". Qui n'a pas entendu cela et bien cela est faux. De tout notre être nous tendons a être et cela ne se fait pas sans l'emploi de la force, et cela ne se fait pas en douceur. Certes, il y a des êtres doux et aimants et j'aime à me compter parmi eux mais ne suis-je pas aussi celui qui loue la force en lui aussi qu'en les autres.