Souvent je me surprends à regarder les femmes. J'aimerais pourtant m'en passer. Mais mon regard y revient comme l'aiguille d'une boussole aimantée par les pôles.
S'il n'y avait que les belles mais il n'y en a aucune que je ne trouve laide. Je ne dois pas avoir de goût sinon un goût pour les femmes et qui ne s'est jamais démenti.
Je me les rappelle toutes, même celles qui ne sont pas à moi, qui n'ont jamais été à moi, sans doute aussi parce que je les ai toutes voulues sans exception aucune.
Malheureusement les femmes et moi ça fait deux, même si on a été unis elles et moi quelques fois, et jamais plus d'une à la fois, et pas toujours celle de mon choix, mais comme je les aime toutes ça ne fait pas de différence.
Il y a qui dira que c'est pareil que d'en aimer aucune, et c'est ce que je voudrais, quand moi j'aime à chaque fois, que c'est plus fort que moi, comme de les regarder: est-ce qu'on regarde un tableau qu'on n'aime pas?
Il y a qui dira que c'est comme un chien de renifler les chiennes, et que si j'avais un odorat aussi bien développé qu'un chien je cesserais de les regarder pour m'y fier à mon odorat et être ainsi moins souvent trompé qu'on l'est par le regard.
Mais quand mes yeux de chair ne verront plus la chair ce n'est pas Mon Seigneur et mon Dieu que je verrais mais celle qui a régnée sur mon cœur.
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