J'ai vu un corps qui me plaisait puis ensuite et ensuite seulement j'ai découvert une intelligence et une sensibilité que je n'avais pas vus. Je parle du corps d'une femme que les hommes ont aimé et honoré et de l'intelligence et de la sensibilité d'une femme que les hommes n'ont, il me semble, ni respecté ni apprécié à sa juste valeur.
Ce corps aimé a été aimant tandis que cette intelligence et cette sensibilité parce qu'elle ne l'était pas s'est soumise aux exigences et conditions de l'homme qui sont exigences et conditions pour être aimé de lui. Ce que je découvrais alors c'est que la condition de la femme n'était autre que la condition de la femme qui se soumettait aux conditions de l'homme.
Que c'était lui donner ce qu'il demandait, ne pas se refuser au corps et aux plaisirs du corps, mais bien refuser, nier l'expression de toute intelligence et sensibilité qui puissent lui être contraire, si tant est qu'elle puisse être ce que nous avons de plus cher et demande le plus a être aimé, et cela en connaissance de cause: c'est-à-dire qu'elle ne le sera pas.
D'où cette connaissance imparfaite que l'homme en a (de la femme) et conduit inéluctablement à un traitement imparfait. D'où cette réduction de la femme à un corps et au plaisir vanté aussi et partout où le corps de la femme est exposé au regard de l'homme. Regard de l'homme tout aussi bien façonné par tous les regards portés sur la femme qui sont images de la femme véhiculées par la société des hommes.
Qui est ce qu'on montre mais pas ce qu'elle cache: cette intelligence et cette sensibilité qui peine a s'exercer comme à se montrer autrement que comme participant d'un corps lascif et désirant, c'est-à-dire comme soumis à la concupiscence des hommes. Voilà que m'était révélée en une seule femme aimante la condition féminine qui était celle de la femme vouée (pour ne pas dire dévouée) à l'homme.
De là que les hommes n'aiment pas les féministes et ils n'ont pas tort dans le sens où le nombre des féministes se réduit au nombre des femmes qui n'aiment pas l'homme et parce qu'elles n'aiment pas l'homme ne demandent pas forcément a être aimées de l'homme. Quand il faudrait au contraire une de ces femmes aimant l'homme pour lui faire connaitre non pas seulement un corps aimant mais une intelligence et une sensibilité aimante.
Parce que si l'homme n'apprend pas à connaitre et à aimer cette intelligence et cette sensibilité de la femme il n'apprend pas bien à bien aimer la femme ni la femme qui a cette sensibilité et cette intelligence ne peut se sentir bien aimée de lui: à connaissance imparfaite amour imparfait. Il faut entendre aussi par là que cela doit passer par l'amour mais par l'amour qui ne soit pas seulement l'amour d'un corps.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire