J'ai lu quelque part que ce ne serait pas les choses mais l'idée que l'on se fait des choses qui nous troublerait, mais l'idée même que nous nous en faisons ou que nous ne pouvons cesser de nous en faire pour ne toujours pas avoir accès direct aux choses cessent cependant de nous troubler par la moins grande adhésion que nous leur portons.
La vie que nous avons aurait sur nous un moins fort impact parce que nous ne lui laisserions pas avoir, du moins ne l'amplifierions nous pas par l'idée que nous nous en ferions ni ne nous impliquerions davantage dans ce qu'il ne nous appartient pas de penser, car souvent nous pensons ce que nous ne devons pas penser et cela vient souvent de là que nous soyons blessés par nos pensées.
J'aime cette pâleur d'un ciel qui vient à peine de se lever, on dirait qu'il a passé une mauvaise nuit; voilà encore une idée qui nous correspond plus qu'elle ne correspond à la réalité: son aspect livide n'est-il pas le nôtre et qui des deux n'a pas bien dormi qui est là pour le regarder et se retrouver en lui ce qui est bon et comme un élargissement de sa pensée ou de ses sentiments.
On communie avec la nature fût-elle indifférente à nous, la nature humaine l'est aussi, et on comprend qu'il est tout aussi absurde de lui en vouloir, que les choses sont comme elles sont, et qu'il faudrait y calquer davantage nos idées. Etre muet comme la nature est muette, seulement un peu pâle ce matin mais c'est parce que le soleil ne s'est pas encore levé.
L'artificielle société nous en a trop éloigné qui nous fait croire tout pouvoir régir par nos idées, car c'est un petit monde d'idées, de petites idées par lesquelles nous croyons pouvoir lui échapper ou pire la dominer quand il faudrait nous y faire à notre nature humaine comme à la nature tout court, nous accepter comme l'accepter, ce qui est faire avec et non pas lutter contre, peine perdue d'avance.
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