mardi 1 septembre 2026

L'amour et nous


"Il la tire vers le bas". Oui, mais l'amour nous tire vers le haut. L'amour un sentiment noble mais qui ne serait pas réservé qu'aux personnes nobles. Qui pourrait atteindre n'importe qui. N'importe qui qui cesserait alors immédiatement de ne plus penser qu'à lui pour penser à l'autre, qui aurait le souci de l'autre et du bien de l'autre aussi que de s'élever lui même.

Il, s'il ne peut l'être, surveillera du moins davantage son paraitre pour paraitre à l'autre être à la hauteur de son amour car, il faut le redire, l'amour est un sentiment noble indifférent à la nature de chacun qui se trouve ennoblit par cet amour: il n'est plus le même; frappé par l'amour comme sacré par l'amour, auréolé, couronné, qu'il est par l'amour.

Le vil appétit qui serait celui de manger ou de boire ou de dormir et tout autre appétit qui ne seraient attachés qu'au corps sont d'un coup par l'esprit qui est l'esprit amoureux tenus et en viennent à dépendre plus de lui que du corps qui aurait perdu sa direction exclusive sur la personne amoureuse qu'il (le vil appétit) ne tiendrait plus comme il le tenait quand elle n'était pas tenue par l'amour. 

S'il y a des personnes mauvaises il n'y aurait donc jamais d'amour mauvais qui tire vers le bas car l'amour serait un bon sentiment qui nous tirerait vers le haut; la personne importerait moins que la relation que nous aurions avec elle: fût-elle mauvaise si notre relation avec elle est bonne elle tendrait avec nous a être bonne tout autant que nous tendrions a être bon avec elle: c'est ce qui s'appelle aimer.

Maintenant il se peut qu'il y ait autant d'amour différent qu'il y a de personne différente, que pour l'une ce soit le corps qui tire plus quand pour d'autre ce serait le cœur et pour l'autre encore l'esprit et qu'il n'y ait pas un esprit de l'amour qui vienne s'emparer et animer le corps et l'esprit de chacun le tirant vers le haut.

Il n'en reste pas moins que celui qui est touché par l'amour se sent pousser des ailes quelque soit sa vile condition qui est celle largement partagée par tous et c'est parce qu'il se sent s'élever au-dessus de sa condition, que c'est elle qui lui devient alors intolérable et non l'amour; il peut alors tricher pour répondre à cette nouvelle exigence.

Et c'est vouloir paraitre plus que de vouloir être. Il fera alors tout pour paraitre mieux et non tant pour être mieux, qui est s'améliorer, se grandir, s'élever, pour être à la hauteur de son amour qui n'a d'ailleurs pas toujours à voir sinon jamais avec la hauteur où se trouve, c'est-à-dire où il met la personne aimée.

Je ris mais devrais-je pleurer en me rappelant de cet homme avec qui j'avais sympathisé, et qui n'aurait pas sympathisé avec lui, comme voulu voir la personne qu'il aimait tant il en parlait avec amour. A l'entendre il n'y avait de personne plus belle et plus intelligente et plus généreuse: enfin un beau corps, un bel esprit, une belle âme, qui avait en un mot: tout pour elle, quand elle n'avait pour elle que son amour à lui.

Transfigurer par l'amour. Il est sûr alors qu'on ne le voit pas du même œil quand on est extérieur à cet amour, que l'on ne voit que la personne qui peut tirer vers le bas et non l'amour qui ne peut que tirer vers le haut. Car c'est au temps de l'amour qu'il nous faudrait vivre: ce temps qui lui même se place au-dessus du temps comme il nous place au-dessus de nous même. On ne tombe pas amoureux, on tombe quand on n'aime plus, et c'est de haut.

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