mardi 25 août 2026

Partout où je me retourne il y a une femme qui travaille


Partout où je me retourne il y a une femme qui travaille. Il n'en a peut-être pas toujours été ainsi mais voilà ce que je vois maintenant et d'abord quand je me retourne sur ma vie. Luisa Eugenia la première de mes femmes qui faisait médecine et que j'attendais pour aller à la plage qu'elle est fait quelques taches ménagères comme qu'elle est terminé ses études pour l'épouser.

Quel gros bourdon que je fais et que d'abeilles laborieuses j'ai connues, il y a plus près de moi aujourd'hui Armelle et ses enfants et son travail, Armelle qui va travailler dans le BTP; et la défunte que j'aidais et c'est bien peu ce que je faisais bien que je le faisais de mon mieux quand elle allait voir ses clientes à domicile après avoir fermé boutique, et que mon affection pèse peu dans la balance.

Il m'arrive de m'arrêter lors de mes marches sur Paris et c'est à Vincennes pour manger sur place et chez un chinois, quelques légumes sont exposés en devanture qu'elle vend aussi; elle a mon âge qu'elle m'a dit et aussi qu'elle a perdu son mari il y a quelques années mais n'a pas fermé boutique pour autant. Je mange et elle travaille.

Je reviens du dentiste, c'est une femme aussi et qui prend à peine le temps de manger, elle n'est plus très jeune mais est très maigre; elle y laissera aussi sa vie dans sa boutique. Elle a eu une fille, un gros bourdon est passé par là et puis s'en est allé bourdonner ailleurs comme il semble que ce soit de bonne guerre, mais il n'y a plus de temps à perdre (surtout avec un homme) et elle travaille.

Il y a aussi souvent plus de femmes que d'hommes qui courent sur les bords de Marne (il m'est arrivé de les compter), quand elles ne poussent pas des poussettes ce que j'ai très peu souvent vu les hommes faire, mais voilà il y a des choses qui nous semblent encore si naturelles de voir les femmes faire qu'on ne leur donnerait pas le nom de travail.

C'est chose courante aussi de penser que pour rien au monde elles ne voudraient perdre leur travail, que c'est un droit revendiqué et gagné de hautes luttes, mais les voilà plus que jamais dans la bagarre et on les dit de forces égales mais que les conditions sont inégales; je dis qu'il ne manque plus que ça que les conditions soient inégales quand déjà les forces ne sont pas égales et je parle des forces de travail.

C'est pourquoi je ne vois que des femmes qui s'épuisent au travail avec toujours de gros bourdons qui bourdonnent autour d'elles et qu'on appelle chefs et qui non seulement disent mais aussi pensent qu'il n'y a qu'eux qui travaillent et le pire c'est que tout le monde, et les femmes comprises, pensent que c'est vrai, qu'il n'y a qu'eux, les hommes, qui travaillent. 

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