On a commencé quelque chose et on ne sait pas exactement quoi ni quel nom lui donner, seulement que quelque chose venait de se terminer et que l'on pouvait se pencher dessus parce qu'avec sa fin il avait reçu sa forme définitive qui est ce que l'on croyait mais les choses ne meurent jamais en nous où elles continuent d'évoluer.
On dirait que les choses se font malgré nous et que notre participation à ces choses ne peut qu'être légère et sans grande connaissance de cause, de quoi nous reste t-il après à nous vanter d'avoir réussi ou raté si c'est en aveugle que nous avons procédé et que la chance nous ait souri ou qu'elle nous ait fait la grimace.
Et puis aimer après avoir aimer qu'est-ce que cela veut dire de l'amour et comment cela le traite sinon par l'insignifiance cette chose à laquelle pourtant on attache la plus haute importance. Cela ne sourit plus ni ne nous fait la grimace mais se rit de nous: te voilà encore une fois pris, on pourrait dire épris mais l'on n'ose déjà plus le dire.
C'est comme ces croyants que rien ne peut détourner de leur croyance comme on leur dirait que Dieu n'existe pas et ils continueraient à croire en Dieu, qu'on nous dise maintenant que l'amour n'existe pas qu'on continuerait à croire en l'amour aussi qu'on le personnifierait comme ils personnifient leur Dieu, mais voilà que le nôtre viendrait à mourir, alors on lui donnerait un nouveau visage.
Beaucoup de dieux sont morts mais la croyance aux dieux, elle, n'est pas morte, et il en irait ainsi de notre amour qui ne veut pas mourir, qui a besoin d'un objet de culte, d'adoration, de vénération, d'exultation; et nous à qui comme à quoi nous remettre ce qui est à qui ou à quoi remettre notre vie parce que nous ne sommes pas capable de la mener tout seul.
Ce quelque chose qui ne dit pas son nom j'ai appris récemment que Plotin l'avait appelé l'Un et c'est ce qu'il y a le plus humble de dire dans notre ignorance de la chose qui nous la fait confondre à toutes les choses ou toutes les choses se confondre en elle qui est bien sur nous souveraine, car le principe premier, absolu et infini qui se trouve au-delà de l'être et de la pensée est bien l'amour.
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