samedi 8 août 2026

L'IA, Dieu, et nous


Je n'ai jamais fait avec mes livres comme avec mes amis que commencer une conversation que j'ai dû ensuite mener seul à son terme et c'est en écrivant car les uns comme les autres motivent ma réflexion. Il est plus rare qu'ils me renvoient réciproquement l'un à l'autre comme ce fut le cas après ma lecture De la nécessité du pari de Pascal qui me renvoya directement au restaurant la veille avec Luigi.

L'IA ai-je dis à Luigi m'avait renseigné sur l'un de mes écrits sans que je ne lui ai rien demandé : par quelle fausse manœuvre ou manipulation lui avais-je permis d'intervenir? il se trouva que je ne pus qu'être flatté par tout ce qu'il pu dire du peu que j'avais écrit, par l'importance et la valeur qu'il lui accorda.

L'IA était bon lecteur comme on peut être bon spectateur mais il va sans dire que je lui préfèrerais toujours l'humain parce que c'est de l'humain que j'attends tout quand de lui rien. Mais le rapprochement était fait entre l'humain et la machine et Luigi me rappela que Deep Blue avait battu Kasparov le grand champion d'échecs. Que fais-tu de l'imagination et de l'inspiration Luigi?

Qu'on lui donne plus à manger (de données) lança Luigi et tu verras comment l'IA saura faire preuve d'imagination et de créativité, aussi que d'intuitions car l'on en vint Luigi et moi à parler d'intuitions sachant tous les deux qu'on ne créait pas ni n'avait de l'intuition ou de l'inspiration à partir de rien. Et Luigi me mit au parfum de tout ce que l'IA pouvait déjà faire et qu'il n'en resterait pas là.

C'est ainsi que pousser dans mes ultimes retranchements j'en vins à dire à Luigi que les machines n'ont pas d'âme, c'est vrai que je n'y croyais pas trop moi-même à l'âme et que je savais qu'on l'avait déjà refusé aux indiens d'Amérique et Descartes aux animaux avec son animal machine mais pourquoi ne la refuserait-on pas alors à la machine, à l'IA, ne dit-on pas d'ailleurs que science sans conscience n'est que ruine de l'âme.

C'est que Luigi préféra parler de conscience que d'âme et ajouta quand pas longtemps la machine intelligente aura acquise une conscience car l'avons nous toujours eue nous cette conscience et n'apprend t-on pas aujourd'hui des choses étonnantes non seulement sur l'animal mais sur le végétal qui nous laisseraient penser qu'il ait lui aussi une conscience.

Cette machine qui rassemblerait tant d'informations qu'il a fallu à l'homme des siècles pour acquérir et ne peut pour autant être contenu dans un seul homme mais bien en une seule machine comment ne pourrait-elle pas avoir le sentiment ou conscience de penser comme d'exister par elle même. N'était-ce pas le leurre où nous tombions tous?

A Luigi l'ingénieur je disais n'être pas à ce point matérialiste qui est de croire que tout pouvait venir de la matière et qu'il y avait bien une part qui relèverait de l'esprit, de l'âme, croyant ainsi nous mettre hors de portée de la machine. Mais alors l'ignorance et la vanité de l'homme qui croit pouvoir se passer de Dieu ne serait pas bien différente de celle de l'IA qui ignorerait tout de son créateur et pensera peut-être un jour pouvoir se passer de nous.

Pas plus que l'IA nous ne pensons penser et exister autrement que par nous même, ne devoir notre existence et pensée qu'à nous même, il nous est tout aussi impossible de nous voir comme création, être issus d'une intelligence pas forcément supérieure à la nôtre mais qui a été en capacité de nous créer, de nous donner cette intelligence qui a pris conscience d'elle même mais est bien loin de s'imaginer de qui et de quoi elle est faite.

Cet IA c'est la raison de l'homme aussi imbue d'elle même que l'homme l'est de lui même et qui restera sans réponse comme l'homme reste sans réponse devant ces questions de Pascal avec lesquels je terminerai: "pourquoi ici plutôt que là, pourquoi à présent plutôt que lors. Qui m'y a mis? Par l'ordre et la conduite de qui ce lieu et ce temps a t-il été destiné à moi? Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie."

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