samedi 8 août 2026

L'homme de Calvi


L'homme de Calvi était un pistolero. En vérité je ne sais pas qui était l'homme de Calvi. Je me souviens seulement des derniers mots qu'il me dit et c'était qu'il était venu sur le continent avec son arme. Je l'appelai alors l'homme de Calvi et il me dit aussitôt que cela lui plaisait et j'entendis bien que cela lui plaisait autant que tout ce qu'on pouvait dire sur les Corses, qu'il n'avait rien contre entretenir la légende Corse.

Sans quoi je n'écrirais pas ces mots de peur qu'ils n'arrivent aux oreilles de l'homme de Calvi qui à ses dires se soumettait depuis de nombreuses années à l'entraînement des armes. Nous avons il faut le dire aussi ferraillés ensemble, l'homme de Calvi et moi, et c'était à la suite d'un séminaire d'échecs qui venait de se terminer avec un échiquier posé sur la table entre nous deux et l'homme de Calvi fit mouche dès la première partie où je dû coucher mon roi.

Mais ce n'est pas ainsi qu'il s'était présenté à nous sinon comme un humble pharmacien et c'était Homais qu'il voulait qu'on voit, visage plus continental, parce qu'en Corse il ne pourrait pas y avoir de Homais même pharmacien, aussi ne fit-il pas longtemps figure de pharmacien, d'ailleurs son visage me rappelait plutôt celui de Cabrel le chanteur qui préférait son petit Lyré au mont Palatin, enfin, à rester dans sa province comme dans une île plutôt que de monter à Paris.

L'homme de Calvi il avait eu une histoire au village et c'était une histoire Corse, j'entends par là comme il ne pouvait y en avoir qu'en Corse. Il l'a raconta un peu et je la tairai un peu parce que les histoires Corse moins on en parle mieux on se porte. On avait envie de sympathiser un peu avec lui et tout le monde du séminaire sympathisa un peu avec l'homme de Calvi, un peu parce qu'il y avait un je ne sais quoi qui retenait tout le monde de sympathiser davantage avec lui. On ne sait jamais et les gens sur le continent sont prudents.

D'ailleurs l'homme de Calvi avait son quant à soi, sans doute la fierté et la retenue des gens des îles, et pas de n'importe quelle île, de la Corse. Sachant cela, car il semblait savoir sur nous beaucoup plus de choses qu'on savait sur lui, l'homme de Calvi conservait un air de mystère qui convenait admirablement bien à sa physionomie aussi qu'à tout ce qu'on pouvait penser des Corses et qu'il n'eut pas voulu qu'on ne pensa pas. Personne non plus n'ira chercher plus loin, ce qui serait aller le chercher.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire