Le contrôle du moi par un autre moi, voilà ce qui manque à notre société et explique sa peur du moi. La meilleure police du moi c'est le moi. Mais s'il n'y a plus de moi j'entends d'être autre que l'Etat "policier" alors le moi ne rencontrant pas d'autre moi rien ne frêne l'expansion de son moi, car rien ne frêne l'expansion de son moi mieux qu'un autre moi.
Mieux parce que c'est par amour du moi que cela se fait mieux (l'amour étendue à l'amitié aussi qu'aux parents ou proches), que le moi s'arrange le mieux des autres moi arrangeant lui-même son propre moi au moi de l'autre, et ceci de façon presque inconsciente souvent et parfois volontaire: voulant ressembler à qui lui semble admirable dans son moi.
Que l'on ait voulu reporter son admiration ou regard vers les "grands moi" la Société, l'Etat, ou autres entités abstraites, parce que c'est à elles aussi que l'on demande le contrôle des moi, ne marche pas. Mais comment s'en étonner: pour le moi rien ne peut remplacer un autre moi, rien ne peut avoir sur lui l'autorité d'un autre moi à qui son moi reconnaitrait l'autorité sans qu'elle le lui soit imposée (de l'extérieur).
Comment qui est extérieur au moi peut avoir accès à l'intimité du moi s'il ne partage pas avec lui cette intimité, ne pouvant pas la partager parce que en étant totalement dépourvu. Pour atteindre le moi il faut atteindre l'intérieur du moi et cela il n'y a qu'un autre moi qui puisse le faire. Si cet autre moi vient à manquer au moi aucune police au monde ne pourra le retenir.
Le moi n'est pas en soi dangereux et ce n'est pas le moi qu'il faut combattre mais l'absence de moi pour le moi. Absence de moi auquel la société ne pourra pas palier par aucune mesures préventives ou punitives. La Société forte de son pouvoir, orgueilleuse, prétentieuse, "grand moi" avec ses institutions, autres "grands moi", pense pouvoir se passer du moi, des petits moi, oublieuse du fait que c'est eux qui font ou ne font pas société.
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