lundi 18 mai 2026

Le dernier homme


Tu es la déchéance et peut-être la seule échéance de toute cette haine et ce mépris qu'à l'homme de l'homme. Comment peut-il se peindre et se dépeindre ainsi que je n'en ferais pas le tableau lui épargnant toute la peine de se voir ainsi représenter et de s'exclamer: ainsi c'est moi l'homme.

Oui c'est toi l'homme objet de tant de mépris et de tant de haine qu'il en est méconnaissable à lui-même et qu'il ne s'aime plus, ne peut plus s'aimer ne se reconnaissant plus tel qu'il est peint et dépeint par lui-même. En ce qu'il lui est échu d'être il ne voudrait plus être. Sa vie n'est qu'un long oubli de lui-même.

Un activisme forcené aussi qu'un retranchement de condamné aux peines forcées le tiennent et l'entretiennent comme hors de lui-même; maigre consolation: il ne se regarde plus, il ne faut pas te regarder, la consigne est passée, extinction du moi, cette lumière que l'on pourrait porter sur soi-même, conscience sans conscience, état de surveillance plus qu'état de vigilance, encéphalogramme plat.

Comment ressusciter l'homme? Il faudrait encore quelques réactions humaines. Dans un scénario catastrophe. Peut-être. Peut-être face à l'inévitable. La perte humaine. L'existence lui suffit. Que l'existence lui soit insuffisante. Dernier soubresaut de l'homme agonisant dans son existence pérenne. Qu'elle meurt ou que lui meurt? Possibilité ultime: qu'enfin il s'en détourne comme de son avoir pour être.

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