Où est mon aliénation? Elle est dans ma violence! Un monde de plus en plus violent est un monde qui compte de plus en plus d'aliénés. Nous sommes de plus en plus savant et de plus en plus logique dans notre raisonnement. Il n'y a donc pas d'autre folie qui s'empare de nous que la violence. Sa généralisation conduit à son acceptation. On accepte qu'une violence réponde à une autre violence. Pour la faire taire dit-on, croit-on.
C'est que l'on croit à la violence comme l'on a cru en Dieu et que l'on se pardonne notre violence comme l'on pardonnait la violence de Dieu, que l'on justifie notre violence comme l'on pouvait justifier la violence de Dieu. Et puis ce n'est pas nous ce serait la société qui nous ferait violence, ce serait l'injustice qui nous frappe qui nous ferait violence.
A la colère de Dieu la colère des hommes a fait place et à défaut d'être sacralisée elle serait institutionnalisée, étatisée, légalisée; aussi la violence serait remise entre les mains des autorités et par là même ôté des mains de l'homme, n'étant plus qu'un instrument de pouvoir. Mais cette violence instrumentalisée ne ferait pas qu'asservir sinon contribuerait à entretenir et développer en chacun de nous le culte de la violence.
A nous enrôler de force ou de gré. De moins en moins de force. De plus en plus de gré. Un couard serait celui qui ne serait pas en user. Chacun en lui la sent monter comme il la sent monter en les autres. L'épidémie de violence qui sévit dans le monde sévit aussi dans nos foyers, avec nos femmes, avec nos enfants. Nous sommes malade de violence. Nous sommes aliénés. Je ne reconnais pas d'autre aliénation en moi que la violence.
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