dimanche 4 janvier 2026

Kamadja et la côte ouest


Une fois ou deux, pas plus pas moins, Kamadja était passé de la côte est à la côte ouest de l'île mais il fallait pas attendre de lui pour autant ce qu'on pourrait trouver plus aisément dans un guide touristique seulement que ça lui avait semblé, même si c'était toujours se retrouver dans la nature, une nature plus civilisée celle de la côte ouest, presque rappelé un peu la Normandie où il était avant de quitter le continent; c'était plus vert et plus plat aussi un peu et y avait des fermes et de l'élevage et des cultures que sur la côte est y avait surtout le nickel qui arrangeait rien au paysage, et c'était pareil pour les gens qu'on aurait dit qu'ils allaient bien avec le paysage, à savoir si c'étaient eux qu'avaient fait le paysage où le paysage qui les avait fait à eux.

En tout cas Kamadja regrettait que sa famille soit pas tombé de ce côté là de l'île qui était pour Kamadja le bon côté de l'île parce que la famille de son copain zoreil qui l'avait accueilli c'était autre chose que la sienne. Ils étaient rien de plus pourtant dans la famille de son copain mais les manières n'étaient pas les mêmes et y avait pas de violence entre eux, Kamadja en aurait pleuré même s'il comprenait pas trop pourquoi il sentait monter les larmes aux yeux aussi qu'un peu de honte, ça le paternel lui avait toujours reproché: quoi tu as honte de nous petit morveux et c'était reparti pour une colère. Il faut dire qu'il avait pas tort le paternel mais c'est pas qu'il se sentait mieux Kamadja mais plus mal, comme quand il fut reçu chez lui par l'autre zoreil qui avait aussi des parents instits mais de l'autre côté de l'île que c'était pas la même chose, que même l'enseignement devait être meilleur parce que les gens devaient y être meilleurs, enfin tout ça faudrait vérifier mais n'empêche que c'était le sentiment que Kamadja en avait, ne pouvait pas ne pas avoir, comparaison oblige.

Faut dire par ailleurs que tout l'y ennuyait, c'était trop calme, plus rien d'inquiétant, d'excitant, qui s'exprimerait avec force, mais ça enfin c'était la violence et jamais Kamadja aurait pu penser qu'il avait besoin de cette violence pour se sentir vivre, ça faisait qu'augmenter sa honte devant cette famille trop bien, trop tranquille, qui n'avait que des mots gentils pour lui ou pas de mots du tout parfois, rien qu'un grand silence ou que de la gêne qui fera qu'il l'inviteront plus à Kamadja, c'était pas une fréquentation pour leur fils qui était un bon fils bien que Kamadja saurait plus trop quoi en dire comme de ces gens dont il y a rien à dire et dont d'ailleurs on dit rien parce que c'est pas eux qui vont défrayer la chronique. Il ne se souviendrait bientôt plus de son nom à son copain sinon qu'il n'était pas heureux non plus à l'internat, à l'internat où ses parents le laisseront pas longtemps, parce que c'étaient de bons parents et que les bons parents finissent toujours par se rendre compte de ce qui arrive à leur gosse, même s'ils s'y avaient mis le temps et qu'il oubliera jamais non plus l'internat et ce qu'il y avait vécu pour ne pas dire endurer, qu'endurer ce n'est pas vivre, se disait Kamadja et que ces gens de la côte ouest peut-être qu'ils savaient vivre eux.

Y a une chanson qui dit, mais Kamadja l'a connaissait pas encore cette chanson, qu'on choisit pas ses parents, mais que ce serait différent pour ses amis, seulement les amis que Kamadja avaient eu et qui avaient pas eu les mêmes parents que lui Kamadja y s'étaient pas restés longtemps ses amis; comme disparus, comme évanouis de sa ligne d'horizon; sûrement les parents y étaient encore une fois pour quelque chose parce qu'il faut dire que la vie des enfants est toute régie par la vie des parents, que pour commencer ils existeraient pas les enfants sans les parents. Kamadja l'aurait dû jamais allé chez son copain zoreil parce qu'après plus de copain zoreil pour Kamadja comme si ses parents après avoir vu Kamadja lui aurait dit de plus jamais revoir Kamadja. Kamadja pensait encore que toutes les bagarres qui y avaient à l'internat c'était à cause des parents, de ce que les parents disaient aux enfants sur les zoreils, sur les Kanak. Parce que Kamadja avait cru aussi remarqué, mais ça aussi ça demanderait à être vérifié, que sur la côte ouest y avait moins de Kanak que sur la côte est, ou c'est qu'ils se manifestaient moins, qu'ils faisaient plus profil bas sur la côte ouest que sur la côte est les Kanak, peut-être qu'ils devaient se sentir comme Kamadja: un peu mal sur la côte ouest bien que le regretter en même temps, c'est que les sentiments humains c'est jamais bien clairs et qu'encore une fois la couleur de peau ça avait rien à voir avec ce sentiment que Kamadja pouvait bien partager avec les Kanak.

Avocat qui était de la côte est avait dit un jour à Kamadja que sur la côte ouest il en avait entendu qui parlait le même dialecte ou presque que lui Avocat et sa tribu et que ça ça pouvait vouloir dire qu'ils avaient essaimé sur toute l'île ceux de sa tribu, qu'il y avait des liens entre eux tous, qu'ils étaient tous frères, enfin tous cousins; et Kamadja se rappelait comment de souriant, d'heureux, était le visage d'Avocat quand il lui racontait tout ça, qu'on aurait dit un ananas pas un avocat, la fleur de l'ananas au milieu de son visage c'était le sourire d'Avocat. Cependant Kamadja n'avait pas eu la chance de rencontrer les frères ou les cousins d'Avocat sur la côte ouest, c'est vrai aussi que ça avait dû être l'affaire que d'un Week end son séjour sur la côte ouest, après retour à l'internat et plus de copain zoreil et plus de la famille zoreil que c'est tout ce qu'il se souvenait comme présence humaine et pas trop marquée encore et bientôt absente. C'était comme quelque chose qui lui avait échappé à Kamadja la côte ouest et qu'il regrettait sans regretter car comment regretter ce qu'on connait pas ou pas bien ou à peine. Ça avait l'air d'être mieux que la côte est c'est tout ce qu'il saurait en dire, les plages aussi, de vrais et belles plages grandes comme celles de la Normandie et reposantes qui invitaient plus à la chaise longue qu'à la baignade, qu'à nager mais c'était ce qu'aimait le plus Kamadja nager, nager comme une épreuve de force et de courage au milieu des requins, même si on aurait pas pu dire pour autant que Kamadja était très fort ou très courageux, peut-être alors que la côte ouest lui aurait mieux convenu et réussi.

Dire que Kamadja allait vous faire quitter la côte ouest où en fait il y avait pas vu beaucoup d'hommes excepté ceux qui l'y avait reçu plutôt inexistant, bientôt inexistant parce qu'ils ne donneraient pas suite à leur invitation et que ce serait comme s'ils n'existaient plus pour Kamadja qui aura tôt fait de les oublier, mais enfin Kamadja croyait se souvenir du chat de la maison de ses hotes, un chat que la maison pouvait caresser parce que Kamadja avait essayé de caresser une portée de petits chats très mignons qui donnaient envie qu'on les caresse mais qui n'étaient pas "caressables" et c'était qu'il les avaient trouvés dans une haie près de la maison du paternel le directeur de l'école de Kouaoua sur la côte est et que ces chats qui étaient des chats sauvages l'avaient griffé lui enlevant le goût de recommencer, le goût de la tendresse qui semblait pas pouvoir non plus se développer sur la côte est mais ici sur la côte ouest avec ce gros chat domestique c'était encore possible et ça aussi ça lui avait mis les larmes aux yeux à Kamadja. Y avait pas non plus ces chiens de la tribu de Kouaoua qui étaient pas des chiens recommandables et qui se mettaient à courser Kamadja dès qu'il passait par là, que s'il avait pas appris à lancer le caillou comme les Kanak il se serait fait mordre plus d'une fois. Kamadja qui avait dit quelque chose sur le paysage et les hommes croyait bien pouvoir en terminer avec la côte ouest en disant quelque chose sur les animaux et les hommes, c'est que ceux qui avaient pas été élevé comme il semblait l'avoir été élevé, du moins dans la famille du zoreil qui l'avait accueilli, il fallait pas trop les approcher parce qu'ils étaient pas trop "caressables" ou étaient toutes griffes dehors ou encore pas très recommandables comme ces chiens errants qui n'étaient à personne et qu'on caillassait. 

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