Je dois bien définir ce que je veux être sinon je ne serais jamais ce que je veux être parce que trop flou, pas assez bien défini. J'ai voulu être capitaine et ne l'ait jamais été parce que capitaine de quoi, c'était pas bien défini tout ça.
Je ne veux donc plus être docteur, je l'ai voulu aussi autrefois mais en quoi, en philosophie? Pas plus qu'être écrivain mais en écrivant quoi, des romans ou des poèmes? Du vague à l'âme, c'est tout ce que ça vous laisse tout ça. Rien de très précis quand précisément vous existez.
C'est décidé je veux être un autre et pour moi intérieurement je commence à façonner cet autre, à lui donner des qualités qui n'apparaîtront que plus tard quand j'en aurais parfait le dessin parce que je n'en suis qu'aux délinéaments.
Je ne commence donc pas comme dans le passé par des généralités, ce qui est à mon humble avis la meilleure façon de se fourvoyer sur soi-même en se concevant globalement comme on a pas commencé a être, sinon embryonnairement, sinon précisément, sinon tout autrement.
Cet autre n'ira donc pas à l'encontre de moi-même sinon que j'irai moi-même à la rencontre de cet autre que j'aurais créé de toute pièce comme une œuvre d'art, mais il ne faut pas entendre une œuvre d'art comme séparé de soi mais comme étant soi-même cette œuvre d'art.
Comme le culturiste fait de son corps sa propre œuvre d'art, et ce n'est pas un faiseur de statue, comme lui je travaillerais la matière vivante mais ne m'arrêterais pas à façonner mon corps mais aussi mon esprit.
Cependant il me faut d'abord donner vie à cet autre qui ne demande qu'à vivre d'une vie à laquelle il s'épuise à m'appeler, pas de ma vie informe et molle qui est comme une pâte à modeler avec laquelle je pourrais lui donner forme et force et vigueur.
Il y a comme ça en nous une bataille pour l'existence qui n'est pas seulement entre les autres et nous mais entre l'autre et nous; et on ne saurait dire si le grand perdant c'est lui ou c'est nous qui lui aurions refuser le droit à l'existence souvent par lâcheté envers nous-même.
NB
Qui a voulu aussi être boxeur, triathlète, poète, n'a rien voulu être sinon chômeur. Il aurait fallu vouloir être boxeur ou ne pas être du tout ou tout être à sa Muse.
CITATION
Wislawa Symborska poète: "Muse! Être boxeur ou ne pas être du tout./ Ce n'est jamais pour nous qu'on fait hurler les foules./ Il y a dans la salle douze têtes/ il faudra commencer la fête./ La moitié ne sont là que parce qu'il pleut dehors./ Les autres c'est la famille. Muse."
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