mercredi 30 juillet 2025

La chaleur humaine


Je voudrais poser la question du bonheur comme la question essentielle qui se pose à nous sous la forme que je crois être: nous vivons pour les biens ou pour les êtres humains?

Quand nous sommes appelés à jouir de la vie dans la société de consommation qui est la nôtre nous sommes appelés à consommer des biens et c'est ce que nous faisons sans cependant être jamais rassasiés pour autant.

Nous croyons alors qu'en augmentant notre niveau de vie ont augmentera notre niveau de satisfaction ou pour le moins diminuera notre sentiment de frustration et nous augmentons effectivement notre niveau de satisfaction et diminuons effectivement notre sentiment de frustration.

Il ne faut pas croire que l'affaire ne marche pas et que nous ne savons pas compter mais plutôt que l'affaire marche bien et que nous sortons content ou plutôt avec notre content de marchandises.

Et, qui plus est, nous ne sommes pas sans l'ignorer, ce content de marchandises fait comme un appel d'air qui est un appel d'êtres humains à qui comme à nous la misère répugne et que la richesse attire, séduit.

On n'est pas ici vous l'aurez bien compris dans une vision idyllique de l'être humain comme de la société humaine mais en train de chercher à comprendre pourquoi ça ne marche pas aussi bien qu'on le voudrait entre nous.

Entre nous qui courons tous aux biens comme on court au bonheur. Trop facile serait d'affirmer que l'argent ne fait pas le bonheur; à quoi on s'empressera alors d'ajouter: mais y contribue fortement.

Ceci dit, et malgré que la part fait aux biens de loin dépasse la satisfaction des nécessités premières, on ne peut pas en rester là; mais si l'humain vient à nous manquer c'est pas plus compliqué que ça: c'est parce qu'on en reste là.

C'est qu'habitués que nous sommes à gérer les biens on le devient moins à gérer l'humain, sinon en tombant dans le travers de vouloir le gérer comme un bien comme un autre, ce qu'il n'est pas et que nous apprenons à nos dépens.

C'est encore (ne sachant plus faire autrement) à partir de biens que nous voulons le contenter et lui comme nous, ayant mis sa foi dans les biens et leur acquisition, par les biens se laisse tenter et contenter; quand heureux il ne l'est pas plus que nous

Il existe cependant une dépense (puisqu'il s'agit bien ici de dépenses mais de dépenses sans compter) qui est de moins en moins notre fort et c'est la dépense chaleureuse, or la chaleur humaine ne peut être dispensée que par un être humain à un autre être humain.

Nous en serions de plus en plus avare. C'est encore que pour la dispenser il faudrait la recevoir or elle circule de moins en moins entre nous pour laisser place à la froideur que requièrent les affaires, c'est-à-dire les biens.

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