D'avoir à les employer à faire la même chose, de leur demander de faire la même chose, je me rendais bien compte était l'erreur où j'avais été conduit par une société qui nous employait de même, comme si nous avions tous été pelles ou tous marteaux ou tous pioches.
Et c'était à s'occuper de ma femme que je les employais, mais tandis que l'un acceptait de lui donner un bain, l'autre préférait lui donner une douche; quand j'acceptais enfin avec l'un de lui donner une douche et avec l'autre de lui donner un bain.
Ce n'est pas ainsi que la société s'était servie de moi aussi que de tous ceux employés par elle; ne cherchant pas à tirer parti de chacun d'entre nous mais de tous sans distinction et de la même façon inopportune à tous; par ce que nous avons de commun et non pas de différent.
C'est sans doute en quoi elle nous veut semblable, ne faisant pas de nous un usage particulier. C'est sans doute aussi en quoi par la machine nous sommes de plus en plus remplaçable et remplacés. Ma génération plus que toute autre génération a connu le chômage.
On évoque il est vrai des raisons économiques quand j'évoque ici une raison proprement humaine mais d'un homme entré de force dans la machine économique de son temps et lui-même comme machine humaine, c'est-à-dire imparfaite.
Ce qui m'amène à penser que de mes deux employés comme de moi même je dois tirer parti de nos imperfections aussi que nous ne sommes pas toujours fait pour travailler ensemble comme les rouages d'une même machine, que nous sommes attachés à notre liberté d'action comme de pensée.
J'aime l'homme parce que je suis un homme. Comment l'homme peut-il aimer la machine puisqu'il est un homme? C'est que c'est un meilleur outil que l'homme. Mais d'où lui vient de considérer l'homme comme un outil sinon de l'exploitation de l'homme par l'homme.
La machine dont l'on dit qu'elle prend la place de l'homme devrait plutôt aider l'homme à retrouver sa place qui n'est pas la place de la machine: il n'est pas pelle, il n'est pas marteau, il n'est pas pioche, il est un homme.
Il n'est pas la quantité, il est la qualité. Sa place est singulière aussi doit être la considération qu'on lui porte et le traitement qui lui est réservé. Tant qu'il n'aura pas trouvé sa place il sera maltraité par tous ceux qui le confondent à l'outil, qui partent de la machine.
Quand il faut toujours partir de l'homme singulier plutôt que de la machine plurielle, et de ce qu'il peut faire, et lui demander ce qu'il peut faire c'est lui demander comment il pense le faire, car si la machine ne pense pas, l'homme pense.
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