Pourquoi je continuerais à vivre? Qu'apporteraient de plus à ma vie quelques années de plus? Si je ne me pose pas ces questions ou que j'y réponds négativement c'est que je vis sous le régime des plaisirs auquel cas les années ne comptent pas, n'y ajoutent rien, pas plus qu'elles n'y enlèvent rien. Par contre, si c'est ce régime qui régit ma vie l'on peut comprendre qu'il me coûtera autant demain qu'aujourd'hui de la quitter.
Il en va différemment s'il est question de réalisation personnelle, de projet de vie, car tout projet arrive à son terme une fois réalisé, et par conséquent une fois réalisé ce projet de vie il devrait m'en coûter moins de la quitter cette vie. Sans doute alors est-ce le cas non pas de la multitude vouée aux plaisirs mais des grands hommes qui sont ceux qui pour eux-mêmes aussi que pour l'humanité ont réalisés de grandes choses.
Mais il est une idée aussi très grande et qui cette fois-ci vaut pour tout le monde bien que la plupart d'entre nous n'en ait pas conscience et croit lui préférer celle "des petits plaisirs de tous les jours" et c'est celle de sacrifice, car il n'y a pas qui ne se sacrifie pas pour un autre (le cas le plus visible est celui des grands-parents vis à vis de leurs petits enfants) mais plus facile encore a d'admettre est que l'on ne vit pas que pour soi. Le sort de celui qui reste seul au monde est peut-être encore moins enviable que le sort de celui qui quitte le monde.
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