Il raconterait son rêve bien qu'il n'y ait rien à raconter sinon qu'il ait été tout le temps sur la brèche et qu'en se réveillant, qu'en ouvrant les yeux comme sur la réalité c'est ce qu'après réflexion il eut compris que c'est ce qu'on avait voulu de lui, que les gens, et il disait les gens, mais il avait vu leur visage qui lui était apparu, et il aurait pu aussi mettre un nom sur ces visages, que les gens, ne voulait pas tant que l'on fit les choses pour eux, car à chaque fois qu'il pensait ainsi s'en débarrasser ils revenaient à la charge, et c'est que ce qu'ils voulaient, et il l'avait enfin compris, c'est d'être accompagné dans ce qu'ils faisaient, et qu'ils auraient bien pu faire seul. Il y avait eu la femme du dessous, il l'avait reconnue dans son rêve qui lui avait parlé et il avait fait ce qu'elle lui avait demandé ou s'apprêtait à le faire quand elle lui avait finalement dit que plus tard, que là tout de suite elle n'avait pas le temps et cela bien qu'elle lui ait d'abord dit que c'était urgent, et il l'avait écouté et c'est ce qu'elle voulait plus que tout qu'il l'écouta, puis elle partie avec l'assurance qui l'écouterait à nouveau. C'était une petite femme très maigre qui vivait seul dans son appartement du rez-de-chaussée et l'accrochait à chaque fois au passage ou c'était sa femme malade qui ne voulait plus manger mais que l'on fut avec elle le plus longtemps possible, mais cela elle ne le disait pas, quand elle mangeait et pour cela se refusait à ingurgiter la nourriture comme on voulu qu'elle l'ingurgita pour se débarrasser d'elle et de la corvée de lui donner à manger; le fils de son frère aussi, était là dans son rêve, qui à plusieurs reprises devait passer et n'était pas passer mais voulu maintenir le lien bien que le lien entre lui et son père qui était son frère n'eut jamais exister, bien qu'il n'y ait plus aucun lien depuis longtemps qui n'existe entre les personnes vivantes chacun de leur côté, qui n'étaient plus frères, plus personne n'était frère de personne, et c'était pourtant ce que réclamait ces personnes vivantes chacune de leur côté que d'être accompagnée, quand c'était devenu un véritable cauchemar comme celui qui l'avait réveillé que de les accompagner parce que la demande aurait augmentée de façon exponentielle tandis que plus personne ne s'offrirait à la satisfaire. C'est ce qui avait donné en tout cas à son rêve un caractère oppressant et l'avait réveillé, mais maintenant qu'il s'était réveillé et se trouvant lui-même bien seul et réveillé il aurait voulu se rendormir pour retrouver son rêve où l'on avait besoin de lui semble t-il parce qu'on le réclamait et que ceux qui le réclamaient faisaient qu'il ne fut point seul mais à son tour accompagné dans la vie, car qui aurait su dire qui accompagnait qui finalement, et il était dur de se réveiller seul dans la vie pour n'avoir voulu accompagner personne, et c'était ce qui lui arrivait, et c'était ce qui arrivait à tous ceux qui ne voulaient pas accompagner les autres dans la vie, autant dire que c'était ce qui arrivait à plus en plus de monde comme lui et autour de lui parce qu'il les avait reconnu à tous, et ils étaient légion, et il faisait lui aussi parti de cette légion, et ce n'était pas la légion étrangère où une nuit il avait voulu s'engager parce qu'il se trouvait tout seul dans la vie et cherchait de la compagnie pour mourir ou avant de mourir, des compagnons de combat pour ne pas affronter la mort tout seul, et c'était seulement ce que demandait maintenant sa femme car il s'était réveillait dans la chambre où dormait sa femme qui même dans son sommeil n'eut pas voulu être seule. Lui dispenser des soins, beaucoup y avait renoncé, il n'y aurait plus rien à faire, mais plutôt que toute cette activité aussi bruyante qu'inutile c'était une présence tranquille qu'elle réclamait, d'être accompagnée, mais plus personne ne voulait plus accompagner personne, même lui qui était son mari, on lui avait dit qu'il fallait qu'il pense à lui et c'était bien le problème que chacun ne pensa qu'à lui, que de n'être pas lié les uns aux autres, d'avoir à pensé séparément la vie, parce qu'on n'était plus jamais ensemble même quand on était ensemble. L'horreur où il s'était retrouvé dans son cauchemar était d'y avoir vu grouiller autour de lui tant de solitudes qui avait faim de l'autre et ne savaient plus trop quoi lui demander à l'autre, parce que tout cela n'était que prétexte, que prétexte inavouable, car ils n'avaient en réalité besoin de rien, que d'être accompagner dans la vie, tous autant qu'ils étaient. C'est que la société dispensatrice de biens ne l'était pas de personnes, d'humanité, d'amour, d'amitié, de liens; dispensatrice de biens et de soins vis à vis de la personne considérée non pas comme une personne mais comme une personne à charge voilà ce qu'elle était la société et personne ne voulait plus être la charge de personne, c'était une honte que personne ne voulait plus endosser et que la société sur le dos de chacun faisait peser comme une honte, une honte inavouable. Mais dans son rêve à lui tout le monde était revenu comme qui dirait à la charge et c'est pourquoi il aimerait maintenant retrouver son rêve, maintenant qu'il y avait bien réfléchi et considéré que c'était un monde où plus personne n'était seul parce que chacun pesait de tout son poids sur chacun et que c'était même comme ça que tout le monde tenait debout en s'appuyant les uns sur les autres, et qu'il n'y avait pas de société qui puisse tenir autrement, combien cela lui apparaissait clairement maintenant qu'il avait ouvert les yeux sur la réalité de cette société où personne n'existait pour personne, où personne ne voulait être une charge pour personne, parce que personne n'était plus personne sinon une charge, et la société elle-même était devenue une charge que plus personne ne voulait porter, ne voulait endosser. Il fallait à nouveau peser, peser de tout son poids, que tout le monde pesa, pesa de tout son poids, que l'on n'eut pas honte de son poids qui était son poids d'hommes et de femmes qui s'appuient les uns sur les autres, qui trouvent ses appuis en l'autre, comme un sportif sur ses starking block, pour que l'humanité retrouve son élan, puisse aller de l'avant, il fallait qu'elle retrouve ses appuis car c'était ses appuis considérés à tort comme une charge qui lui manquait, de s'appuyer, de s'appuyer, et fortement, et fortement, de tout son poids, et en pesant, et en pesant, et merde à nos gouvernants, et merde à Vauban, il fallait sonner la charge humaine, il fallait charger avec son poids d'homme et de femme.
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