mercredi 28 juin 2023

Etre et existence (ou le bonheur de vivre)


Quand on est pas fait pour un moment de plus ou un moment de moins mais pour un moment d'être qui est moment d'existence on n'est pas fait pour cette société. On ne vit pleinement que si l'être vit. Il n'y a d'autre existence que l'existence de l'être qui ne peut être que pleinement dans l'existence. L'être est un être d'amour et l'amour temps plein de l'existence. Qui connait le bonheur d'aimer connaît le bonheur d'exister. Oh! conscience honnie d'une société où l'existence serait un bien comme un autre, ne ferait pas partie de l'être mais de l'avoir, et serait à ce titre capitalisable. Société qui fait de l'être un étranger à lui-même pour que ce soit en elle et non en lui, par son avoir et non par son être, qu'il cherche à exister. Aliénation de l'homme pour qui le bonheur ne peut plus être qu'une folie le poussant à chaque fois un peu plus hors de lui, quand le bonheur ne peut être que bonheur d'exister. Qui recouvre son existence recouvre son bonheur d'être. Passer toute une vie à côté de cet être d'existence est passer toute une vie à côté de l'existence et par conséquent du bonheur d'exister. N'avoir vécu que d'avoir, quand ce sont ces rares moments d'être qui sont les rares moments d'existence. Quand la société parle d'engagement, de l'être engagé, elle se réfère exclusivement à l'être qui s'engage pour elle, à l'être politique, à l'être et à son engagement politique, à l'être aliéné, à l'être qu'elle s'est aliénée. Vision étroite de l'être, de l'être limité, borné à sa société, quand il n'y a pas d'autre engagement véritable, total, que de l'être dans son existence ; l'existence lui étant ainsi attachée qu'elle réclame la participation de tout son être s'il veut exister pleinement et non vivre morcelé en traitant la vie comme un bien capitalisable à intérêt variable, être qui connaît alors des hauts et des bas, à la pitoyable existence parce que dépendante non de l'être mais de l'avoir. Répugnante créature de la société en ce qu'elle est sa création. Qui n'aime pas cette société ne peut aimer l'homme de cette société sinon en ce qui lui échappe, parce que par tout ce qui lui échappe l'être retrouve sa part d'existence et elle est amour, amour de l'existence, bonheur de vivre.

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