mardi 16 mai 2023

Le cœur de l'homme

 

Quelle immense défection dans le cœur de l’homme où l’homme vient à manquer, mais il ne lui faut que du sang cependant qu’il continue à battre inutilement quand il ne bat plus que pour lui-même. Il y a bien longtemps que cela lui est arrivé, on le ferait même remonter à l’origine des temps ou de la divinité, bien que pour tout nouvel homme cela soit une nouveauté, le Dieu des inconsolés, le Dieu aimant de ceux que l’amour a quitté, le Dieu ancien et nouvel arrivé dans un cœur dévasté, car voilà que ne croyant plus en l’homme il croit en Dieu. Mais Dieu est mort et il faut à ces cœurs vaillants à nouveau trouver à aimer. Qui a tué Dieu ? La société. Et c’est ce criminel qu’ils vont aimer. En lieu et place l’instituer. Mais le premier occupant c’est l’homme, l’ont-ils oubliés ? C’est toujours l’homme qui vient à manquer. Et aujourd’hui on y met en lieu et place la société. A son tour on annoncera la mort de la société comme on a annoncé la mort de Dieu. C’est que jamais n’a existé que l’homme. Et que son amour l’a quitté. Et comme à chaque fois qu’il le quitte il lui faut le remplacer. Qui sait ce qu’il va bien pouvoir encore trouver en lieu et place de l’homme, l’homme ? A moins ( terrible vérité, la plus terrible de toutes) qu’il n’en vienne à se résoudre qu’il ne lui faut que du sang pour battre à son cœur qui est le cœur de l’homme.

NB

Il est surprenant à cet effet de constater à quel point Rousseau peut parler de la société comme on pourrait parler de Dieu : " Celui qui ose entreprendre d'instituer un peuple doit se sentir en état de changer, pour ainsi dire la nature humaine; de transformer chaque individu, qui par lui-même est un tout parfait et solitaire, en partie d'un plus grand tout dont cet individu reçoive en quelque sorte sa vie et son être"

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