dimanche 12 février 2023

Le social

 

Le social est une plaie qui s’est répandue sur toute la surface de la terre parce que le social ce n’est pas l’humain : c’est une lèpre pour l’humain, elle l’entache et ses taches sont celles de la société, ses taches sont celles qui font de son corps non plus le corps de l’humain mais le corps social, c’est-à-dire qui le dépossède de ce qu’il a de plus intime. A commencer par les êtres qui lui sont chers. Ce ne serait plus à lui de s’en occuper. Mais à la société. A la société qui fait dans le social. Dans le social mais pas dans l’humain. Car l’humain veut l’humain et le traitement de l’humain. Quand la société veut la société et le traitement de la société. Il y a une nuance. Le drame est que cette nuance devient de plus en plus imperceptible à l’œil de l’humain trop habitué à voir la société partout et en tout se substituer à lui. Mais de cela aussi il souffre l’humain. Il ne sait pas qu’il souffre l’humain de ce que la société a pris la place de l’humain. Et comment ? Par le social. Et où est la différence ? La différence c’est que le social se fait dans l’application des lois, tandis que l’humain transgresse les lois et c’est ce pouvoir transgressif que le social veut enlever à l’humain, c’est-à-dire rien de moins que ses sentiments, ses sentiments humains, ceux qui lui font aimer (et l’on sait combien l’amour peut être transgressif) ses proches au point de vouloir les garder avec lui plutôt que de s’en séparer au moindre mal (la vieillesse, la maladie) à la charge de la société qui fait dans le social.

Certes elle peut l’aider mais pas se substituer à lui, l’humain. Et la volonté de la société c’est de se substituer par le social à l’humain, seulement la société ne traite pas l’humain en humain : cela il n’y a qu’un humain qui peut le faire pour un autre humain : son traitement ne peut être que social à la société : voilà la nuance, voilà toute la différence qui parait minime et qui est immense et qui fait que l’humain souffre du social quand il se substitue à l’humain parce qu’il n’y a plus d’amour, l’amour qui est le propre de l’humain. Et l’humain devenant lui-même de plus en plus social devient de moins en moins humain. La lèpre du social a envahi tout le corps et tout l’esprit de l’humain qui ne sait plus qu’agir socialement mais plus humainement, qui en se socialisant c’est déshumanisé.

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