jeudi 13 octobre 2022

Le mal et le bien (1)

 

Si le mal a cours c’est qu’il y a quelque intérêt à le faire tandis qu’il y en a moins a faire le bien. De même le mal est mieux défendu que le bien pour cette même raison que c’est l’intérêt qui le défend tandis que le désintéressement ne lutte pas contre, et en ne faisant que s’y désintéresser il ne fait pas pour autant le bien, comme on a trop tendance à le penser, puisque laissant libre cours au mal. On dit que le mal est réprimé, mais c’est ne pas considérer que quand il l’est le mal n’a plus cours, il y a donc place pour le bien, ou encore, on peut afficher le plus grand désintéressement vis-à-vis du mal puisqu’il n’y a plus intérêt à le commettre ou à le défendre. Ainsi tandis que le mal est une action négative le bien ne serait que rarement une action positive mais l’absence d’action même, ce qui laisse toute place au mal de s’exercer comme il ne manque jamais de le faire, puis une fois commis et laissant la place vide le bien la trouvant vide et sans crainte peut s’y installer à loisir et y parader, car c’est le bien qui parade, le mal agissant toujours à couvert du bien qui parade sur la place publique. Que le désintéressement est beau à voir, même s’il ne fait rien (entre parenthèses contre le mal) contre l’intérêt seul moteur de l’action des hommes. A priori rien, à posteriori on peut lui accorder au bien quelque victoire sur le mal, mais ce sont quelque victoire après la défaite et pour la faire oublier, pour faire oublier que c’est le mal et non le bien qui dicte sa loi sur le champs de bataille des intérêts divergeant où l’on compte ses victimes, c’est-à-dire tous ceux qui par lui n’ont pas été épargnés. Dites-moi ce qui peut encore s’appeler bien quand le mal a été fait.

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