vendredi 26 mars 2021

Le Coronavirus n°14 ( Il y a trop de monde)

 

Si vous entendez dire qu'il y a trop de monde ne tournez pas la tête à droite ou à gauche, il y aura alors trop de monde qui tourne la tête à droite ou à gauche. Les embouteillages c’est vous. La foule c’est vous. Les queues c’est vous. Les quais bondés aux heures de pointes c’est vous. Les hôtels surbookés c’est vous. Tout ce qui affiche complet c’est vous. Aux urgences c’est encore vous. Vous êtes trop de monde. Tu as vu il y a un monde fou, dites-vous. Et que voulez-vous que l’on fasse quand il y a trop de monde comme vous ? Et qui nous oblige à faire ce que l’on fait quand il y a trop de monde comme vous ? C’est vous. Il faudrait…dites-vous. Eh bien, c’est ce que l’on fait avec vous quand il y a trop de monde comme vous. Parce qu’il est un monde qui n’est pas du même monde que vous, il est un monde où il n’y a jamais trop de monde. C’est le beau monde. Dire il y a trop de monde ce n’est rien dire d’autre que dire que vous êtes de ce monde où on est de trop. Certes, tout le monde n’a pas toujours eu l’impression d’être de trop mais de compter. Et l’on nous compte certes, mais c’est souvent pour constater que l’on est de trop. Ces derniers temps c’est dans les hôpitaux qu’on est de trop, et pour qu’on ne soit pas de trop dans les hôpitaux il faudrait que l’on reste chez nous. Le confinement serait la règle qui confirme que, partout où l’on est, on est de trop. Car de partout et de tout le monde l’on entend maintenant dire : il y a trop de monde.

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