De quel amour est-on capable ? Autant se demander de quelle connaissance est-on capable ? J’aime jouer aux échecs au niveau de connaissance que j’ai des échecs. Un niveau supérieur que je n’ai pas acquis relève d’une exigence supérieure, d’un amour supérieur que je n’ai pas pour les échecs qui ne m’ont pas motivés suffisamment pour que je m’efforce de l’atteindre. Quand je dis que j’aime les échecs je ne parle pas donc du même amour qu’aurait pour ce jeu un maître d’échecs. L’amour qu’on a pour une personne ait aussi fonction du degré de connaissance que l’on a de cette personne, car je ne parle pas ici de l’illusion d’aimer. Elle peut me reprocher de ne pas l’aimer assez. Son exigence est alors plus haute que la mienne. Elle me reproche alors de ne pas la connaître assez pour ne pas l’aimer davantage ou mieux, ce qui revient au même (ici qualité et quantité ne font plus qu’un). Mais comme je ne suis pas capable de jouer aux échecs à un niveau supérieur au mien je ne suis pas capable non plus de l’aimer à un niveau supérieur, à un autre niveau de connaissance que le mien. Je suis limité aux échecs comme je suis limité en amour. Tout le monde n’a pas ou ne met pas sa limite au même niveau. A tout est connaissance il faudrait maintenant rajouter tout est exigence en matière de connaissance. Et si toute connaissance est amour il faut croire que l’on aime pas tous autant. Et si l’on aime pas tous autant c’est que l’on a pas tous atteint le même niveau de connaissance et cela parce que l’on a pas tous la même exigence.
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