dimanche 12 avril 2020

Le Coronavirus n°8


Alors que l’homme considère que la nature forme  un écosystème et que tout dans cet écosystème participe à la vie de cet écosystème, c’est-à-dire la nature dans toute sa diversité, du plus humble végétal à l’animal le plus évolué, il est loin de considérer que tout homme à sa place dans la société des hommes. Ses critères seraient plus que restrictifs. Qui ne participerait pas à la rentabilité du système ne participerait pas au système. C’est que l’homme ne ferait pas partie d’un écosystème mais d’un système économique. Et c’est en fonction de ce dernier qu’on évalue son potentiel ou son utilité. C’est pourquoi reconsidérer l’homme comme faisant partie d’un écosystème serait reconsidérer l’homme tout court. Sa diversité ne serait plus sujette à discrimination sociale. Il aurait comme tout animal ou végétal son rôle à jouer dans la nature, quand bien même on ne lui aurait pas alloué de rôle dans la société. Mais il est fort à parier que si la société cesse aussi d’être une société strictement économique pour être une société où l’homme retrouve sa place dans l’écosystème alors tout homme aura dans cette société son rôle à jouer parce qu’il sera considéré dans sa diversité : il n’y aura pas qu’un seul modèle d’homme ni qu’une seule fonction de l’homme qui prévaudrait sur toutes les autres. On retrouvera pour parler de l’homme cet amour qu’on les botanistes pour parler des plantes. Ce ne sera plus seulement un prédateur et au prédateur lui-même une place sera reconnue. Les sociologues ne seraient plus des sociologues mais des « écosociologues », parce qu’il y a encore une donnée qui échappe aux sociologues qui s’occupent de la place de l’homme dans la société et c’est la nature des espèces vivantes dont l’homme fait partie et la place qu’il occupe ou devrait occuper dans cette nature. Quand on parle des espèces en voie de disparition ou menacées de disparition on oublie l’homme et cet oubli pourrait coûter très cher à l’homme.

Que le Coronavirus fasse surgir de telles pensées dans l’esprit d’un homme il ne faut pas s’en étonner. Pas plus qu’il ne faille envisager que le Coronavirus ne vienne pas seul mais accompagné de désastres écologiques forçant l’homme à n’être plus en guerre ni contre les autres (terroristes ou pas) ni contre lui-même (comme il l’est quand tout occupé par la cherté de la vie il n’accorde aucun prix à la planète où il vit), mais plutôt à rassembler ses forces pour sauver ce qui lui reste de vie et de planète. Le mot guerre a été lancé et en effet le risque serait de mener des batailles séparées ou de croire la guerre gagnée quand on n’aura gagné qu’une bataille, parce qu’il y en aura d’autres ou sous d’autres fronts à mener. Et le plus dur sera toujours pour l’homme de rester uni, de ne pas chercher des boucs émissaires, de faire table rase du passé, de la société des hommes qui est la société économique avec ses critères restrictifs pour se laisser pénétrer par l’idée d’une « écosociété » où l’on ne traite pas certains hommes comme des animaux, mais les animaux, tous les animaux comme des hommes ; parce qu’il y a le risque que l’on traite non pas comme des hommes mais comme des hordes d’animaux en transhumance tous les réfugiés climatiques qui seront alors autant de victimes non pas de la planète mais de l’homme ; parce que les hommes, tous les hommes, sont des animaux qui ont leur place dans l’écosystème de la planète terre et qu’il leur faut la retrouver.

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