Alors que l’homme considère que la nature forme un écosystème et que tout dans cet écosystème
participe à la vie de cet écosystème, c’est-à-dire la nature dans toute sa
diversité, du plus humble végétal à l’animal le plus évolué, il est loin de
considérer que tout homme à sa place dans la société des hommes. Ses critères
seraient plus que restrictifs. Qui ne participerait pas à la rentabilité du
système ne participerait pas au système. C’est que l’homme ne ferait pas partie
d’un écosystème mais d’un système économique. Et c’est en fonction de ce
dernier qu’on évalue son potentiel ou son utilité. C’est pourquoi reconsidérer
l’homme comme faisant partie d’un écosystème serait reconsidérer l’homme tout
court. Sa diversité ne serait plus sujette à discrimination sociale. Il aurait
comme tout animal ou végétal son rôle à jouer dans la nature, quand bien même
on ne lui aurait pas alloué de rôle dans la société. Mais il est fort à parier
que si la société cesse aussi d’être une société strictement économique pour être
une société où l’homme retrouve sa place dans l’écosystème alors tout homme
aura dans cette société son rôle à jouer parce qu’il sera considéré dans sa
diversité : il n’y aura pas qu’un seul modèle d’homme ni qu’une seule
fonction de l’homme qui prévaudrait sur toutes les autres. On retrouvera pour
parler de l’homme cet amour qu’on les botanistes pour parler des plantes. Ce ne
sera plus seulement un prédateur et au prédateur lui-même une place sera
reconnue. Les sociologues ne seraient plus des sociologues mais des « écosociologues »,
parce qu’il y a encore une donnée qui échappe aux sociologues qui s’occupent de
la place de l’homme dans la société et c’est la nature des espèces vivantes
dont l’homme fait partie et la place qu’il occupe ou devrait occuper dans cette
nature. Quand on parle des espèces en voie de disparition ou menacées de
disparition on oublie l’homme et cet oubli pourrait coûter très cher à l’homme.
Que le Coronavirus fasse surgir de telles pensées dans
l’esprit d’un homme il ne faut pas s’en étonner. Pas plus qu’il ne faille envisager
que le Coronavirus ne vienne pas seul mais accompagné de désastres écologiques
forçant l’homme à n’être plus en guerre ni contre les autres (terroristes ou
pas) ni contre lui-même (comme il l’est quand tout occupé par la cherté de la
vie il n’accorde aucun prix à la planète où il vit), mais plutôt à rassembler
ses forces pour sauver ce qui lui reste de vie et de planète. Le mot guerre a
été lancé et en effet le risque serait de mener des batailles séparées ou de
croire la guerre gagnée quand on n’aura gagné qu’une bataille, parce qu’il y en
aura d’autres ou sous d’autres fronts à mener. Et le plus dur sera toujours
pour l’homme de rester uni, de ne pas chercher des boucs émissaires, de faire
table rase du passé, de la société des hommes qui est la société économique
avec ses critères restrictifs pour se laisser pénétrer par l’idée d’une
« écosociété » où l’on ne traite pas certains hommes comme des
animaux, mais les animaux, tous les animaux comme des hommes ; parce qu’il
y a le risque que l’on traite non pas comme des hommes mais comme des hordes
d’animaux en transhumance tous les réfugiés climatiques qui seront alors autant
de victimes non pas de la planète mais de l’homme ; parce que les hommes,
tous les hommes, sont des animaux qui ont leur place dans l’écosystème de la
planète terre et qu’il leur faut la retrouver.
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