lundi 23 mars 2020

Le faux dévot


Comme je disais à Tayeb que je me trouvais dans un jardin de Granada avec celle qui quelques années plus tard serait ma femme et que je l’embrassais quand un garde civil vint vers moi pour me le reprocher, il se rappela une histoire similaire qui lui était arrivée à Anaba, et je dis similaire car le point commun au deux histoires est l’état de religiosité où se trouvait dans ces années là ces deux pays que sont l’Espagne et l’Algérie que sépare à peine ce bras de mer qu’on appelle la Méditerranée.

Tayeb s’était assis avec son flirt dans un jardin d’Anaba situé face au cimetière quand un barbu vint le trouver et lui dire qu’ils ne devaient pas rester-là profanant par leur seule présence un lieu saint. Tayeb commença à l’examiner sans dire un mot, des babouches jusqu’au tarbouche, sa barbe ou son bouc, son pantalon afgan, et lui demanda s’il était d’ici, parce que dans chaque quartier d’Anaba il y trouverait quelqu’un qui le connaissait, et au cimetière d’Anaba deux arrières grand pères, des sœurs et des cousins à lui étaient enterrés.

Le faux dévot continua néanmoins son prêche vertueux à qui il ignorait être le frère d’un iman, et fait régulièrement ses ablutions et ses cinq prières par jour, et ne manque pas de faire le ramadan, car Tayeb n’affichait pas plus hier qu’aujourd’hui sa religion, ni par l’habillement, ni par une barbe ostentatoire, ni par le discours, le sien étant un discours amoureux, ce qui lui valait déjà à ses côtés la présence d’une charmante représentante dudit sexe faible qui devait attiser la jalousie du faux dévot.

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