Comme je disais à Tayeb que je me trouvais dans un
jardin de Granada avec celle qui quelques années plus tard serait ma femme et
que je l’embrassais quand un garde civil vint vers moi pour me le reprocher, il
se rappela une histoire similaire qui lui était arrivée à Anaba, et je dis similaire
car le point commun au deux histoires est l’état de religiosité où se trouvait dans ces
années là ces deux pays que sont l’Espagne et l’Algérie que sépare à peine ce
bras de mer qu’on appelle la Méditerranée.
Tayeb s’était assis avec son flirt dans un jardin
d’Anaba situé face au cimetière quand un barbu vint le trouver et lui dire
qu’ils ne devaient pas rester-là profanant par leur seule présence un lieu
saint. Tayeb commença à l’examiner sans dire un mot, des babouches jusqu’au
tarbouche, sa barbe ou son bouc, son pantalon afgan, et lui demanda s’il était
d’ici, parce que dans chaque quartier d’Anaba il y trouverait quelqu’un qui le
connaissait, et au cimetière d’Anaba deux arrières grand pères, des sœurs et
des cousins à lui étaient enterrés.
Le faux dévot continua néanmoins son prêche vertueux à
qui il ignorait être le frère d’un iman, et fait régulièrement ses ablutions et
ses cinq prières par jour, et ne manque pas de faire le ramadan, car Tayeb n’affichait
pas plus hier qu’aujourd’hui sa religion, ni par l’habillement, ni par une
barbe ostentatoire, ni par le discours, le sien étant un discours amoureux, ce
qui lui valait déjà à ses côtés la présence d’une charmante représentante dudit
sexe faible qui devait attiser la jalousie du faux dévot.
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