J'étais dans la peine comme un corps mouillé qui ne craint plus de l'être et à qui la pluie même peut paraître douce. Mais de l'avoir trop longtemps été et que personne ne vienne sécher mes larmes fait que j'en sois tout imprégné de cette peine, de sorte qu'elle ne me quittera plus jamais et que si je venais à fondre en larmes, ce en quoi plus que tout autre je dois me retenir, ce serait tout mon être qui se dissiperait tant il me semble qu'il n'y a plus en moi aucune substance solide qui ne soit sinon peine endurcie, callosité de la peine, c'est-à-dire fait de la substance même de la peine, et qui avec elle me quittera sans rien laisser parce qu'il n'y a rien en moi qui ne soit peine, peine infinie pour qui la joie même serait encore peine, peine inutile, car rien désormais ne peut plus m'atteindre et changer mon état, ma peine en joie, sinon mes joies en peine.
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