mercredi 28 octobre 2026

Les larmes d'Odile


Le bonheur et la nature du mal, je les vois bien ensemble ces deux là, et à qui il ne serait pas venu à l'esprit de les mettre ensemble pourrait échapper ce qu'il en est de l'un comme de l'autre. Trop souvent l'on considère le bonheur en soi et le mal en soi comme s'il pouvait se trouver comme se commettre seul, être privé de tout entourage comme Robinson sur son île.

Robinson sur son île est l'image de l'homme seul mais ceux qui ont réfléchit sur Robinson savent qu'il n'était pas vraiment seul, que l'accompagnait la société, ne serait-ce que par tous ces objets qui lui en restait et l'utilité qu'il savait en tirer. Aussi du bonheur on pense en faire une affaire personnelle. Pourtant on voit bien qu'on ne peut pas être heureux tout seul (sur son île).

N'empêche que c'est cette conception égoïste du bonheur qui fait notre malheur aussi que le mal. Odile a pleuré sur son bonheur. Elle avait une fois de plus échoué dans sa recherche perso du bonheur et c'est sur quoi Odile pleurait. Mais comme dit précédemment le bonheur ne vient jamais seul: il devait venir avec moi qui s'était montré impuissant à la secourir sur son île.

C'est que ce n'est pas le bonheur qu'Odile cherchait mais l'île du bonheur puisque c'est un bonheur perso sans considération de l'autre qui pouvait maintenant souffrir, le mal était fait, de ce refus d'entrer sur son île du bonheur du fait qu'il était maintenant estimé par elle qu'il ne pourrait pas le lui apporter.

On serait alors un peu tous comme Robinson ou Odile attendant sur notre île où l'on se sentirait bien seul que quelqu'un, notre sauveur, vienne nous l'apporter ce bonheur. On demanderait à ce quelqu'un d'agir en sa qualité de sauveur. Seulement voilà: il se trouve que ce quelqu'un est un autre Robinson ou une autre Odile qui attend également sur son île d'être secouru mais ne serait pas davantage disposé à secourir.

Autant dire qu'on ne voit pas l'autre mais son bonheur en l'autre, l'éventualité qu'il puisse nous rendre heureux, mais comment l'être à deux si nous sommes autant d'île du bonheur, c'est-à-dire à ne considérer que son bonheur et à ne considérer l'autre que comme éventualité qu'il puisse nous rendre heureux, que l'on voit comme Robinson sur son île voit passer un bateau au large et se dire ce n'est pas encore le bon.

C'est sur quoi Odile a pleuré: je n'étais pas encore le bon, celui qui allait la sauver de son naufrage car nous serions tous des naufragés solitaires sur notre île que nous voudrions cependant être l'île du bonheur. C'étaient, les larmes d'Odile, des larmes égoïstes qui visaient un bonheur égoïste, mais c'est aussi lequel nous visons tous, mais c'est aussi lequel nous pleurons tous.

Mais les larmes d'Odile ne sont pas des larmes de crocodile, Odile a vraiment eut mal, Odile a eut mal à son bonheur. Et je n'ai pas voulu faire mal à Odile, pas plus qu'Odile n'a voulu me faire mal, mais je n'étais plus (à ses yeux) son bonheur, mais je n'étais plus (à ses yeux) son sauveur, seulement un bateau qui s'éloignait et qui ne serait bientôt plus qu'un petit point au loin avant de disparaitre de son horizon.  

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