lundi 12 octobre 2026

La partie d'échecs


Que le jeu d'échecs soit un jeu guerrier et, qui n'aura pas voulu faire le parallèle ou simplement établir des correspondances entre la stratégie militaire et la stratégie aux échecs, trouvera ce qu'il a bien voulu y chercher mais Kasparov, ex champion du monde d'échecs, qui portait souvent sur l'échiquier de féroces attaques à ses adversaires, dans son livre: La vie est une partie d'échecs, ne s'est pas limité au champ de bataille mais plutôt étendu (ses réflexions échiquéennes) à la vie.

Une vie qui n'est pas inquiété aux échecs, qui n'encourt pas le risque de mort comme sur le champ de bataille, mais où nous sommes aussi amenés à prendre des décisions comme dans la vie. Et pourtant. "On dirait qu'ils jouent leur vie" se laissèrent aller à dire les joueurs de mon équipe, faisant allusion à certains, du nombre desquels nous pensions nous distinguer. Le match n'avait cependant pas encore commencé et on ne voit jamais que le visage de son adversaire.

Qui le temps d'une partie devient son ennemi. Car à peine la partie commence que les visages se referment et comme la partie va se durcir les visages aussi vont se durcir. C'est les hommes et pas le jeu qu'il faut voir pour voir la guerre. Inutile d'être au préalable des ennemis. L'on peut même être les meilleurs amis au monde. Cela n'empêchera pas que l'on devienne les pires des ennemis. Déjà l'on ne se parle pas ou plus. L'heure est grave et les mines renfrognées.

J'avais en face de moi un bien brave homme qui, avant que les hostilités commencent (car c'est bien de cela qu'il s'agit et personne ne sera épargné), avait passé les consignes et imparti les règles du jeu comme le temps qui nous était alloué. Mais ce n'était plus le même, et ce que je pouvais lire sur son visage, maintenant que la partie avait commencé, était une détermination farouche à me battre et cette impuissance que je connais trop où l'on livre tout parce qu'on ne veut rien livrer: et c'est vaincre ou mourir.

Vous dites que l'homme joue, moi je dis qu'il ne joue plus, aussi que c'est son vrai visage qu'il montre, dur, fermé, et non cet autre souriant, avenant, envers vous bien disposé, et je ne doute pas que le mien m'aurait fait peur au moment critique de la partie: je n'avais pas envie comme on dit de rigoler. Mon dentiste qui trouve que mes dents sont usées dit que c'est à force de trop les serrer, voire de les faire grincer. Je ne m'en rend pas compte, que je lui répondis,  et qui sait si c'est quand je "joue" aux échecs.

Ah oui, j'allais oublier, ce qui en dit aussi beaucoup sur la nature humaine et qui sait si sur la guerre. La guerre sur l'échiquier est terminée depuis un moment et mon adversaire a retrouvé son air bon enfant et son rôle de responsable de club: il débarrasse déjà les échiquiers des tables, je me propose de l'aider, mais c'est très gentiment qu'il repousse mon offre: nous sommes le club invité et la guerre est terminée nous pourrons bientôt tous retournés dans nos foyers (après avoir goûter à la fraternité des compagnons d'armes, ils nous a été servi un bon café).  

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