Il y aura toujours trop peu de policiers là où les gens se portent mal et trop là où ils se portent bien, comme il y aura trop peu de sécurité sociale là où les gens sont malades et trop là où les gens sont bien portants. Aussi on devrait cesser de penser en terme de quantité car pensent autant en terme de quantité ceux qui demandent plus de policiers que ceux qui demandent moins de policiers et ceux qui demandent plus de sécurité sociale autant que ceux qui demandent moins de sécurité sociale.
Aussi les uns comme les autres ne feront que participer à l'aggravation des problèmes d'une société qu'on pourrait dire alors de plus en plus malade sur le plan moral comme sur le plan physique. On est loin d'un esprit sain dans un corps sain. Aussi l'on ne luttera pas non plus contre la corruption dans la fonction publique en ajoutant des fonctionnaires qui viendront plutôt en augmenter le nombre en prenant le pli qui s'il est bon sera le bon pli mais s'il est mauvais sera le mauvais pli.
Toutes ces lapalissades ne semblent pourtant pas retenir l'attention d'une société qui a pris le parti délibéré de la quantité sur la qualité, la quantité l'emportant toujours sur la qualité, s'y soumettant comme on se soumet au vote majoritaire dans une démocratie. On pourrait parler de la trahison des élites si tout le monde ne participait pas à cette débandade générale étant au niveau où il se trouve au-dessous du niveau qu'exigerait une société pour faire société.
Il ne faut pas non plus désespérer sur le genre humain sinon se demander s'il n'est pas fait barrage à ces meilleures volontés ou représentants comme à ses meilleures intelligences et plutôt que de s'extasier ou d'apostasier l'intelligence artificielle, l'IA, le nouveau dieu qui sauverait l'humanité ou en précipiterait la fin, recourir à une intelligence plus humaine quand tout laisse à penser qu'elle ait cessé de plus en plus de l'être humaine et ceci bien avant qu'apparaisse l'intelligence artificielle, au point que seules ses erreurs étaient humaines.
Comment aussi peut-on penser parce que cela on peut le lire dans les journaux et non des moindres, dans Le Monde diplomatique, que, comme plus d'hommes (en l'occurrence des fonctionnaires) arrangeront les choses, plus de lois arrangeront aussi les choses. Quand ne serait-ce pas plutôt de meilleurs hommes, de meilleures lois; et qui dit que ces meilleurs hommes et ces meilleures lois n'existent pas déjà sinon qu'on croit pouvoir s'en passer quand sans eux et sans elles il ne peut y avoir de meilleure société.
De même comment ne pas ranger au nombre des conservateurs ceux qui mènent des combats d'arrière garde, pour ne pas perdre des acquis devenus privilèges ou qui n'ont plus lieu d'être sinon de contribuer au dépérissement de cette même société au florissement de laquelle ils avaient pourtant contribué; quand mieux vaut se battre pour gagner de nouveaux acquis au nom d'une nouvelle société plutôt qu'au nom d'une société vieillissante et vieillissant mal parce qu'en prenant de l'âge elle se serait viciée et aurait perdu le noble et généreux élan de sa jeunesse.
C'est que tout est à chaque fois à refaire, n'en déplaise aux anciens et comme ils se sont bien battus il faudra à d'autres bien se battre; que change la nature des combats qu'ils se consolent: pire serait que change la nature des hommes au point que non seulement ils ne puissent les égaler mais encore les prendre comme modèle. Car là aussi c'est la qualité qui plus que la quantité devrait être sujet de préoccupations. Que l'on puisse toujours parler en qualité d'homme et non en quantité d'hommes comme Ortega y Gasset (le grand philosophe espagnol) dans l'homme masse (qui est celui qui fait quantité et non qualité).
CITATION
Dans Le Monde diplomatique à l'article Réenchanter l'Etat on peut lire:
Pour le moins quantitatif: "Attal propose la suppression de cent mille postes de fonctionnaire et le Rassemblement national (RN) l'instauration d'une "règle d'or" budgétaire.
Pour le plus quantitatif: "Insoumis, écologistes et communistes voudraient prendre le relais de collectifs, d'associations d'usagers ou de syndicats en proposant l'augmentation du nombre de fonctionnaires, le développement des services de proximité, la création de pôles publics dans différents secteurs(transports, banque, etc.), une sécurité sociale intégrale…"
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