Il est une tendance fâcheuse qu'il me faudrait éviter c'est de dire les ouvriers, les patrons, les pauvres, les riches, les médecins, les enseignants et plutôt penser qu'il est autant d'ouvriers différents que d'hommes différents et ainsi pour les patrons et pour les pauvres et pour les riches et pour les médecins et pour les enseignants.
Parce qu'il y a une idée d'après laquelle je juge les ouvriers qui est l'idée que je me fais des ouvriers et ainsi des patrons et des pauvres et des riches et des médecins et des enseignants et qui est fausse en cela qu'elle ne peut valoir pour tous les ouvriers ni pour tous les patrons ni pour tous les pauvres ni pour tous les riches ni pour tous les médecins ni pour tous les enseignants.
Sale habitude que de faire des petits paquets d'hommes et encore plus de faire de gros paquets d'hommes pour tous les fourrer dedans qui est de la société et que je fais mienne sans considérer plus qu'elle l'homme mais tandis que son accaparement lui profite, car en les liguant mais comme on lie un paquet elle en fait des puissances ou forces antagonistes, quand l'homme qui se voit ainsi empaqueter à tout à y perdre.
Cependant je n'arrive plus a penser autrement qu'il me faut savoir qui est l'autre et que je crois le savoir quand il me dit qu'il est ouvrier ou qu'il est patron ou que je vois qu'il est pauvre ou que je vois qu'il est riche ou médecins ou enseignants je crois voir et savoir quel homme j'ai en face de moi alors que tout ça m'empêche de le voir réellement tel qu'il est, dans sa singularité.
Je ne vois moi aussi plus que des petits paquets ou des gros paquets d'hommes et jamais l'homme et toujours le paquet, comme on me l'a emballé, c'est à dire encore comme la société veut que je le vois et m'en fasse une idée, c'est-à-dire encore une opinion que je voudrais être mienne mais qui a bien y réfléchir serait sur lui, c'est à dire, moi l'homme, celle de la société, qui ni ne nous voit ni ne nous considère personnellement.
Que de chemin parcouru depuis que nous n'étions que des enfants pour qui l'autre enfant n'était qu'un autre enfant, j'entends sans autres considérations qui ne tiendraient pas à sa nature propre. Cela n'a sans doute jamais été vrai ni pour nous enfant ni pour l'enfance de l'humanité mais cela l'a été de moins en moins au fur et à mesure que l'on s'est éloigné de l'enfance comme de l'état de nature.
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