lundi 6 juillet 2026

Les doux


Nous portons tous des coups et nous recevons tous des coups. Nous serions donc tous violents. Et qui plus est notre société qui nous apprendrait essentiellement à porter des coups serait une société violente. Il se trouve cependant qu'entre nous il y aurait des doux qui auraient développé une science: la science des doux.

Je n'en ai comme la plupart d'entre nous que très peu connaissance mais il me semble à certaines choses ou signes que je vois et malgré que l'on ne l'a montre que très peu qu'elle existe aussi qu'ils existent bien qu'ils soient peu nombreux. Ainsi sans doute motivé par un besoin irrépressible de violence je regarde des combats de boxe où j' observe néanmoins que certains savent amortir les coups.

Ce sont les frappes qui intéressent et sont commentées et les bons coups signalés, ovationnés; quand la manière de certains d'accompagner les coups passe inaperçue. Souvent je passe aussi de l'art du pugilat à l'art des échecs et y fait une constatation similaire: c'est l'attaque qui prime. Un youtubeur colombien en fait sa devise: "siempre atacar" (toujours attaquer)

Il n'empêche que là aussi certains usent d'une technique ou d'une science qu'à aucun cours d'échecs à ma connaissance n'est dispensée: ils savent minimiser les pertes quand souvent ceux qui se prennent une combinaison ou piège tactique se sentant perdus risquent le tout pour le tout et alourdissent ainsi leurs pertes ces derniers s'en sortent plutôt bien parce que acceptant de perdre ils ne perdent pas tout.

Je dis que se sont des doux (parce que tout le monde portent des coups et en reçoit et que ce n'est pas cela qui nous distingue et pas la façon de les porter qui est toujours violente mais la façon de les recevoir qui seule peut-être douce) et que leur science trop peu connue et trop peu apprise est celle des doux.

J'ai dit aussi qu'elle n'était pas celle de la société que j'appellerait à cet effet la société du réveil parce que n'y a t-il pas plus brutal que d'être réveiller par la sonnerie du réveil mais comment faire autrement quand il faut aller travailler qui est porter des coups et en recevoir et cette société du réveil est la société du travail.

Cependant il me souvient que certains, très peu, m'ont dit qu'ils mettaient leur réveil à sonner longtemps avant l'heure du départ au travail et qu'ainsi réveillés par cette sonnerie toujours trop brutale ils prenaient le temps d'en amortir le coup en ne se levant pas immédiatement. Aussi j'évite de me lever dès mon réveil et traîne comme eux au lit. Qui me traite de paresseux? La société qui n'est pas la société des doux.

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