dimanche 5 juillet 2026

Ce qui manquait à ma vie


Je crois que c'est ce qui lui manquait à ma vie d'être saisie, ressaisie, embrassée, comprise, en commençant par moi-même, et pourquoi ne pas employer le temps qu'il me reste ainsi à la chérir et c'est m'arrêter à y penser plutôt que de continuer à la dissiper en vaines activités utiles dit-on et je serais alors un inutile étant utile à moi-même.

Et ce n'est pas ressasser comme on dit que font les vieux des souvenirs mais pencher sur elle, ma vie, un regard attentif qui voudrait être celui de l'intelligence et l'est au moins de la pensée, sortir le télescope de la pensée, plonger la sonde de la pensée; regarder en dedans et regarder en dehors ce qu'il en est et ce qu'il en a été.

C'est comme ces livres que je relis, car c'est aussi l'âge de la relecture, et qu'il me semble seulement comprendre et découvrir comme tous ceux à côté de quoi je suis passé sans vraiment le voir ou le voyant autrement me serait trompé sur sa nature comme un amour qui se trompe d'objet quand l'illusion dissipée il verrait plus clair en l'autre et qui sait si en lui aussi.

A ce regard jeune qu'il faudrait porter sur les choses je préfère ce regard d'un autre âge qui les éclaire autrement que de grâce et d'innocence à qui je crois l'on fait la part trop belle parce qu'il n'aurait été ni riche ni heureux sinon en désillusions, quand il y a un après les désillusions, un regard plus près des choses et moins de ce qu'elles paraissent.

Et comme je disais que ce n'est pas ressasser je dirais que ce n'est pas non plus prendre de la distance, relativiser; mais bien au contraire taper dans le dur de la vie, cette chose pas facile pour personne, et lui montrer de quel bois on se chauffe quand on se chauffe à la lumière de sa pensée parce qu'en nous éclairant elle nous réchauffe.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire