Pourquoi il m'a toujours semblé que la perception que les autres avaient de moi (si elle n'était pas sujet à préjugés) pouvait être plus juste que la connaissance que j'avais de moi? Cette dernière ne pouvant en aucun cas être objective: car je n'étais pas l'objet de ma connaissance mais le sujet lui-même, sujet et parti.
Par contre pour les autres j'étais bien un objet de connaissance c'est-à-dire quelqu'un dont ils pouvaient se faire une idée objective (s'il n'y investissait pas leur propre subjectivité faite de préjugés); ils pouvaient donc par là-même se faire une idée de moi plus parfaite que moi-même, car l'idée n'est pas l'objet mais disons les lois qui le régissent.
Et c'est ce que j'ai pu souvent constater: qu'ils savaient mieux que moi-même (souvent perdu dans les circonstances de mon vécu qui est celui du sujet ou de l'existant) ce qui me régissait, ce par quoi j'étais tenu; que l'idée qu'ils avaient de moi-même en disait plus long sur moi et portait ainsi cet objet (moi-même) à ma connaissance.
A ma connaissance inexacte qu'ils avaient parfaite n'en étant pas eux-mêmes l'objet (l'objet sujet) et pouvant en déterminer les lois qui la régissaient. C'est pourquoi quand ils avaient quelque chose à porter à mon attention je m'empressais d'y subvenir (c'est à dire de me corriger) tant je pensais que cela subvenait à mon être, c'est-à-dire dans ce qui le déterminait et déterminerait sa croissance ou épanouissement.
Je crois en cela beaucoup leur devoir et que plus qu'attention à soi, plus que le "connais toi toi-même" de Socrate, notre attention aux autres peut être attention à nous mêmes, et ainsi nous préserver de nous mêmes comme des autres, par une connaissance mutuelle; mais comment alors ne pas en être affecté? mais si l'affection qui nous tient aux autres est bonne pourquoi la connaissance ne serait pas bonne (pour le moins recevable)?
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