Vais-je passer d'un romantisme désuet à une philosophie ouverte et conciliante sur la femme parce que ce matin à dix heures sur France Culture j'ai apprécié tout ce que j'ai pu apprendre sur Simone de Beauvoir et Le deuxième sexe quand pour la plupart, à de rares exceptions prêt, je ne trouve les femmes ni ouvertes tout du moins avec moi, ni conciliantes tout du moins avec moi.
C'est une réalité que l'intervenante agréable et bienveillante s'étonnant du peu de portée qu'aurait tout discours philosophique ou mouvement comme MeToo semblait ignorer: c'est que chacun ne voit d'abord le monde que du bout de sa lorgnette et que du bout de la mienne il n'y a pas beaucoup de femmes; aussi mes amis qui ont eu des sœurs en ont davantage et meilleure connaissance.
Il est peu probable que les livres ou les mouvements sociaux puissent suppléer à ce manque basique: rien ne peut remplacer la femme. Ni tout ce qu'on en dit, ni tout ce qu'on en pense. Et c'est la femme en chair et en os qui a fait le plus cruellement défaut à ma vie et si encore cela s'arrêtait à ma vie mais aussi à celle de beaucoup d'hommes.
Et l'on n'est jamais mieux réglé que les uns par les autres. Le manque de contacts c'est autant de manque de réglages. L'homme inadapté à la femme comme la femme inadapté à l'homme c'est l'homme sans femme comme c'est la femme sans homme. On parle de la relation qui serait mauvaise mais l'absence de relation n'est-il pas plus mauvais encore?
Et cette femme romantisée ou idéalisée comme cette femme mythifiée (la maman ou la pute) n'a t'elle jamais pu existée qu'à la place de la femme en chair et en os parce qu'elle manquait à l'appel, c'est-à-dire à ceux et par ceux à qui elle faisait défaut. La femme m'a plus souvent accompagné en pensée qu'autrement et je me souviens d'un ami qui me disait qu'on parle toujours trop d'amour pour le peu qu'on le fait et que ça dure.
Je ne pouvais être alors que ce machiste qui déclare que la femme qui rejette le jeu de rôle que la société lui impose n'est encore que trop conformiste car c'est la société tout entière qu'elle devrait rejeter autrement et si elle n'y était pas si attachée ou soumise comme elle le serait à l'homme; en prenant homme elle prend société et qui ne serait pas reconnu par la société ne serait pas non plus reconnu par la femme.
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