samedi 11 juillet 2026

Amour ou amitié


Que j'aimerais qu'ils soient tout le temps avec moi comme un enfant gâté qui exigerait tout de tout le monde, aussi que tout lui soit dû. Je parle de mes amis qui sont des êtres indépendants et libres tout du moins vis à vis de moi et je crois que c'est en cela que la relation amicale est moins aliénante que la relation amoureuse ou souvent notre indépendance comme notre liberté sont aliénés.

Il se trouve par là que mes amis restent longtemps mes amis, cela n'a pas grande incidence sur notre amitié qu'ils aient aussi des amis qui ne soient mes amis, que j'ignore ou n'ignorant pas restent les amis de mes amis sans devenir les miens d'amis ni pour autant que j'en prenne ombrage comme je pourrais le prendre d'une femme que je dirais aimer.

C'est en quoi les Anciens préféraient cette forme d'amour plus libre que serait l'amitié. Mais il n'est pas utile d'avoir lu Aristote ou Montaigne pour goûter à l'amitié. Et c'est les vacances et ils sont pratiquement tous partis. J'en ai connus aussi qui ne reviendront jamais et d'autres qui reviennent parfois me voir. L'étonnant c'est qu'ont se retrouvent comme ont s'étaient quittés: bons amis.

Il n'en va pas de même on le sait pour les couples qui se séparent et ce n'est pas étonnant quand ce sont les corps qui unissent que la séparation des corps les désunissent. Autant dire que je n'entretiens pas de relations charnelles avec mes amis ce qui serait faire descendre l'amitié au niveau de l'amour et du même coup la perdre et craindre de la perdre a chaque fois qu'ils s'éloigneraient de moi et connaitraient un autre que moi. 

Il y en a qui dirait que l'on ne peut pas comparer l'incomparable: que l'amitié traite de sentiments entre êtres humains du même sexe, ou mieux, de sentiments sans sexe, et c'est alors comme s'ils leur manquait quelque chose aux sentiments pour s'épanouir. Car c'est ainsi que l'on pense, du moins mes amis et moi à qui ils arrivent de s'interroger entre une amitié possible entre hommes et femmes quand ils sont capables d'amour entre eux.

Et c'est comme si c'était le nec le plus ultra l'amour et que passer de l'amitié à l'amour serait un plus. Rappelons que cela ne l'était pas ni pour Aristote ni pour Montaigne ni pour les Grecs. Mais un homme d'aujourd'hui se sentirait éconduit par une femme qui lui parlerait d'amitié si, n'y croyant pas à l'amitié entre homme et femme, il ne se disait que cela devrait déboucher fatalement sur de l'amour.

Et c'est ce mot fatal qu'il faudrait retenir car il n'y a pas de cette fatalité dans l'amitié, ce n'est pas en tout cas ainsi qu'elle est vécue, tout y semble plus libre et moins contraignant, personne n'y abdiquant de sa vie mais la poursuivant indépendamment de tous ces amis qui comme lui continuent leur vie et ce n'est pas sans souci de l'autre et parfois s'en souciant beaucoup mais n'y pesant jamais car ne confondant pas leur vie respective.

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