mardi 23 juin 2026

L'être et le vivant (suite et fin)


Si je me reconnais dans tout ce que je fais c'est bien qu'il y a une identité de l'être que je suis, ce qui ne veut pas dire non plus que je m'estime également dans tout ce que je fais, mais je pourrais me suivre à la trace aussi loin que je remonte dans ma mémoire car il n'y a rien en elle qui ne me soit étranger malgré la grande diversité des faits qui constituent mon vécu.

Cependant si vivre c'est persévérer dans son être on peut se demander à quoi bon vivre quelques années de plus, à l'heure où j'écris les portugais marquent un cinquième but contre l'Ouzbékistan, n'ont t-ils pas encore compris que chaque but supplémentaire enlèverait de sa valeur au premier but marqué? ainsi en irait t-il de ma vie où chaque année n'étant qu'un bis repetita de l'année précédente n'y ajouterait rien.

Et beaucoup de ceux qui n'ont pas renoncé à la vie, et ils parlent des petits plaisirs de la vie, ont par contre renoncé à l'être sous prétexte de l'âge. Ne faudrait-il pas plutôt mettre l'être au-dessus de la vie, et dire que l'on n'a plus rien à attendre de la vie serait dire qu'on a toujours tout attendu de la vie et rien de l'être.

Or l'on ne peut renoncer à l'être sans renoncer à soi-même, et qu'il reste à cet être peu ou beaucoup d'années à vivre n'y change rien en cela qu'il attend tout de lui-même et rien de la vie, il fera avec comme il a toujours fait avec, et pour que cela profite à son être, le rende meilleur, car seul l'être est perfectible.

Ainsi il me plait de lire dans Les Essais de Michel de Montaigne au chapitre intitulé: Toutes les choses ont leur saison: "On peut continuer en tout temps l'étude, non la scolarité … S'il faut étudier, pratiquons une étude appropriée à l'état où nous sommes afin que nous puissions répondre comme celui à qui l'on demandait à quoi servait ces études dans sa décrépitude "A m'en aller meilleur et plus à mon aise, répondit-il."

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