A quoi répond mon besoin de culture sinon à une prétention culturelle si je la considère extérieure à moi, si cette exigence ne vient pas de moi mais de la société de la culture qui s'impose à moi comme son produit, son produit comme le nec plus ultra qu'il me serait donné de consommer. Aussi je me perds dans sa consommation plus que je me retrouve.
Je n'ai pas non plus à faire mon choix mais celui-ci à s'imposer à moi comme une nécessité qui vient de moi, de moi qui non pas vis pour penser mais pense pour vivre parce que penser m'aide à vivre, à surmonter la vie, à répondre à son exigence qui est mon exigence vitale car je ne connais pas d'autre vie que la mienne sinon d'autres existences étrangères à ma vie.
Ces existences peuvent elles aussi m'aider comme ne pas m'aider à vivre et il en va ainsi de leur pensée qui lorsqu'elle entre dans la culture gagnerait un droit sur moi parce qu'elle aurait été admise, acceptée, reconnue, par la société comme un bien culturel, mais ce bien culturel encore une fois n'est peut-être pas un bien pour moi.
Aussi je ne voue pas un culte au dieu culture et même si je constate la multiplication des lieux de culte comme la prolifération des objets de culte cela ne fait qu'accroitre ma méfiance à son égard, pas une méfiance qui serait défiance mais approche avisée, cherchant dans ce butin la part qui me revient, qui ne m'est pas étrangère, qui n'est pas étrangère à mes besoins, à mon exigence vitale.
Je ne saurais il est vrai pas vivre sans elle, la culture, parce qu'il m'est impossible d'arrêter de penser, et c'est à cela qu'elle m'aide et autant qu'elle m'aide à cela et parce qu'il s'avère qu'ayant quitté l'état de nature où ne pouvant me résigner à une vie animale guidée par ses instincts je dois l'être par la pensée et que celle-ci gagne à être non pas savante mais instruite.
Je ne dois pas nier non plus qu'ayant goûter aux plaisirs de l'esprit me limiter aux plaisirs du corps serait dommage et je crois que le plaisir peut entrer aussi comme un besoin ou nécessité vitale, que l'on est des êtres de plaisir ainsi que sa recherche est consubstantielle à l'être, qu'il ne peut vivre sans, que sans il dépérit comme une fleur qui ne recevrait pas le soleil, son rayonnement.
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