samedi 2 mai 2026

Un être d'amour


Cette fille t'aime! Elle était étonnée qu'une femme m'aime, elle, ma mère, une autre femme, qu'une femme puisse m'aimer; et c'était au même moment apprendre qu'elle n'avait pu m'aimer (au point de croire que je n'étais pas aimable) et que cette autre femme, qui allait devenir ma femme, m'aimait.

Je mesurais ainsi le prix de l'amour comme le prix de quelque chose de rare, d'exceptionnel, si rare, si exceptionnel, que tout le monde n'y avait peut-être pas le droit, que dis-je, la chance, la chance d'être aimé; et qu'une fois que l'on avait eu cette chance inespérée, qu'on pouvait dire: j'ai été aimé, on pouvait s'estimer heureux.

Bien qu'à ce moment là on ne le soit plus, ou que la personne qui nous a aimé ne soit plus, rien n'enlèverait au fait qu'on a été aimé; celui touché par l'amour serait comme celui touché par la foi ou la grâce, l'auréole de l'amour ne devrait plus le quitter. L'amour n'aurait pas cessé avec la vie de l'aimée parce que l'amour qu'elle lui aurait porté ne le quitterait plus.

C'est comme celui qui aurait sauvé un homme. Cette homme qu'il a sauvé a fait de lui définitivement un sauveur. Aussi cette femme qui l'a aimé a fait définitivement de lui un être aimé. On peut porter l'amour d'une femme comme on peut porter l'amour de Dieu, en être porteur c'est ne pas perdre la foi en l'amour et plus précisément en le fait qu'on soit aimable.

Cette foi nous aurait été donné une fois pour toute, peu importe le mode de la révélation si, une fois qu'on sait avoir été touché par l'amour, on en est changé, définitivement changé; et qu'il ne s'agit plus de croire ou de ne pas croire mais de vivre en conformité avec qui l'on est désormais: un être affecté par l'amour.

A  Sylvie

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire