Les gens qui disent que la vie n'est pas qu'une partie de plaisirs sont fâchés avec la vie. A vrai dire ce serait plutôt moi qui serait fâché après ceux qui voudraient nous la faire vivre comme un sacrifice ou le fruit de nos efforts, de la souffrance et de la pénibilité, et ceci, quand il n'y aurait que les plaisirs qui les auraient conduit et motiver, pour nous conduire et motiver autrement que par les plaisirs.
Ce sont des postures plus qu'une réalité et c'est cela que j'aimerais démontrer. Que le plaisir augmenterait même avec le degré de difficulté. Il y a du plaisir à voir un bon film comme à lire un bon livre. Mais il serait plus facile d'en tirer du plaisir en voyant un bon film qu'en lisant un bon livre parce que cela nous coûterait moins d'efforts. Il n'est pas loin de moi maintenant de penser qu'à effort maximum plaisir maximum.
Ce serait une vérité de Lapalisse si l'on n'avait appris à séparer voire à opposer plaisir et effort, ce qui serait résumer le plaisir à la paresse ou à tout acte paresseux quand tout acte requiert un minimum d'effort. Je joue relativement bien aux échecs mais si je jouais mieux aux échecs j'y trouverais sans aucun doute un plaisir plus grand mais il me faudrait étudier les échecs un peu plus.
L'étude serait ce qui rebute mais l'on sait que certains aiment l'étude et finissent même par n'aimer que l'étude quand ce serait ce qui empêche la plupart d'entre nous d'accéder à des plaisirs plus grands et plus certains, moins futiles comme moins passagers. Faut-il se forcer à l'étude pour autant quand de l'envie vient le plaisir: j'ai envie de faire quelque chose, alors seulement je le fais avec plaisir.
Ce qu'il ne faut pas attendre c'est la naissance du plaisir (l'envie) quand c'est nous qui en nous le faisons naitre comme on pourrait faire naitre de nouvelles zones érogènes. Bien que ce propos paraisse déplacé il m'a toujours étonné que les femmes trouvent du plaisir ailleurs qu'à l'endroit censé être l'endroit à cet effet mais c'est oublier que tout l'être est érogène, que l'être est un être de plaisir.
Le plaisir a seulement ses habitudes qu'il est difficile de déranger. Celui qui a pris du plaisir à faire du sport aura ainsi du mal à prendre du plaisir dans des activités qui ne soient pas physiques et inversement. Taxer l'autre pour autant de paresseux physiquement ou mentalement est la fâcheuse tendance qu'on a, aussi que de s'accabler d'une paresse physique ou mentale quand c'est qu'on a pas appris à prendre du plaisir autrement.
Si l'effort est ce qui nous coûte c'est qu'il est le prix à payer pour le plaisir. Les plaisirs les plus gratuits seraient les plus vulgaires, en tout cas ceux de moindre qualité aussi que de moindre durée. Ce n'est donc pas qu'il ne faille pas se laisser mener par les plaisirs mais bien le contraire: se laisser mener par les plaisirs à des plaisirs de plus en plus grands et qui à force (d'habitudes) nous coûteront de moins en moins.
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