Sans doute voulait-il, dans un effort de réconciliation, ramener à lui la société, qui en étant l'Etat, un gouvernement, des institutions, un pouvoir, etc... s'était trop éloigné de lui, de sorte qu'il s'en sentait détaché, quand il se dit: mais qu'est-ce que faire société?
A quoi il répondit simplement c'est se faire des amis et qu'était-ce en effet s'intégrer à la société sinon s'y faire des amis. S'il avait été quelqu'un d'intéressé il aurait dit se faire des relations; mais ça c'est quand la société prend le pas sur l'homme.
Aussi la société des amis était pour lui la société des hommes et la société des hommes la société des amis, ce qu'elle ne devrait cesser d'être au risque de se perdre, et si elle était en train de se perdre il n'en voyait plus autrement la cause.
La déshumanisation de la société n'était autre que cela, qu'elle aurait cessé d'être la société des amis, voire même cessé d'être la société des hommes, pour être entre autres celle des choses ou encore celle de la raison, d'une raison sans cœur, enfin tous sauf celle des hommes qui ont un cœur.
Il n'était pas là sans rappeler la société des lumières (mouvement intellectuel et culturel européen du XVIIIe siècle fondé sur la confiance dans la raison) qu'on donnerait comme fondement de la société et conduisant alors inévitablement à une société dont on aurait oublié l'homme, l'homme qui a aussi un cœur.
Voilà pour ce qui est de la société des choses, chosifiée plus qu'humanisée, et si humanisée pas humanisée comme il l'entendait qui est comme il entendait la société être, être la société des amis et non pas la société des ennemis.
Car il lui semblait bien être le spectateur de cette société des ennemis à chaque fois qu'il regardait le journal télévisé, or s'il voulait bien à titre personnel faire société c'était pas pour tuer des hommes, pour se faire des amis et non pas des ennemis.
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