Toutes les femmes que j'aime sont belles. Comme ce critère qui est le critère de la beauté serait, parce que trop partagé, vulgaire, celui du vulgaire, et il l'est en effet, quand on veut s'en distinguer on parle de beauté intérieure, mais tout le monde sait que ce n'est pas vrai.
J'entends aussi, pour le vulgaire qui n'ignore pas la noblesse des sentiments, mais n'y goûte pas. Je n'y goûte pas non plus comme je goûte à la beauté des femmes. Cependant je ne les aime pas pour leur beauté souvent trop niaise, trop efféminée. Croyez-vous pour autant que j'aime les hommes.
Certainement pas. Mais toutes les femmes que j'ai aimées ont de la personnalité, et quand les femmes ont de la personnalité celle des hommes s'efface à côté. C'est pourquoi les hommes les évitent comme un danger qui m'attire vers elles parce que comme tout danger il fait battre mon cœur.
Encore hier, un de ces trop rares spécimens de l'espèce humaine, lui faisait battre la chamade. A première vue elle ne payait pas de mine, mais à première vue seulement, et les hommes souvent ne sont pas assez attentifs sinon à la beauté, quand elle était d'un calme redoutable, c'est-à-dire posée.
J'entends posée sans prendre la pose, qu'elle avait de la classe sans avoir a se donner de la classe, qu'elle ne faisait non plus aucune concession à l'homme qui venait de s'asseoir à côté d'elle, fût-il l'ambassadeur de tous les hommes sur terre cela n'aurait rien changé.
J'ose au moins l'espérer car j'aime aussi les femmes qui n'ont pas froid aux yeux et c'est toute l'impression qu'elle me laissait, que rien ne pouvait venir déranger une douce et pour moi agréable quiétude ou sérénité, j'y voyais nicher cependant une forte personnalité qui m'attirait.
Je n'ai encore, me direz-vous, rien dit de sa beauté et pourtant il s'agit d'apprécier une femme et non pas un homme, et quand toute la beauté d'un homme ne saurait pas m'attirer le plus petit grain de beauté d'une femme me séduirait, et je lui en trouvais partout disséminés.
C'est qu'on apprécie les choses dans le détail où ne les apprécie pas sinon grossièrement. Certes, je suis un grossier personnage mais qui a quelques raffinements et je crois que c'est en ma sélection des femmes que je me montre le plus raffiné, que c'est à elles que je le tiens plus qu'à moi.
Il y a quelque chose en moi qui sait de ce quelque chose qu'il aime en elles, mais comme je suis aussi un être grossier je ne le sais que grossièrement, d'où je ne peux pas leur en faire compliment sinon en les aimant comme je les aime et c'est encore trop imparfaitement.
Mais revenons en à mon rancard d'hier, et si je parle ainsi c'est parce que le lecteur n'a pas d'autre moyen de prendre la mesure de qui je suis, et qu'un langage plus reluisant le dirait mal, eh bien il m'a été donné de connaître une femme qui avait une personnalité comme je les aime, point barre.
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