jeudi 5 juin 2025

L'individualiste (8)


Je voudrais, dit-il, parler de la force d'exister. On ne peut pas parler de la force d'exister quand on parle de la société. La force d'exister est propre à l'individu. C'est pourquoi il ne semble pas beaucoup intéresser la société d'en parler.

A ce propos il y a cette expression qui me revient et qu'on entend presque plus: sacré énergumène. Sans doute était ce dû à cette force d'exister qui se déployait de façon trop outrancière, ce qu'elle est toujours pour la société propre à réprimer l'individu.

Ce que fait la société c'est de réprimer sinon de canaliser cette force d'exister de sorte à l'orienter là où il intéresse la société, et ce qui concourt à la puissance de la société concourt alors souvent et également à l'épuisement de la force d'exister de l'individu.

L'exigence de la société en matière de ressources premières n'est pas plus problématique que l'exigence tout aussi croissante de la société en matière de ressource naturelle à l'individu qui est sa force d'exister.

Sans doute cette force d'exister n'a jamais atteint un taux aussi bas que dans les pays dit développés: ce n'est pas que du muscle c'est aussi des nerfs mais c'est surtout et avant tout une grande et formidable envie d'exister comparable à la joie.

A l'en croire la joie d'exister nous aurait quitté et ce serait parce que trop exploité par la société notre force d'exister se serait épuisée. Pour ce sacré énergumène qui n'était personne d'autre que notre individualiste forcené il fallait redonner à l'individu le goût de vivre.

Et pour pouvoir goûter à la vie un peu de force vitale qui semblait lui manquer la lui laisser puiser en lui et c'était ne pas trop se l'accaparer comme il lui semblait que faisait la société.

Quand l'impression inverse lui est donnée comme reprochée, que c'est en elle la société qu'il puise "plus souvent qu'à son tour" ses forces, épuisant les ressources de la société tout en voulant que ce soit là qu'il les aille chercher, créant ainsi sa dépendance vis à vis d'elle.

Tout au contraire il lui faudrait sinon se retirer entièrement du moins prendre quelque recul pour se retrouver et se retrouvant retrouver goût à la vie, car seul de lui émane la vie, et des forces de vie qui sont sources de joie.


CITATION

Pensées pour moi-même Livre VI de Marc Aurèle 29 "Il est honteux que, dans cette vie où le corps, pour toi, ne renonce pas à sa tâche, l'âme soit la première à y renoncer." 

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