Quand je dis de quelqu'un qu'il est prétentieux peut-être que c'est moi qui suis prétentieux: j'ai la prétention d'être son égal. Exemple, je joue sur Internet aux échecs et mon adversaire me dit bien défendu alors que j'ai perdu.
Je me dis quel prétentieux celui là, pense t-il que je ne peux faire que de me défendre contre lui, j'aurais aussi bien pu le battre que je pense, mais c'est que j'ignore qui il est.
Mettons maintenant que c'est un Maître d'échecs contre qui j'ai joué et je n'y vois plus de la prétention mais suis plutôt flatté qu'il est trouvé que je me sois bien défendu, là où je voyais de la prétention de sa part voilà que je vois une certaine estime qu'il me témoignerait.
Il apparait ici clairement que dans une société où tout le monde se croit, ou tout du moins se dit l'égal de l'autre, tout le monde est susceptible d'apparaître a l'autre comme prétentieux.
Cette société de l'égal ne manquerait pas de prétentieux. Comme il est prétentieux celui là a t-on entendu dire et dit soi-même et pensé soi-même.
Mais ce ne sont pas deux égaux mais deux prétentieux qui se disputent la prétention d'être supérieur à l'autre.
Supérieur et non égal à l'autre. Il n'intéresse en réalité personne d'être l'égal de l'autre. Aux échecs quand un adversaire propose à l'autre la nulle ce n'est pas que la partie soit nulle mais qu'il est en train de perdre.
L'égalité serait demandée par ceux qui se sentent inférieurs ou en état d'infériorité et serait refusée par ceux qui se sentent supérieurs ou en état de supériorité qui est aux échecs de gagner l'autre et ainsi refusent la nulle qui leur ait proposée.
Aux échecs n'est pas non plus demandé la nulle par qui a plus à perdre mais par qui a tout a gagner à cette égalité relative qui est le partage du point, parce que le partage du point est inégal: il donne plus à celui qui a moins et moins à celui qui a plus.
Sans doute est-ce en cela que cela tend à l'égalité, mais il faut toujours que l'un perde (celui qui a plus) et que l'autre gagne (celui qui a moins) pour tendre à cette égalité qui en ce qu'elle favorise l'un et défavorise l'autre ne vaut que pour des êtres qui ne seraient pas égaux.
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