Le cri du moi je l'entends. Suis-je le seul moi à l'entendre? Quand on veut le confondre. Quand on veut tous les confondre. En un moi universel. Seul moi celui qui aurait reçu la reconnaissance. La reconnaissance du moi en son œuvre devenue universelle qui parlerait à tous.
Quand mon moi ne semble parler qu'à moi car personne ne l'entendrait. Il crie pourtant. Mon moi c'est le cri du moi. Non intelligible. C'est un cri. On se bouche les oreilles. Les oreilles ouvertes à l'intelligible, au sens, au sens commun.
Quand on rebat les oreilles du moi de sens commun, de sens commun universel. De sorte que le moi n'entende plus le cri du moi. De sorte que le moi ne soit plus que le moi universel. Autant dire impersonnel, rationnel. Insensible, insensible au cri du moi.
C'est que la subjectivité du moi aussi on la voudrait universelle, autant dire impersonnelle, rationnelle, insensible à moi, n'entendant pas le cri du moi qui est personnel, irrationnel, sensible à moi.
Mais je t'entends toi mon frère, j'entends ton cri du moi, pareil au mien et distinct pourtant, inhumain comme le mien, parce que pas humain dans le sens où l'on entend l'humanité comme l'on entend universalité, pluralité; singulier comme le mien.
Si peu commun, si peu vulgaire, irréductible à la totalité, ne se résumant qu'en lui-même, n'étant que la totalité de son être qui est un cri, le cri du moi que l'autre n'entend pas s'il n'est pas lui-même un autre moi non universel, non impersonnel, non intelligible, et qui crie.
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