On dit que l'homme s'adapte. C'est faux ou alors il faudrait préciser qui est cet homme. Parce que souvent cet homme est une femme ou un enfant ou un vieillard. Ce n'est en tout cas pas un homme dans la force de l'âge.
Car celui qui veut changer le monde est celui qui agit en force, qui veut forcer le monde a changer plutôt que d'avoir à s'y adapter. Il veut que tout lui cède et tout il soumet à l'épreuve de sa force.
C'est quand elle vient à lui manquer qu'il n'a pas d'autre choix que de s'adapter. On dit que s'adapter est la force de l'homme quand il faudrait plutôt dire qu'elle est la force du faible et souvent ce faible est une femme ou un enfant ou un vieillard à qui la force vient à manquer.
L'expérience alors lui supplée, qu'on dit aussi, mais ce n'est pas l'expérience du vainqueur qui tant qu'il gagne n'a de cesse d'étendre son empire qui est l'empire de sa force, mais l'expérience du vaincu qui doit sa survie à sa faculté d'adaptation.
Je crois que pour le moins on ne parle pas du même homme ou de ce même homme qui n'est plus le même, qui ne pouvant plus contraindre est contraint de s'adapter et c'est une expérience que beaucoup font: ils disent alors qu'ils ont changés.
Ce n'est pas tout à fait vrai ou là encore il faudrait préciser: ils ont faibli et ils ont faibli parce qu'ils se sont affaiblis. C'est toute cette conception de l'adaptation dont l'homme se vante qu'il faudrait revoir, mais il n'aurait alors pas tant à s'en vanter.
Oh, je m'adapte qu'il dit, mais son adaptation a tout l'air d'un renoncement, d'une abdication; de n'être ni un acte de volonté ni un acte d'intelligence, mais plutôt un acte de faiblesse et un acte de survie.
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